APPENDIX H
ration du Vida ( 1 ), que « ceux qui adorent les dieux cëlestes « sont la nourriture de tels dieux , •> est une expression allégorique , et signifiant seulement qu’ils sont des soulagements pour les dieux célestes , comme la nourriture pour le genre humain; car celui qui n’a pas de foi dans l’Être Suprême est rendu sujet de ces dieux. Le Vêda fait la même déclaration : « Celui qui adore un dieu quelconque,
« excepté l’Être Suprême, et qui pense qu’il est distinct « de ce dieu, et inférieur à lui, ne connaît rien, et il est " considéré comme un animal domestique de ces dieux. » . Et le Vcdânta affirme aussi que ; « — le culte autorisé par
• tous les Vêdus est d’une seule nature, comme les in- « structions pour le culte d’un seul Être Suprême se trou- « vent invariablement dans chaque partie du Vêda; et les «épithètes: l’Être Suprême, l’Être Omniprésent, etc.,
'■ impliquent communément Dieu seul (. 1 ). » Les passages suivants du Vêda affirment que Dieu est le seul objet du culte, savoir : (3) « Adore Dieu seul. » « Connais Dieu seul;
« rejette tout autre discours. » Et le Vèdânta dit (4) :
« On trouve dans les Vèdas qu’il n’y a que l'Être Suprême <■ qui doive être honoré d’un culte ; nul autre , excepté « lui , ne doit être adoré par un homme sage. •
Bien plus , le Vêdânta ajoute : » Vya'sa est de l’opinion
• que l’adoration de l’Être Suprême est requise du genre « humain aussi bien que des dieux célestes, parce que lu « possibilité de la résignation de soi-même à Dieu est éga- « lement observée dans le genre humain et dans les déités « célestes (5). >« Le Vêda établit aussi (6) que « celui d’entre « les dieux célestes, d’entre les pieux Bràhmanes, d’entre ■■ les hommes en général, qui comprend l’Être Tout-Puis- ■> sant et a foi eu lui , sera absorbé en son essence. » C’est pourquoi on en tire la conclusion que les dieux célestes et le genre humain ont un égal devoir à accomplir le
(i) Suiitr. 7 , scct. I , ch. 3. (i) SaiUr. i, acct. i, ch, J. (3) yrihadaranjaka. (4) Soiiti. , tcct. 3, ch. 3. sà) Soillr. iG, lect. 3, ch, i. (G) y lihadaran'jaku.
Di " Go.
ABRBGF. DU VÈDa’JITA.
culte tliviii j et il est prouvé en outre, par l’autorité suivante (lu f^i-da , que tout homme qui adore l’Être Suprême est adoré par tous les dieux célestes, savoir: « — Tous les « dieux célestes honorent ou adorent celui qui applique « son intelligence à l'Être Suprême (i). >•
Le P^eda explique ensuite le mode dans lequel nous devons adorer l'Être Suprême ; savoir: « — Nous devons ap- “ procher de Dieu, nous devons lui prêter l’oreille, nous n devons penser à lui, et nous devons faire nos efforts pour » arriver à lui. » Le ^ êdânta explique au.ssi le sujet de cette manière ( 2 ) : » Les trois dernières instructions du texte ci- « dessus cité peuvent se réduire à la première , savoir : « Nous devons approcher de Dieu. » Ces trois dernières sont comprises en réalité dans la première ( comme l'instriictiou pour recueillir le feu dans le cuite du feu ), car nous ne pouvons approcher de Dieu sans entendre quelque chose de lui ou .sans penser à lui , ni sans faire nos efforts pour arriver à lui ; et la dernière , savoir : de fajre tous nos efforts pour arriver à Dieu , est requise jusqu'à ce que nous nous soyons approchés de lui. Par l’expression prêter l'oreille a Dieu, on entend « prêter l’oreille à ses paroles », qui établissent son unité; et par celles-ci ; nous devons penser a lui, on entend penser au contenu de sa loi » et par la dernière: « nous devons nous ejforcer d'arriver a lui, » on entend s’efforcer d’appliquer son intelligence à cet Être véritable, sur lequel repose l’existence incommensurable de l’Univers, afin que, par le moyen decet effort, nous puissions approcher de lui. » Le f^èdânta établit (3) que • La pratique con- « stante de la dévotion est nécessaire, le F'cda la représentant « comme telle ; » et il ajoute aussi : « Nous devons adorer » Dieu jusqu’à ce que nous approchions de lui, et même ■> alors ne pas oublier son adoration, une telle autorité sc • trouvant dans le Vêda. »
Le Vèddnta montre que le principe moral est une partie de l’adoration de Dieu , savoir : « Commander à ses-
( 1 ) Tchhand^^a. Soûtr. 47, itfcf. 4t r/i. t. (3) SotUr. i, sect. i ,tA. 4-
APPKMUX If.
•• passions et à ses sens externes; pratiquer des actes inéri* « toi res , sont déclarés par le Fêda indispensables pour " que l'intelligence approche de Dieu; ils doivent être par « conséquent l’objet de tous nos soins , avant et après une « telle approche de l’Être Suprême (i), » c est-a-dire : nous ne devons pas avoir d’indulgence pour nos mauvais penchants, mais nous devons nous efforcer d’avoir un contrôle absolu sur eux. La confiance et la résignation personnelle dans le seul Être véritable, avec l’éloigneinent de considérations mondaines , sont renfermés dans les actes méritoires auxquels il est fait ci-dessus allusion. L’adoration de l’Être Suprême produit l’éternelle béatitude, ainsi que tous les avantages désirés, comme le Vêdânta le déclare : n — C’est la lerine opinion de Vya'sa que , parla dévotion à n Dieu, toutes les conséquences désirées sontproduites (a) ; » et cela est ainsi souvent représenté par le Fèdax « Celui « qui est désireux de prospérité doit adorer l’Être Su- « prême (3). » « — Celui qui connaît Dieu adhère entiè- « renient à Dieu. » — « Les âmes des ancêtres décédés de « celui qui adore le seul Être véritable , jouissent de la « liberté par le seul fait de sa pure volonté (4). » — « Tous " les dieux célestes adorent celui qui applique son intelli- ■ gence à l’Être Suprême ; » et >• — Celui qui adore sincè- « rement l’Être Suprême est exempt de toute transmigra- « tion future. »
Un pieux maîire de maison est aussi apte à l’adoration de Dieu qu’un Yali (5). Le Vêdânta dit: « Un maître de « maison peut être autorisé à accomplir toutes les cérémo- « nies attachées à la religion (brâhmanique), et la dévotion « à Dieu : le mode de culte ci-dessus mentionné envers « l’Être Suprême est par conséquent requis d’un maître
(t) Soûlr. i7, sccl. 4 , ch. X. (î) SotUr. t , secC. 4 , ch. 3. (3) Moundaka.
(4) Tchhandâgya. ^
(5) Le plus bnut n'ing panni les quatre sectes de Brahmanes , qui^ selon Ic.s préceptes religieus, sont obligés d’onblier toutes coiisîdératton.s mondaines «t de passer leur temps dans la seule adoration de Dieu.
ABHKOÉ DU VÈl)\?iTA. apü
« de maison possédant des principes moraux (i). » Et le Fêda déclare que : • les dieux célestes et les maîtres «le " maison d’une foi puissante, elles Yatis de profession , <1 sont égaux entre eux.
Il est libre à ceux qui ont de la foi en Dieu seul , d’observer les règles et les rites prescrits par le Vcda, applicables aux différentes classes d’Hindous, et à leurs différents ordres religieux respectivement. Mais dans le cas où les vrais croyants négligeraient ces rites , ils ne sont susceptibles d’aucun blâme; comme le Vcdànta le dit: ■< Avant « d’acquérir la vraie connaissance de Dieu, il est convena- « ble pour l’homme de se soumettre aux loix et réglements • prescrits parle Vèda pour différentes classes, selon leurs « différentes professions; parce que le Fcda «léclare que « l’accomplissement de ces règles est la cause de la puri- X fication de l’esprit , et de sa fui en Dieu , et il la com- « pare à un cheval de selle qui aide un homme à arriver » au but désiré ( 2 ).» Et le Vêdânta dit aussi que « l’homme « acquiert la vraie connaissance de Dieu, même sans ob- « server les règles et les rites prescrits par le Vêda , pour «chaque classe d’Hindous, comme on trouve dans le « Vêda, que beaucoup de personnes qui ont négligé d’ac- « coiu| lir les rites et les cérémonies brahmaniques , à « cause de leur attention perpétuelle donnée à l’adoration « de l’Être Suprême, ont acquis la vraie connaissance « concernant la Divinité (3). «
Le Vêdânta établit de nouveau, encore plus clairement, que « l’on trouve également dans le Vèda que quelques R personnes, quoiqu’elles aient eu une foi entière dans le « seul Dieu , ont accompli cependant le culte de Dieu et « les cérémonies prescrites par le Vêda , et que quelques « autres les ont négligés et ont purement adoré Dieu (4)-
( 1 ) Soulr, icef. 4 »
(tt) Soâtr. 36 * sret, 4 t (3) -Vorf/r. 36* sect. 4 , ch. 3 .
( 4 ) Soûtr. ijf scci. 4 , ch. 3 .
APPENDJX II.
Les textes suivants du !' êda expliquent pleinement le sujet : ■< Djanaka ( l’un des dévots célestes ) a accompli le
• Yadjnâ ou l’adoration des die.ux célestes , par le feu j « avec le don d’une somme considérable de monnaie , « comme un honoraire pour les saints Brahmanes , » et « beaucoup de vrais et savants croyants n’adorèrent jamais •< le feu , ni aucun dieu céleste , par le moyen du feu. •
Néanmoins , il est libre à ceux qui mettent leur foi dans le seul Dieu , d’accomplir les cérémonies prescrites ou de les négliger entièrement : le Vcdânta préfère le premier parti au dernier , parce que le Vèdn dit que l’accomplissement des cérémonies religieuses conduit à l’acquisition de l’Être Suprême.
Quoique le Vèda dise que « celui qui a une vraie foi « dans l’Être Suprême présent partout, peut manger tout n ce qui existe, » (i) c'est-a-dire : qu’il n’est pas obligé de s’enquérir de quoi se compose sa nourriture, ou qui la prépare, toutefois le Vêdânta limite ainsi cette autorité: « L’autorité du Fcda mentionnée ci-dessus, pour manger •1 toute sorte d’aliments, doit être seulement observée dans « les temps de détresse, parce que l’on trouve dans le Vèda « que Tchakkana (célèbre biàhmane ) a mangé de la viande <1 cuite par des gardiens d’éléphants pendant une faini-
• ne (2). » On en tire la conchision qu’il agit d’après l’autorité du Vèda cité précétiemment , seulement dans un temps de détresse.
La dévotion à l’Être Suprême n’est pas limitée à un lieu saint ou à une contrée consacrée, comme le déclare le yêdânta ; « Dans quelque lieu que ce soit, où l’esprit se « trouve en paix, les hommes peuvent adorer Dieu; parce ■' que aucune autorité spéciale pour le choix d’un Heu " particulier de culte ne se rencontre dans le Fêda ( 3 ), » lequel .s’exprime ainsi : « L’homme peut adorer Dieu par-
(1) Tchhandégja. {%) SotUr. »» , ,,rcf. , ch. .î. 'ï) Scütr. 1 1 , sect. t J ch. 4 .
ABREGE DU VEDANTA.
agS
• tout où son esprit éprouve du calme et de la tranquillité. »
Il n’est d’aucune conséquence pour ceux qui ont une foi véritable en Dieu, de mourir pendant que le soleil est au nord, ou pendant qu’il est au sud de l’équateur (i) , comme le <lit positivement le Vèdâuta\ « Toute personne " qui a foi dans le seul Dieu, mourant même lorsque le « soleil est au sud de l’équateur, son ame s’échappera de « son corps à travers la veine nommée i'ou Khotimna ( veine qui , à ce que supposent les RrAhmanes , passe par le nombril pour se rendre au cerveau) , et s’approche de l’Être Suprême (2). » Le Vèda assure aussi positivement, que» ce- « lui qui, pendant sa vie, a été dévoué à l’Être Suprême,
• sera ( après sa mort ) absorbé en lui , et ne sera plus
• désormais sujet ni à la naissance, ni à la mort, ni à la
• réduction , ni à l’augmentation ( de son être ). »
Le Véda commence et finit avec les trois particulières et mystérieuses épithètes de Dieu, savoir : 1° 0 .u; 2° Tat; 3 ° Sat. La première de ces épithètes signifie : « Cet Être « qui conserve, détruit et crée! » La seconde implique: « Cet être unique qui n’est ni mâle, ni femelle!» La troisième annonce « l'Etre véritable! » Les terme? collectifs affirment simplement , que I’Etre tiniqde , vrai, inconnu , EST LE Créateur , le Conservateur , et le Destructeur DE l’Univers ! ! !
(i) Lm Brâhnnanes croient qne qniconqne menrl pendant que le aoleil e»t an aud de l’équalenr, ne pent jonic de la béatitnde éternelle.
(a) Sotilr. 30, seet. 1 , eh.
Digilizectty Googk
Les Essais sur la philosophie des Hiodous* de M. Colebrooke, composé^ arec la conscience littéraire profonde qui distingue les nombreux écrits de ce célèbre indianiste» sont pleins de mots sanskrits qui pourraient rebuter tout antre lectenr que cenx auxquels ils sont destinés. Cependant, comme ces termes ont tons nne importance philosophique, on a cm faire nne chose utile en les rassemblant ici dans Tordre alphabétique européen, et en faisant connaître leur composition sanskrite à ceux qui, sans avoir étudié la vieille et belle langue des Brahmanes» désireraient en avoir nne faible idée, pour les aider dans Tintelllgence diriirlle de la philosophie indienne, si grande, si naïve» si franche et si compréhensive t Apiès avoir parcouru la I^omenclatiire sui* Tante, la plupart des termes sanskrits ne paraîtront plus an lecteur des mots vides de sens, et par conséquent barbares. Nous nous croyons dispensés d'avertir que nous avons donné les plus grands soins à ce travail pour qu*il réponde par son exactitude à celle que nous avons apportée dans la tradnetion des Essait » et dont M. Colebrooke nous avait donné lui-méuie on ai bclt exemple.