‹ Essais sur la réforme catholiqueChapitre 3 sur 31 · ESSAI · texte numérisé non relu

ESSAI

nisme soit vaincu en politique, comme il l'a été dans la religion ; que le règne de Dieu, le règne delà raison et de la liberté, arrive sur la lerre comme au ciel : alors on connaîtra le miracle de la rédemption , et Ton verra paraître des œuvres chrétiennes.

Malheureusement, lorsque le christianisme religieux, représenté par l'Église, et le christianisme social, représenté par la Révolution, devraient se rejoindre et se compléter comme les parties d'un même tout , l'ignorance, l'intérêt, des passions, des traditions funestes, les séparent, et travaillent à les armer l'un contre l'autre. Nous assistons à cette lutte impie de la vérité contre elle-même, symptôme le plus grave de la situation actuelle , et qui lait le fond de toutes nos difficultés. Par un étrange renversement, la plupart des chrétiens religieux restent d'incorrigibles païens en politique; pour eux l'oppression, l'immoralité, les ténèbres et les misères du moyen âge représentent le règne de Dieu sur la terre. Dans la civilisation moderne, fille légitime de l'Évangile, ils ne voieht qu'une immense révolte de l'orgueil humain. Le clergé surtout, dépouillé de ses honneurs mondains, rêvant le retour impossible de la théocratie, poursuit avec acharnement la liberté qu'il a fait naître, quoique à son insu, et ne cesse de persécuter le Christ dans son avènement social. Le signal part de haut, et le centre de l'unité catholique, Rome, devient la citadelle de l'absolutisme en Europe. De leur côté, les partisans de la rénovation sociale n'entendent point la religion, défigurent l'Évangile, et, en haine des prétentions théocratiques, repoussent le sacerdoce. Pour réaliser le règne de Dieu, ils s'appuient sur le matérialisme et l'anarchie. Vain labeur! égal aveuglement des deux parts! Vouloir que le christianisme religieux étouffe le christianisme social, on que le chris-

SUlt LA RÉFORME CATHOLIQUE. 7

tianisroe social se passe du christianisme religieux , n'estce pas vouloir que le principe dévore la conséquence, ou que la conséquence subsiste hors du principe?

La cause d'un malentendu si funeste vient de ce que le christianisme religieux ayant régné seul pendant des siècles, on s'est habitué à voir en lui le christianisme tout entier; on a relégué son triomphe dans l'autre vie, comme s'il était indigne du Rédempteur de renverser ici-bas l'empire du mal. D'ailleurs 1a rénovation religieuse procède par la voie surnaturelle, et demande l'action immédiate d'un sacerdoce divinement institué; car il s'agit de restituer à l'âme une force divine, ce qui ne peut se faire sans l'intervention de Dieu même. Voilà la raison métaphysique de la légitimité, de la nécessité du sacerdoce jusqu'à l'entière réintégration de l'humanité, c'est-à-dire jusqu'à la fin des temps proprement dits : Eçce vobiscum sum omnibus diebus usque ad contum-

rnationem sœculi.

Mais la rénovation sociale ne suit point la même marche et n'est point directement soumise au sacerdoce. Il est même impossible qu'elle le soit ; car cette rénovation consistant à rendre l'homme à lui-même, à faire qu'il s'appartienne, elle ne peut s'établir tant que dominent, avec le principe théocratique, l'intolérance, l'asservissement des consciences et de la pensée. Dès que la fonction propredu sacerdoce est remplie, dèsque l'homme est effectivement maintenu en rapport avec Dieu, il ne lui manque rien pour ordonner la société, pour dompter 'et perfeelionner la nature, pour faire fleurir les sciences, l'industrie et les arts. Le libre usage qu'il fait alors de ses puissances restituées est le plus bel hommage à l'efficacité de la religion. Toute intervention du sacerdoce dégénérerait en un joug insupportable et no pourraitque

corrompre le sacerdoce lui-même. Aussi le premier dogme du christianisme social , dogme qui passe aujourd'hui dans le domaine irrévocable des faits, c'est la séparation de l'Église et de l'État, sans laquelle on ne conçoit point de liberté de conscience, point d'adoration en esprit et en vérité, par conséquent point d'Évangile. L'intolérance théocratique est un reste de la politique juive et païenne. Si le sacerdoce l'employa au moyen âge, ce fut par une nécessité transitoire, et uniquement pour détruire. Il y a longtemps qu'il eût dû y renoncer, pour l'honneur du seul ministère qu'il tienne de Jésus-Christ, leministère spirituel. De l'opposition qu'il continue de faire aui réformes il est résulté une situation singulièrement déplorable. Aujourd'hui les peuples, pour fonder le christianisme social, sont obligés de lutter contre le sacerdoce, qui tient la première place dans le christianisme religieux. Le prêtre, aveuglé par le préjugé et l'intérêt, se plaint que l'on chasse Dieu de la société : vos lois sont athées, crie-t-il à la civilisation moderne. Non, la loi tolérante et libérale n'est point une loi athée; elle est seulement athéocratique, ce qui est bien différent. Elle exclut le prêtre et non pas Dieu, et elle l'exclut, non de l'Église, mais de l'État. Pour la première fois depuis l'origine des sociétés humaines, la loi respire l'Évangile et le spiritualisme.

Ces conflits , au reste, ne changent pas la nature des choses. Le prêtre a beau, comme homme, se faire l'aveugle adorateur du passé, le prince de l'Église a beau encenser les privilèges et la richesse : comme fonctionnaires de la puissance spirituelle ils n'en sont pas moins obligés de répandre une doctrine qui contient le démenti le plus formel à leurs opinions privées. A moins de brûler la Loi et les Prophètes, il faut bien, quoi qu'on veuille, verser

dans l'âme des populations chrétiennes le socialisme à la fois le plus pur et le plus radical. Fût-on un disciple de Malthus, il fautbien, avec la sainte Vierge, chanter tous les dimanches le renversement des trônes et des aristocraties, l'extirpation du paupérisme et du divitisme non moins funeste.

Les révolutionnaires à leur tour ont beau s'emporter jusqu'au blasphème contre la religion chrétienne, en réalité ils ne vivent que de renseignement de l'Évangile ; ils sont contraints d'en invoquer les maximes et d'en parler le langage. Toutes nos sectes socialistes ne sont au fond que des hérésies du christianisme social. Qui n'a entendu leurs adeptes annoncer la fin prochaine de la religion du Christ? Nous sommes, disent- ils, comme à l'époque du paganisme expirant : il faut une nouvelle religion pour une société nouvelle. Us oublient que cette société, toute nouvelle qu'elle soit, n'est pourtant que la société chrétienne, la réalisation des antiques prophéties conservées par le sacerdoce chrétien. L'analogie dont ils partent ne supporte pas l'examen. Est-ce que les premiers chrétiens avaient sans cesse à la bouche les livres sacrés du paganisme? Les a t-on vus prendre le titre de néo-païens? Le nom de Jupiler*retentissait-il dans leurs harangues comme le nom du Christ dans les discours de nos socialistes? Ils se déclaraient ouvertement ennemis, pour le fond et pour la forme, dans les mots comme dans les choses. Singulière lutte, au contraire, que la guerre actuelle de l'Église et de la Révolution, où de part et d'autre on porte les couleurs de ses adversaires, et l'on guérit les blessures que l'on fait! Ces deux grandes puissances, que l'on dit irréconciliables, ne peuvent triompher Tune sans l'autre, et depuis soixante ans elles ne font que s'arracher tour à tour une domination qu'aucune des deux

n'a seule la force de retenir. Royauté de quatorze siècles, noblesse, parlements, corporations privilégiées, institutions séculaires enracinées dans le sol , lu Révolution a tout balayé d'un souffle. Le clergé môme, comme corps politique, elle Ta emporté avec le reste Devant la religion seule elle a été sans force. La religion chrétienne, la religion catholique reste debout, conservant avec sa hiérarchie sacrée la pureté inaltérable de ses dogmes.

Il est vrai qu'en ce moment l'hérésie tente de pénétrer dans son sein, et que nous la voyons se débattre dans une crise suprême. Mais, si affaiblie quelle soit, elle garde son imprescriptible supériorité sur les autres cultes. La force d'une religion dépend de la conservation de son sacerdoce et de la perpétuelle fixité de son enseignement, marque naturelle d'une révélation divine. À cet égard, le catholicisme l'emporte incontestablement, et malgré les abus qui le travaillent, il est aujourd'hui le seul culte qui ne soit pas tombé dans une irrémédiable décadence. Le protestantisme n'a cessé de varier quant à la doctrine, il n'a plus ni symbole ni sacerdoce : ses ministres , malgré la science et les vertus qui peuvent les recommander, ne sont pas des prêtres , mais de simples professeurs de morale. Aux Etats-Unis d'Amérique, la division des sectes est arrivée aux dernières limites. Quand l'établissement anglican, qui chancelle, aura disparu, l'Angleterre offrira le même spectacle. La savante Allemagne compte comme gagné au profit de la raison tout ce qu'elle retranche au christianisme, dont elle ne garde que le nom; un vague déisme ou le panthéisme pur forment le fond de ses croyances actuelles Un travail non moins profond de décomposition se fait sentir au sein du judaïsme; envahi par l'influence de la civilisation chrétienne, il se transforme, il perd peu à peu les

caractères d'un véritable culte. Le catholicisme seul se maintient dans son intégrité, au moins chez le petit nombre de ses vrais enfants : en lui vit la force du christianisme religieux, et quand on parle de l'avenir de la religion, c'est de sa destinée qu'il s'agit.

Invincible à la Révolution , le sacerdoce catholique montre une égale impuissance contre elle. Le mauvais vouloir et les anathèmes des chefs du clergé n'arrêtent en l ien l'essor du christianisme social. Ses progrès tiennent du prodige. Déjà il embrasse les deux mondes; il pèse sur les anciennes civilisations, et bientôt il les aura chassées de la terre. S'il paraît céder sur un point, c'est pour éclater plus puissant sur un autre. Il crée et il détruit, il triomphe de tout, et il ne s'arrêtera qu'après avoir renouvelé la face du globe.

Quoique le christianisme religieux et le christianisme social ne parviennent point à s'entre-détruire , le fatal divorce qui les sépare n'en porte pas moins des fruits désastreux pour l'Église et pour l'État; il alimente nos discordes civiles; il prolonge les épreuves et les malheurs du monde. L'Eglise surtout en ressent au dedans le contre-coup funeste. L'enseignement de la philosophie et de la théologie s'y abaisse de jour en jour. Le spiritualisme platonicien et cartésien , qui par saint Augustin et Bossuet jeta tint de lumière sur la religion , est délaissé pour le sensualisme traditionnaliste de Bonald, l'Aristote d'une nouvelle scolastique, plus misérable que l'ancienne. On nie la raison naturelle; on proscrit l'esprit d'examen. On transforme en une crédulité grossière cette foi chrétienne, qui n'est, selon saint Paul, que l'affranchissement intérieur de la pensée et sa victoire sur la chair et lesang. C'est une guerre en règle déclarée à la raison par ceux qui se disent les disciples de la Raison éternelle. Chassée

du domaine des faits, l'implacable théocratie se réfugi dans la science; par la théorie, sinon par la pratique elle opprime encore l'esprit humain; elle relève dans le livres, dans les journaux, l'inquisition et les bûchers. D< l'enseignement le sensualisme descend dans les détails du culle, et n'épargne pas toujours le dogme. La superstition triomphante met ouvertement la Vierge à la place tle Jésus-Christ.

Voilà aussi ce qui empêche l'Église de revenir à son gouvernement primitif, si libéral, si saintement démocratique, et qui se trouverait si bien en harmonie avesc l'esprit des temps nouveaux. On sait comment l'esprit païen de domination pervertit ce gouvernement fraternel, où, selon les règles apostoliques , toutes les magistratures doivent être conférées à l'élection, toutes les affaires conduites par la douceur etla persuasion. D'énergiques efforts furent souvent tentés, surtout en France , pour refouler la tyrannie épiscopale et papale; il suffit de rappeler la Pragmaliquede saint Louis, les longues luttes de nos parlements, les conciles de Constance et de Bàle. Mais le concordat de Léon X et de François 1" étouffa le cri de la réforme orthodoxe. Au xvir» siècle, les disciples de Porl- Royal et de Bossuet n'en continuèrent pas moins la tradition des défenseurs de la liberté ecclésiastique; l'immortelle assemblée de 1682 frappa la théocratie au cœur. Les prélats de cour du siècle suivant laissèrent malheureusement dépérir ce précieux héritage; les efforts de quelques monarques libéraux n'eurent pas de résultat. La réforme fut reprise à la révolution, d'une manière digne de cette époque héroïque ; l'Église constitutionnelle, aujourd'hui si peu connue et si calomniée, sembla destinée un moment à conclure l'alliance définitive de la religion et de la liberté. Pourquoi faut-il qu'un nouveau con-

cordât soit venu encore une fois anéantir ces espérances? Depuis ce momenl, l'esprit de réforme, qui sous le nom de gallicanisme avait toujours revendiqué l'antique constitution de l'Eglise, ne donna plus signe de vie. Aujourd'hui il paraît entièrement éteint. Le silence do la servitude règne dans l'Église , qui semble fermée à tous les progrès.

Rien de plus navrant que ce spectacle pour le cœur des vrais croyants. Malgré les besoins religieux qui poussent encore les âmes vers la seule Église qui ait conservé un sacerdoce, un culte effectif, d'immenses apostasies peuvent s'ensuivre. Ce qui se passe en France ne rassure que les esprits imprévoyants. Là, comme en Allemagne, en Belgique, en Espagne, les classes éclairées se détachent des pratiques religieuses, que déshonorent le fanatisme et . la superstition. On dit que l'Italie, garrottée, n'est retenue que par la force dans une foi qui est celle de ses oppresseurs, et qu'elle n'attend que l'occasion de passer au protestantisme. Est-ce au terme de ces excès que la Providence a placé la guérison et le salut? Verrons-nous cette apostasie des gentils que fait craindre saint Paul, la religion quelque temps conservée dans le petit nombre comme un levain précieux, puis le monde rassasié des biens terrestres et altéré de foi, revenir en foule à celte fille du ciel, un instant abandonnée; enfin la conversion des juifs, prédite dans les livres saints, donner le signal de ces dernières merveilles? Sans doute la victoire du christianisme social, la Révolution triomphante, fournira des ressources inespérées. Lorsque la complète séparation de l'Église et de l'État sera prononcée, qui sait si du contact du clergé et du peuple , rendu nécessaire par la suppression du budget des cultes, ne sortira pas la réforme, gage de réconciliation? Qui sait, lorsque la théo-

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cratie sera tombée à Rome, ce que pourra pour le bien de l'Église un pape redevenu uniquement, co.ume à l'origine, le premier magistrat d'une libre association religieuse?

Une chose qui ne parait pas douteuse, c'est que les laïques prendront une large part à l'œuvre de celle restauiation chrétienne. Ils représentent plus particulièrement la raison dans l'Église, et e'est de raison qu'elle a surtout besoin aujourd'hui pour se redresser, puisque ses puissances surnaturelles restent intactes. Déjà les laïques intelligents ouvrent les yeux à la lumière du christianisme social. Un illustre exempte leur a été donné en la personne de Chateaubriand. Le brillant écrivain, dans son Génie du christianisme, n'avait fait que répandre l'éclat de sa facile imagination sur un passé d'intolérance et de superstition : du moins le génie social de l'Évangile l'inspira sur la (in de sa carrière. Le prophétique vieillard, en face de la société de l'avenir, salua de loin le règne de Dieu sur la terre: «Je ne trouve de solution à l'avenir que dans le christianisme et le christianisme catholique, disait-il dans ses Mémoires d'Outre- Tombe... H renferme les trois grandes lois de l'univers, la loi divine, la loi morale, la loi politique : la loi divine, unité de Dieu en trois personnes; la loi morale, charité ; la loi politique, c'est-à-dire liberté, égalité, fraternité. Les deux premiers principes sont développés; le troisième, la loi politique, n'a point reçu tous ses compléments, parce qu'ils ne pouvaient fleurir tandis que la croyance intelligente de l'être infini et la morale universelle n'étaient pas solidement établies. Or, le christianisme eut d'abord à déblayer les absurdités et les abominations dont l'idolâtrie et l'esclavage avaient encombré le genre humain. Loin d'être à son terme, la religion du

libérateur entre à peine dans sa troisième période, la période politique, liberté, égalité, fraternité. L'Evangile, sentence d'acquittement, n'a pas été lu encore à tous... Le christianisme, stable dans ses dogmes, est mobile dans ses lumières; sa transformation enveloppe la transformation universelle. Quand il aura atteint son plus haut point, les ténèbres achèveront de s* éclaircir ; la liberté, crucifiée sur le calvaire avec le Messie, en descendra avec lui ; elle remettra aux nations ce nouveau Testament écrit en leur faveur et jusqu'ici entravé dans ses clauses. Les gouvernements passeront, le mal moral disparaîtra ; la réhabilitation annoncera la consommation des siècles de mort et d'oppression nés de la chute. »

L'âme poétique et religieuse de Ballanche reçut aussi la visite de l'esprit nouveau; un sentiment profond de la rénovation chrétienne anime ses pages, empreintes d'une donce et mélancolique beauté. La grande réforme catholique et sociale, premier besoin de l'humanité actuelle, s'honore de compter parmi ses précurseurs Ballanche et Chateaubriand; toutefois ils en eurent le pressentiment et non la science, outre qu'ils oublièrent la rénovation intérieure de l'Église. D'autres, en ce siècle, ont également prêché l'alliance du christianisme et de la démocratie ; on peut voir dans leurs efforts un favorable augure. Mais presque tous sont restés asservis aux préjugés théocra tiques, ce qui les a condamnés fatalement à la contradiction et à l'impuissance. C'est dans M. Bordas- Demoulin que l'avenir reconnaîtra le véritable promo* leur de la réforme catholique au xix* siècle; il ne nous appartient pas ici d'en dire davantage.

Tel est l'état présent du christianisme. Il passe à sa phase de maturité. Il quitte la forme transitoire de théo . cratie, qu'il revêtit au moyen âge pour détruire la société

païenne. H va incessamment se renouveler, non dans ses dogmes, qui ne changent point, mais dans sa discipline, dans son gouvernement, dans la partie variable de son culte et de son enseignement. Il reçoit son existence sociale et se complète par laRévolution.Car la Révolution, dans son terme absolu, c'est la rédemption temporelle ou le christianisme appliqué à notre destinée terrestre; c'est le règne de Dieu sur la terre. Il n'exclut pas le règne éternel dans. la finale communion des saints; il doit, au contraire, en être ici -bas l'image et la préparation. Ce règne fortuné commence sous nos yeux , au milieu des épreuves, de la souffrance et des larmes. Cela donne un intérêt, une majesté sans égale à l'histoire de nos temps. Un malentendu fatal, triste héritage du passé, prolonge une transition douloureuse, et retarde l'accomplissement des antiques promesses. Mais l'issue de la lutte ne saurait être douteuse : elle se terminera par la conversion du clergé au christianisme social , par la conversion des révolutionnaires au christianisme religieux. Alors l'astre de justice, perçant les nuages qui le couvrent encore, versera sur le monde la paix avec l'abondance de tous les biens : Orietur in diebus ejus justifia et abundantia pacis. Nos malheurs, nos discordes, nos défaillances s'effacent devant ce glorieux avenir. Les oracles sacrés reçoivent leur entier accomplissement. Le christianisme apparaît dans sa grandeur universelle, embrassant le passe, le présent, l'avenir, remplissant la terre et le ciel, rachetant les corps et les Ames, apportant au genre humain le bonheur du temps avec le gage d'une étemelle félicité. F. H.

DES DOCTRINES THÉOCRAT IQUES {

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