‹ Essais sur la philosophie des HindousChapitre 16 sur 28 · DE LA. SA NKHYA-KA K1KA · texte numérisé non relu

DE LA. SA NKHYA-KA K1KA

entre elles] et les autres propriétés [qui lui sont unies ] sont prouvées, soit par la possession des trois qualités, soit par leur absence dans le contraire; [l 'Ame. Voy. p. 43]. De ce que l’effet possède lui-même les qualités de la cause , il s’ensuit que le Principe indéveloppé est prouvé.

15. G’est par la détermination des différences [voy. p. 38]; c’est par la convenance, par la manifestation ouïe développement opéré de sa propre puissance, parla séparation évidente de la cause et de l’effet, par l’inséparabilité de l'Être qui revêt toutes les formes;

16 . [Que l’on prouve que] la Cause primordiale est le Principe indéveloppé , [ou Prakriti, la Racine procréatrice ]. Ce Principe se manifeste par les trois qualités : par homogénéité, par transformation ou métamorphose, à l’exemple de l’eau [qui se change en vapeurs ou en glace], par la diversité de toute qualité quelconque qu’il embrasse. [Poy.p. 38.]

17. U Ame existe (1). [Cette proposition se prouve] : par l’existence d’une association d’objets destinés à un autre, par le contraire

“des trois qualités et des propriétés qui leur sont inhérentes, par l’empire exercé sur soi-même [adhichi dna\, par l’existence d’un être formé pour jouir, et par l’action des tendances à l’abstraction. [ P’oy. p* 4 °* ]

18 . La multiplicité des Ames est démontrée par la distribution à chaque être en particulier de la naissance, de la mort et des instruments de la vie; par l’action, l’occupation diverse dans le

(1) Pouroucha. Voy. p. 22. Ce mot est très difficile à définir. 11 a siguifié primitivement le grand Principe male , qui a tout fécondé; ensuite l’homme lui-méme , ensuite le principe pensant de l’homme. Dans les Oupanichadas des Vtdas , il est employé pour désigner une personne subtile , universelle , qui se voit dans i’orbesdu Soleil ( Isa-oupanich. 16 ) : le Soleil lui-méme comme Ame du monde. J’ai déjà fait remarquer que les Chinois représentaient les deux premiers Principes de toutes

choses , par et F# yang ; le premier est le principe femelle , le type

■ principe male , 1< obscur , et le seco nais ce qui est le p

PS tai y ang , le grand pria-

féminin de toute la création ; le secoud est le principe male , le type male de tous les êtres ; le premier est le principe passif et obscur , et le second le principe actif et lumineux y comme prakriti et pouroucha ; mais ce qui est le plus frappant , c’est

que les Chinois désignent aussi le Soleil par

cipe mâle qui féconde toute la nature , qui est Vante du monde , comme pouroucha. L’identité des denx premiers principes chez les Chinois et chez les Indiens ne peut pas être plus évidente.

TRADUCTION

Iû8

même temps [chez différents individus], et aussi par le contraire des trois qualités. [Poy. p. 41.]

19. Par la même opposition, il est démontré que l’Ame est uu témoin [qui discerne], un être capable d’abstraction, un arbitre, un spectateur, un être enfin dégagé de l’action, [Poy. p. 4°-]

*0. De là vient que par son union avec cette [Ame] , le Corpuscule animé [lingarn^ dénué d’intelligence [atc/iétanam] a cependant une espèce d’intelligence [ tchétandvadim] ; et l’étranger [l’Ame] passe pour l’agent ou l’être agissant, lorsque ce sont les qualités seulement qui agissent. \Voy. p. 44 -]

ai. L’union que l’Ame contracte avec la Nature [Pradfidna ou Prakriti] dans le but de la contempler, et dans celui de s’en abstraire, ou de se livrer à la contemplation, se fait à l’instar de l’association d’un boiteux et d'un aveugle : c’est par cette union que la création s’opère (1). [ Vay. p. a 3 . ]

aa. De la Nature Procréatrice vient le Grand ou l’Intelligence ; de celle-ci, le Sentiment du Moi, ou la Conscience , de laquelle procède la série des seize autres Principes ; de cinq de la série des seize Principes sont nés les Cinq Éléments. [P’oy. p. 17 et 19.] aî. JJ Intelligence est une direction, une application [de la faculté pensante] aux objets extérieurs [adhyavasdya (a).] La vertu, la science, la tranquillité, la domination, sont les qualités essentielles ou de bonne nature ( sdttvikam ) qui lui ont été anciennement attribuées. Les qualités ténébreuses ou de nature stupide [ tdma sam ] lui sont opposées.

( 1 ) Dans ta doctrine des philosophes chinois de l’école de Confucius , toute la création s’est également opérée par l’union du jrn et du yang représentes précédemment ; c'est-à-dire, par la conjonction du grand principe passif femelle avec le grand principe actif mâle , comme l’union ou la conjonction de la grande procréatrice [Prakriti] , principe passif femelle , avec le grand mâle [ pourvucha], principe actif mdlty a produit la création dans l’esprit des Iudicus. Le mot aine ne rend donc pas exactement le terme sanskrit/’ouroucAa que M. Lassen traduit par Genius. Le terme français est d’antant plus incomplet qu’il détruit le symbole en rhangeant la sexualité du terme sanskrit, conservée dans Genius. Et cependant le mot génie u’aurait peut-être pas aussi bien représenté ce principe pensant , cette Ame universelle qui se partage en autant d’aines qu’il y a de corps animés, parce que le mot génie rappelle toujours à la pensée un être spirituel en dehors de l’homme ou être humain composé du corps matériel et du principe pensant. Dans l’Essai , le terme sanskrit a été traduit par soûl ( en nngl.) et ame ( en franc.) [Voy. p. 4 1 ]• (a) Ce mot sanskrit est difficile à définir. M. Lassen, d’après un commentateur, le traduit par intentio. Il est compose de adhi , sur , et de vas, habiter avec la suffixe ata, qui forme des noms d'agent.

DE LA. SA NKHTA-KA IUKA .

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