‹ Essais sur la réforme catholiqueChapitre 14 sur 31 · LE GALLICANISME · texte numérisé non relu

LE GALLICANISME

La religion perdit toujours à s'immiscer dans les intérêts politiques et terrestres ; mais ce mal semble peu toucher le parti qui s'est fait à notre époque l'agitateur des consciences, et pour qui ia religion est avant tout un moyen de dominer les peuples. Les progrès de l'ullramontanisme, ses espérances rétrogrades, les désastres qu'amènerait son triomphe, méritent la plus sérieuse attention. Ce qui fait la force de ce parti , c'est qu'il a eu l'art d'usurper aux yeux de la foule le nom et l'autorité de l'Eglise catholique. Il sait joindre la ruse au fanatisme et suppléer au nombre par l'audace. C'est par là qu'il tient les gouvernements en échec, pèse sur un épiscopat dégénéré et entraîne la papauté aux plus lamentables excès. Actif, infatigable, ses menées rappelaient la factieuse turbulence de la Ligue. Il a dans les derniers temps subi plus d'une métamorphose. Après avoir essayé de tout, même de la liberté, il en est venu à prêcher une vraie croisade contre la civilisation. Au mépris de la religion spirituelle qu'il dénature, et de l'Evangile qu'il outrage, il fait de l'ignorance et du paupérisme les bases sacrées de l'ordre social parmi les hommes. A mesure que son influence croît, la foi *e dégrade

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