ESSAI
qu'il ne l'a jamais été; mais nous saurons y mettre ordre. »
Àgier, à qui Fréteau rapportait ce fait, ajoute : a Ils ont tenu parole... Ces mauvaises internions des gouvernants pour la religion se sont manifestées en plusieurs manières... refus aux fabriques des moyens nécessaires pour faire le service divin ; refus aux évêques de locaux pour leurs séminaires... Larochefoucauld, philosophe du jour, était administrateur et même président du département de Paris : en cette qualité, il eut .soin de rendre à la religion tous les mauvais offices qui étaient en son pouvoir. Ce fut lui qui, recevant la visite du bas-chœur de Notre-Dame, qui venait demander le paiement de son traitement, arriéré depuis neuf à dix mois, leur dit froidement: Eh ! à quoi sert le bas-chœur de Notre-Dame ? 11$ lui répondirent : A chanter la grand' messe. — Eh ! à quoi sert la grand'messe? reprit Larochefoucauld. Il n'osait pas encore dire ce qu'on a dit bientôt après : à quoi sert la messe ?
» Rabaud-Saint-Étienne, ministre protestant, fit, dans le même temps, un petit écrit joliment imprimé, et qui avait pour titre : Almanach historique de la Révolution. Il y avait marqué avec soin, à chaque époque, tous les présidents de l'Assemblée constituante. Fréteau seul, .qui avait rempli cette place par deux fois, avait été oublié. C'est encore de Fréteau que je tiens ce dernier fait, qu'on peut vérifier dans l'ouvrage même. Rabaud ne pardonnait pas à son collègue ses travaux et son affection pour la constitution civile du clergé. Ce seul manquement, aux yeux de Rabaud, effaçait tous ses services *. »
* Du mariage,