‹ Essais sur la syringomyélieChapitre 8 sur 24 · FE · texte numérisé non relu

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bro-spinal, et trouva que les lignes, à forme précise ou non, sont toujours perçues, lorsque leur longueur n’est pas inférieure à cinq centimètres. Toutefois, il faut remarquer que chez les tabétiques, cette perception des impressions tactiles successives et continues exige l'emploi d'un tracé plus long. Pour la syringomyélie c’est Rumpf (1) qui, le premier, a étudié ce mode de la sensibilité tactile. Dans son travail 1l donne, après Leube, un tableau indiquant la hauteur que doit avoir le tracé sur la peau, pour pouvoir être perçu dans les différentes régions du tégument externe. Sur le front, la Joue, la nuque, à l’état normal le tracé, pour être perçu, doit avoir au moins un centimètre de longueur. Sur la peau de l’abdomen, le minimum est de { centimètre 7; il en est de même de la région scapulaire ; au niveau de la colonne dorsale et lombaire, le minimum de perceplion pour le tracé est de 2, 5 centim. Quant aux extrémités supérieures les indications de Rumpf sont les suivantes.

Bras-biceps.. ME ONR TERRE EN À cent. 5 PAYANTE D) LA SS Ee AA A EL SLEe VERRE ete, À D Main face palmaire il 0 Main face dorsale Î 5)

Ces données une fois établies, Rumpf les appliqua à son malade. I trouva d’abord, au point de vue de la sensibilité tactile en général, que le contact simple était peu modifié; mais que dans la zône anesthésique du même malade (côté droit du corps), les pressions factilés (Tastendrücke), même très fortes, n'étaient point perçues. Quant à la perception des lettres ou chiffres tracés sur la peau, elle était légèrement troublée au niveau des mains, fortement au contraire au niveau des jambes. Chez nos deux malades cette sorte de sensation tactile linéaire est fortement troublée. Les malades ne se rendent plus compte de la forme des tracés effectués sur leur peau. Cette forme de la sensibilité tactile est troublée même au niveau de la face, où généralement la sensibilité tactile a gardé son intégrité dans tous ses modes. Nous prions

(1) Ruwrr. Weurologisches Centralblatt n.T, p.185. 1889.

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le lecteur de se reporter à ces observations (obs. I. I), pour voir combien ce trouble de la sensibilité est marqué au niveau des différentes régions du corps. On y verra, par exemple, que pour les faces dorsales des mains, le tracé, pour être perçu par la malade qui fait le sujet de notre observation If, monte dé 4 cent. 5 (état normal), à trois centimètres. Il en est de même pour les faces palmaires, les bras, etc.

Cette modification se retrouve et tout aussi accusée dans notre première observation et dans celle de Rumpf.

e) Sens du relief ou sléréognomique. — Les troubles dans la perception des formes à l’aide de la sensibilité tactile rentrent évidemment dans cette classe. Les yeux fermés, nous pouvons dire d’un objet que nous tenons dans nos mains, quelle est sa forme, s’il est lisse ou rugueux, s'il est consistant ou mou. Le sens musculaire intervient également pour nous renseigner sur Sa consistance et sa pesanteur.

Nous avons répété cette expérience un grand nombre de fois soit sur nos collègues, soit sur le personnel hospitalier et toujours avec le mê me résultat.

Nous mettions par exemple du velours, du drap, de la toile, du cuir, dans les mains de nos sujets et nous leur demandions de nous dire, les yeux fermés, la nature et si possible, la qualité du issu qu'ils serraient et presque toujours la réponse était juste.

Or, chez nos deux malades, des femmes, habituées à manier les chiffons, ce sens du relief a complétement disparu. C’est en vain qu'elles triturent les tissus que nous leur confions, qu’elles les malaxent sans cesse, elles répondent invariablement : « Ce sont des chiffons »; mais lorsque nous leur conseillons de toucher leur face avec le tissu qu'il s’agit de dénommer les yeux fermés, elles n'hésitent plus un instant ; la réponse part d'un coup: « c’est du velours, c’est du petit drap, c'est du gros drap, c’est du cuir, etc. etc. »

Le sens du relief est donc en grande partie du moins, un des modes de la sensibilité tactile. Nous n’en voulons pour preuve

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que le diagnostic de la nature d’un tissu obtenu en le frottant légèrement contre la peau de la face, comme l'ont fait et le font nos deux malades.

Nos malades d'autre part ne se rendent pas compte de la forme de certains objets géométriques que nous leur plaçons entre les mains. Elles ne distinguent point par exemple, une sphère d'une pyramide ou de tout autre polyédre.

f) Quant aux liquides, pour lesquels les sensations tactiles se confondent souvent avec les sensations thermiques, nos malades ne les perçoivent plus à l’aide du tact.

A l’état normal, et en mettant les liquides à la température du corps, on diagnostique généralement à l’aide du toucher la nature, ou du moins la consistance du liquide. Nos expériences à cet égard sont très concluantes. Nous remplissons un vèrre à expérience d'eau, un second de mercure, un troisième d'huile ou de vaseline ordinaire.Les yeux fermés l'individu en expérience plonge son indicateur droit ou gauche dans chacun de ces verres. Il se produit d'abord une première sensation, thermique celle-là, que nous supprimons en chauffant l’eau et l'huile à la température de 30°. La seconde sensation est celle fournie par le sens musculaire qui renseigne sur le degré de résistance, qu'opposent les différentes couches liquides à la pénétration du doigt. La troisième sensation enfin est tactile. Elle résulte de la différence entre la pression qu'exerce le liquide sur la partie immergée du doigt, et celle qu’exerce l'air atmosphérique sur la portion digitale non immergée. Cette sensation tactile affecte une surface annulaire et siège au niveau du point d’effleurement du doigt dans le liquide. C’est précisément cette dernière sensation qui indique à l'individu en expérience la nature du liquide qu'il est en train d'explorer.

Chez nos malades, la perception des liquides et de leur nature par le toucher est complètement abolie. Nous avons beau varier nos essais, le résultat est toujours le même. Les malades ne peuvent, en plongeant un de leurs doigts dans le liquide en reconnaître l'existence. « Jene sens rien » est la réponse invariable,

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