VI. La sixième et dernière catégorie du Kan ada est
( 1 ) Voyez le chap. a de I ’lsagogé de Porphyre : de généra , specie et individuo; et pour la différence (yisécha), le chap. 3 du mtaie ouvrage, en tête de YOrgnnon d'Aristote. (G. P.)
(a) Ou peut voir à ce sujet la fameuse dispute des Réalistes et des Nominalistes (G, P.)
l’ Agrégation {samavâyd) ou la relation perpétuelle et intime, Elle a déjà été brièvement décrite.
VII. Aux six catégories affirmatives de Ka.n'a’dà, des écrivains subséquents en ont ajouté une septième, qui est négative,
La Négation ou privation ( abhâva ) est de deux sortes: universelle et mutuelle. La négation universelle com^ prend trois espèces : l’ antécédente, Y inopinée et Y absolue.
La privation antécédente ( prâgabhâva ) est la négation présente de ce qui sera dans un temps futur. C’est une néga-; tion, dans la cause matérielle, préalable à la production d’un effet ; comme dans la laine , antérieurement à la fabrication du drap, il y a une privation antécédente de la pièce d’ér toffe qui sera tissue. Elle est sans commencement, parce qu’elle n’a pas été produite , et elle a une fin , car elle sera terminée par la production de l’effet.
La privation inopinée , ou imprévue , est la destruction (dhwansa) , ou la cessation d’un effet. C’est la négation dans la cause, suivant la production de l’effet : comme dans un vase de terre brisé par un coup de maillet, la négation du vase dans l’amas des morceaux qui le formaient. Elle a un commencement , mais elle n’a pas de fin ; car la destruction de l’effet ne peut pas cesser d’être accomplie.
La négation absolue s’étend à tous les temps, passé, présent et futur. Elle n’a ni commencement ni fin : par exemple, le feu dans un lac, la couleur dans l’air.
La privation mutuelle est la différence (bhéda) ; c’est la négation réciproque de l’identité, de l’essence, ou de la particularité respective.
5. [ Cat . Gôt. Voy.p.6 3.J Retournons à l’arrangement de Gôtama. La cinquième place , après les objets des sens , est donnée par lui à Y Intelligence ( bouddhi ) , compréhension, connaissance ou conception , définie comme ce qui rend manifeste, ou fait connaître une matière (i).
(i) [ Buddhitn laxayitura à b a ; — il dit qu’il va dcüuir le bouddhi on Y intelligence] :
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SYSTEMES N Y A Y A BT VAISBCHIKA. 8 g
Elle est double : la notion et le souvenir. La notion ( anoubhava ) est de deux sortes : exacte et inexacte. La notion exacte ( pramâ ) est telle qu’elle ne peut être controversée. Elle est dérivée de la preuve, et conséquemment elle a une quadruple dérivation , savoir : de la perception , de X induction , de la comparaison , et de la révélation : par exemple : i° un vase perçu par des organes sains ; a° le feu induit de la vue de la fumée ; 3 ° un gayal (i) reconnu par sa ressemblance avec une vache ; 4° le bonheur céleste que l’on peut obtenir par le sacrifice, comme il est ordonné dans les Vêdas.
La notion inexacte ou erronnée s’éloigne de la vérité , et n’est point dérivée de la preuve. Elle est triple , savoir : le doute ; des prémisses exposées à la réduction à X absurde ; et l’erreur .• ( par exemple , prendre de la nacre de perle pour de l’argent).
Le souvenir (smarari a) est pareillement exact et inexact. Ces deux sortes, et spécialement le souvenir exact, se présentent dans la veille. Mais dans le sommeil, le souvenir est erronné.
6 . \Cat. Got. ] La sixième place parmi les objets de preuve est donnée au Manas , sens intelligent, ou organe interne. Il a déjà été fait mention de lui deux fois, savoir: parmi les organes des sens, et de nouveau parmi les substances. [ Voy. p. 6i et 71. ]
7. [Cat. Gôt.J L’ Activité ou X Action (pravritti) vient ensuite. C’est la détermination , le résultat de la passion , et la
«llnddbir npalabdhir djnânara îty anarthàntarani. Jjl.i 5 ||.
Dans cette citation , comme dans les précédentes et les suivantes, nons ne rapportons que les simples Soutras de Gôtama , À l'exception des arguments entre parenthèses , en négligeant les parties dn commentaire qoi ont servi aux explications de M. Colebrooke et qui auraient rendu ces notes trop étendues, l’autorité la plus importante et la plas essentielle résidant dans les Saûtras.
(1) flos gavæus s. frontalis. As. Res. S, \ 87, Linn. Trans.
cause de la vertu et du vice, ou mérite et démérite, selon que l’action est commandée ou défendue. Elle est orale , mentale, ou corporelle (i), ne comprenant point les fonctions vitales qui n’appartiennent pas à la conscience. Elle est la raison de tous les procédés ou de toutes les manières d’agir du monde.
8. [ Cat. Gôt. ] Des actes viennent les Fautes ou Défauts (i dôcha ) (2), renfermant sous cette dénomination la passion ou l'extrême désir; l’aversion ou le dégoût; et l'erreur ou l’illusion ( môha ). Les deux premiers de ces actes sont mis au nombre des qualités, par Kan'a'dà.
9. [ Cat. Gôt. ] Vient ensuite , dans l’arrangement de Gôtama, la Condition de l'arne apres la mort ( prétjarbhâva ), qui est la transmigration ( 3 ) ; car l’ame étant immortelle , passe d’un premier corps qui périt dans un nouveau qui la reçoit. C’est une reproduction ( pounar-oütpatti ).
10 . [Cat. Got.] La Rétribution ( phala ) est le fruit produit par les fautes qui résultent de l’activité ou de l’action ( 4 ). C’est un retour de la jouissance (pounar-bhôga) , ou l’expérience du plaisir ou de la peine en association avec le corps, le manas et les sens.
11. [ Cat. Gôt. ] La Peine ou Y Angoisse est le onzième sujet de matières à prouver ( 5 ).
( 1 ) [Praurittim laxayati vibbadjaté tcba; — il définit et divise Y action] : i’ravritlir vâgbnddbuariràrambhah. ||I,«7||
(a) [ DAcham laxayati; — il définit la f aute] :
Pravarttanâlaxana dorhàh . ||l.t8|j
(3) [Prétjabhuram Uxayati; — il définit la condition future]:
Puuaiutpattib prétyabhàvah'. [| I . X <> ||
(4) [Phalttm laxayati ; — il définit le fruit on la rétribution] :
PravritlidôrhadjHuit.ii thah' pbalam. ||I.?o{|
(5) [DuHbham laxayati — il définit la peine ou Yangoisse] :
fiâdhanâlaxaitatn duh kbani. || I . a 1 1|
SYSTÈMES NYAYA ET VAISÈCHIKÀ. Ql
ta. [ Cat. Gôt.] La Délivrance de la peine est la béatitude (i) : c’est la préservation absolue de toutes sortes de mal; comptée, dans ce système de philosophie, comme comprenant vingt et une variétés de maux principaux ou secondaires , savoir : i° le corps ; 2 — 7 : les; six organes des sens; 8 — r 3 : six objets (vic/iaya) de sensation; t 4 — 19 : six sortes de compréhension et d’intelligence (bouddhi); 20 : la peine ou angoisse; 21 : le plaisir. Car même celui-ci, étant entaché du mal , est une peine ; comme le miel mêlé avec du poison est compté parmi les substances délétères (2).
Cette délivrance du mal est obtenue par l’ame, familiarisée avec la 'vérité ( tatwa ), au moyen de la sainte science; dépouillée de passions par la connaissance du mal dépendant des objets; méditant sur elle-même; et par la maturité de la connaissance de soi , rendant présente sa propre essence; dégagée des obstacles; n’acquérant pas le mérite ou le démérite par des actions accomplies avec le désir; distinguant le prix du mérite ou du démérite par une dévote contemplation , et l’acquittant pendant la courte durée de son fruit : ainsi (les actes antérieurs étant annulés, le corps présent disparu, et aucun corps futur ne renaissant), il n'est plus de connexion possible avec les diverses sortes de mal , puisqu’il n’existe plus de cause pour les produire. Ceci , alors , est la préservation de la peine de toutes sortes ; c'est la délivrance et la béatitude. [ Voy. Syst. sânkh., p. 10, 11.]