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laire se condense en une large bandelette parsemée par-ci par-là de quelques petits noyaux.
Tous ceux qui connaissent la structure du gliome cérébral, par exemple, seront frappés du petit nombre de noyaux que contient notre néoformation. Certes, il y en a presque autant autour du canal épendymaire d’une moëlle normale. Rien ne ressemble moins à une tumeur que la préparation que nous figurons: D'ailleurs la constitution purement fibrillaire de la paroi cavitaire, ne plaiderait-elle pas plutôt en faveur d’une production cicatricielle qu’en ‘faveur d’une formation néoplasique de l’ordre des tumeurs ?
Il ne faudrait pas oublier que pour Klebs, la caractéristique essentielle d’un gliome réside dans l'abondance des cellules ganglionnaires. Or, dans les préparations que nous figurons, rien de tout cela. Nous nous trouvons en présence d’un tissu purement névroglique.
L'opinion de Weigert vient confirmer celle que nous venons d'énoncer. Cet auteur dit très clairement que la masse fibreuse, pauvre en cellules, qu'on rencontre dans la syringomyélie, ne ressemble en rien à ce qu'on désigne sous le nom de gliome. En outre, pour Weïgert, la seule présence d’une prolifération névroglique ne saurait constituer un argument à opposer à ceux qui ne voient dans les cavités syringomyéliques que des monsiruosités congénitales ou acquises du canal central.
Il est indubitable, que toute prolifération du tissu péri-épendymaire ne saurait être que de nature névroglique ; la moëlle ne possède du tissu conjonctif qu'autour des vaisseaux ; la sclérose médullaire sera toujours névroglique; elle sera conjonctive autour de quelques petits territoires vasculaires bien déterminés de la moëlle épinière. Dans un travail, publié en commun avec M. Louis Guinon, M. Achard (1) démontre la nature névroglique d’une sclérose diffuse par myélite aiguë. La sclérose en plaques est encore une sclérose névroglique. M. Achard (2) a pu reconnaître
(4) Acxarp et L. Guinon. 4rch. de Méd. Experim. 1890, t. I,p. 704.
(2) AcxarD. Sur la sclérose névroglique, Bull, de la Soc. anatom. Paris,
LG
cette sclérose névroglique dans un grand nombre d’affections inflammatoires et dégénératives de la moëlle épinière.
En un mot toutes les variétés de scléroses médullaires, diffuses ou systématiques. sont des scléroses névrogliques.
Weigert (1) déclare nettement que dans la maladie de Friedreich, aussi bien que dans le tabès vulgaire, dans les scléroses multiples, dans la sclérose latérale amyotrophique, la prolifération névroglique est toujours la même.
Dans nos préparations la lésion est essentiellement diffuse; la sclérose fibrillaire pousse des prolongements, surtout au niveau de la région lombaire, dans les parties avoisinant les cordons postérieurs, dans les cordons latéraux, sans qu’il soit possible de circonscrire cette infiltration. Une telle diffusion de ces lésions, se justifie facilement, si l’on admet qu'elles sont constituées par des produits inflammatoires chroniques ; le gliome, lui, ne saurait l’expliquer.
La névroglie n’est point localisée dans certains points de la moëlle (2); celle-ci en contient à peu près partout. Weigert (3) a pu, à l’aide d’une méthode spéciale, non encore publiée, étudier en détail la distribution de la névroglie dans le système spinal de l’homme.
Il existe à la surface de la moëlle une couche névroglique sous forme de réseau serré, sous-jacente à la pie-mère. De ce réseau partent des cloisons, qui s’enfoncent dans l’épaisseur de la moëlle en formant unesorte de manchon autour des vaisseauxpie-mériens. Or ces masses névrogliques péri-vasculaires ont souvent été prises pour du tissu conjonctif.
Les fibres nerveuses de la substance blanche sont séparées les unes des autres par des travées névrogliques tantôt parallèles. tantôt perpendiculaires à la direction des tubes nerveux.
A)Weicerr. Cbl. f. Allq. Path. Ier vol. n. 23 p. 731, 1890
(2) Ranvier. Tr. échn. d'histologie. Are édit. p. 1070
(3) Weicerr. Bemerkungen ueber das Neurogliagerüst des menschlichen Central nervensystems. Anatomischer Anzeiger, v. V p. 543, 1890