IO
TRADUCTION
s'exerce dans les cinq souffles [vdyavas pantcha ] : la respiration [ prdria ] et les autres fonctions vitales.
30. Mais la fonction de la série quaternaire (t) s’exerce simttltané'ment et successivement en particulier dans les choses visibles qui tombent sous les sens; ainsi, d’un autre côté, la fonction de la triade s'exerce dans les choses invisibles qui ne tombent point sous les sens , étant précédée toutefois par la perception des choses visibles au moyen des sens ( 2 ).
31. L’un et l’autre [de ces instruments de connaissance] suivent leur propre action individuelle à laquelle ils s’excitent mutuellement. C’est l’Ane qui est la cause et le but de cette action (3) ; l’instrument [de connaissance; un sens quelconque] n’est poussé à agir par personne.
3a. Les organes ou instruments de connaissance sont au nombre de treize (4). Ils servent à saisir \dhararia : apprehensio ] , à contenir, à donner de l’éclat. Leur action effective de saisir, de contenir et de donner de l’éclat est décuple.
33. L’instrument intérieur de connaissance est triple (5). L’instrument extérieur de connaissance, annonçant les objets sensibles à l’instrument intérieur, est décuple. L’instrument externe s’exerce dans le temps présent ; l’instrument interne s’exerce dans le temps triple: [le passé, le présent et l’avenir.]
34. Il y a des choses distinctes et des choses indistinctes dans les cinq domaines objectifs des sens de perception. Le son est le domaine objectif de la voix, mais les autres [sens d’action] ont aussi cinq domaines objectifs.
35. Parce que l’ Intelligence , avec les deux autres intruments
( 1 ) Les trois principes précédents et la categorie des cinq sens considérée comme quatrième membre; — quatre.
(a) Yugapatch tclia tucbtayaaya to vrittili' Itramas'as'tcba tasya nirdicht’A Dricht'é tatliA tv adricbté trayasya tatpurvikd ■ vriltih ' ||3o|j.
Voilà clairement et nettement exprimé le fameux principe de toutes les écoles réalistes ou expérimentales nommées avec équivoque sensualisles , depuis Aristote jusqu’à Cou nu. lac et Cacamis ; Ifihil est in intellectu quoi nonjam/uerit in sensu.
(3) Puruchdrtha ira hétuli .
(4) Karanam trœyôdas acidham :
« Organon trcdeciiuplex est. » ( Lass. ) Ce sont V intelligence , la conscience , le manas ou sens intime ; les cinq organes des sens et les cinq organes et action.
(5) C’est-à-dire qu’il y a trois organes ou instruments intérieurs de connaissance : l'intelligence , la conscience et le manas. L’instrument extérieur comprend les cinq organes de sensation , et les cinq organes d'action. [ Voy. p. ao. ]
DE LA SANKHYA-KAIIIKA.
internes, pénètre tlans tons les domaines objectifs [des antres sens ou organes externes], c’est pour cela que l’instrument triple interne est le portier ou gardien intérieur, et que les autres sens ou instruments externes sont des portes, [Foy. p. ai , aa.]
3 G. Ces [organes ou instruments de connaissance] distingués entre eux par des signes divers, différenciés par les [trois] qualités, comme une lampe qui éclaire les choses environnantes, après avoir éclairé et scruté , pour la satisfaction de l’Ame , tous les domaines objectifs de leur ressort, ils reportent à V Intelligence [ leurs impressions diverses];
37. Puisque l’Intelligence perfectionne tout dans le but de faire jouir l’Ame, et qu’elle établit de nouveau une distinction très-subtile entre la Cause première , ou la Nature procréatrice et X Ame.
38 . Les Particules subtiles, ou Rudiments élémentaires , sont nommés indistincts [ avisêchds ] : de ces cinq Rudiments viennent les cinq Éléments qui sont énumérés comme distincts [ vis'échas ] : ils sont câlines, violents et irraisonnables [nuiditds.] [Foy. p. a 6 .]
3 g. La division des Éléments distincts en êtres subtils, en nés de père et de mère, et en grossiers ou irraisonnables, est triple. Les êtres subtils sont durables ; ceux qui sont nés de père et de mère retournent [à la non-existence], ou sont périssables. [f'ty. p. 26.]
40. Née primordialcmcnt, libre de tout obstacle ou de tout entrave , illimitée, commençant à V Intelligence , et finissant au rudiment élémentaire [sûxma\, la Personne subtile ou le Corpuscule [ linga ] passe d’un état à un autre, sans forme matérielle propre à la jouissance, mais possédant des conditions corporelles. [ Foy. p. a 4 et sqq. ]
41. Comme une peinture sans support , comme une ombre sans corps solide et autre forme, ainsi la Personne subtile ou le Corpuscule privé de support ou de substratum , ne peut exister sans l’Élément distinct.
42. Ce Corpuscule , formé pour l’usage de l'Ame , se comporte comme un acteur qui revêt, selon son penchant, tantôt les conditions originaires des Principes intelligents, tantôt les conditions dérivées ou des Principes inintelligents, après l’union de la Nature procréatrice avec sa virtualité essentielle. [ Voy. p. 26.]
43 . Les conditions qui dépendent de la fondation originelle sont absolues ou parfaites; celles qui appartiennent aux Principes développés : la pitié et les autres, sont aperçues se réfugiant dans les organes ou instruments de la connaissance. La conception ,
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l’accroissement du foetus et les conditions qui en résultent appartiennent aux fonctions des organes.
44. Par la vertu ou la justice [rfAnr/nn] on suit le sentier qui mène en haut; par l'impiété ou l’injustice [ adharma ] , se forme le chemin qui mène en bas. L’émancipation s’effectue par la science. Celui qui suit le contraire désire son emprisonnement dans les liens corporels. [ Voy. p. 3 i , 3 a.]
45. Par la sérénité ou le calme des sens , la puissance de la nature est affaiblie et annulée; un cercle d'existences mondaines est le résultat des passions ou affections impétueuses. Par la domination on surmonte tous les obstacles , et par le contraire, de ces vertus le contraire de ces effets a lieu.
46 . Cette création [d’effets] est la création intellectuelle [pratyaya-sarga ], distinguée par les dénominations A' obstacles, ou entraves, de faiblesse ou incapacité , de satisfaction ou tranquillité [foucAtï] et de perfectionnement. Les divisions de ces affections ou catégories produites par la séparation résultant de l’inégalité des qualités, sont au nombre de cinquante. [ Voy. p. a8.]
47. Les entraves ou obstacles sont divisés en cinq classes; des défauts ou imperfections des organes naissent vingt-huit divisions de la faiblesse ou incapacité ; la satisfaction ou tranquillité en a neuf ; le perfectionnement, huit. [ Voy. p. 19. ]
48. La division de V obscurité ou erreur, et de l'illusion, est octuple; ■ celle de l'extrême illusion est décuple; les ténèbres son t au nombre de dix-huit , ainsi que les ténèbres totales. [ Voy. p. a8. ]
4 g. Les défauts ou imperfections des onze Organes, unis aux défauts de l’Entendement ou Intelligence, constituent la faiblesse ou l’ incapacité ; les défauts de l’Intelligence sont au nombre de dix-sept par les contraires de la tranquillité et du perfectionnement. [ 1 1 -p- 17 = 28. Voy. p. 29.]
5 0. Il y a quatre espèces de tranquillités internes, nommées naturelle, causale, temporelle et fatale : cinq sont externes, consistant dans autant d’éloignements des choses externes : et delà sont nommées les neuf tranquillités. [ Voy. p. 29. ]
51. Le raisonnement, la connaissance révélée, ou l’instruction orale, l’étude, l’éloignement des trois sortes de douleurs [ litt. les trois éloignements des douleurs], le choix des amis, et la libéralité, sont huit perfectionnements. Le premier qui est un aiguillon à la perfection est triple (1).
[ 1) Putvô * nkusas ttividhaK : M. Lasscn traduit: Priera tria ( conditr^num gc-
DE I.A SA NK.HYA-KA H1KA .
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5a. Le Corpuscule [ou la Personne subtile , hnga ] ne peut exister sans les conditions ou modes d’être; comme la manifestation, le développement des conditions ou modes d’être ne peut également exister sans le Corpuscule ; c’est pourquoi il est dit qu’une double création (i) procède du Corpuscule ainsi que des conditions.
53. La création divine est octuple , ou de huit espèces; la création animale, quintuple; la création humaine, simple, ou d’une seule espèce : voilà une description résumée de la création élémentaire. [ Voy. p. 27.]
. 54. La création qui commence à Brahma , et qui finit par les corps solides et durs, abonde en haut de la qualité salira, ou de la bonté ; en bas elle abonde de la qualité lamas, ou de V obscurité ; et dans la région intermédiaire [ madhyé , medio, le monde de l’homme], elle abonde de la qualité radja, ou de la passion, [ Voy. p. 27. ]
55. Dans ce monde, l’Ame sensible [ tchétana , pensante} éprouve la douleur qui naît de la vieillesse et de la mort, jusqu’à la cessation de son union avec le Corpuscule , et par conséquent delà peine qu’elle subit par sa propre nature. [ Voy. p. 27. ]
56. Ainsi , tout ce que la Nature procréatrice originelle semble faire pour elle-même, à commencer par l’ Intelligence, et qui est circonscrit dans les limites des Éléments distincts, elle le fait en faveur d’un autre; c’est pour préparer la délivrance d’une Ame quelconque. [ Voy. p. 44-]
57. Comme l’action du lait, substance inintelligente, s’opère en effectuant l’accroissement du veau, ainsi l’action delà Nature s’opère en effectuant la délivrance de l’Ame. [ Voy. p. 44- ]
58. Comme les hommes s’efforcent de se délivrer de leurs désirs importuns, de la meme manière le Principe indéveloppé [la Nature procréatrice ] s’agite dans le but de délivrer l’Ame [ de ses liens terrestres. ]
5p. Comme une danseuse se relire de la danse, lorsqu’elle s’est montrée à la foule des spectateurs rassemblés, ainsi se retire la Nature procréatrice lorsqu’elle s’est montrée toute resplendissante à l’Ame (2). [ Voy. p. 44- ]
nera ) suntpcrjectionis obstacula ; interprétant anfcu'sa par instrumentait i refratnnndi. ( 1 ) Les créations corrélatives intellectuelle et élémentaire.
(•a) La nature se montre à l’Ame sous les formes développées , c’est-à-dire :
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60. Procurant diverses sortes d’assistancesà l’Ame qui n’en t-end point, comme étant dénuée de qualités, la Nature procréatrice douée de qualités , jouit d’avantages infructueux pour elle-même.
6 1. La Nature procréatrice , à l’exemple d'une jeune lille pudique, ne retourne pas en présence de l’Ame, disant : U n’existe rien; c’est la pensée qui me naît, après que j’ai été vue(i).»
ба. C’est alors que l’Ame n’est ni délivrée, ni enchaînée, ni sujette aux révolutions mondaines : la Nature procréatrice subit les révolutions mondaines, est impliquée dans les liens [des conditions], étant le refuge des divers Principes, ou s’unissant avec les Ames.
63. La Nature procréatrice se lie effectivement de sa propre volonté dans sept formes différentes [pour la jouissance de l’Ame] ; elle se délivre elle-même à cause de l’Ame, dans une seule forme [ qui est la science ] (2].
64. C’est ainsi que par l’étude des Principes, on acquiert cette science absolue, incontestable, compréhensible à la seule intelligence [ consistant à savoir que ] ni je suis, ni rien qui soit mien , ni moi, n’existent (3).
65. C’est pour cette raison que la Nature cesse de procréer, et que s’étant dépouillée, par sa volonté, des sept formes [ de l’Intelligence], l’Ame la contemple, à l’instar d’un spectateur, se trouvant bien de cette condition.
бб. Elle a été vue , contemplée par moi, ainsi dit l’un [le Principe pensant], en se retirant ; J'ai été vue ; ainsi dit l’autre [ la Nature], en se retirant aussi. En effet, dans leur union prolongée, il n’existe plus aucun motif de création.