SES ATTRIBUTIONS
C’est à Solon que remonte la première pensée, la première organisation du Sénat. Loin d'en restreindre les privilèges et d’en diminuer l’importance , les conquêtes postérieures de la démocratie ne firent que mieux ressortir l’utilité, la nécessité même de ce rouage, sans lequel la constitution athénienne n'aurait pu se mettre en mouvement et marcher même quelques années.
L’antiquité n'a jamais connu le système représentatif, ou du moins n’a jamais su l'appliquer au gouvernement intérieur de l’Etat. Les différentes fédérations qui se sont succédé en Grèce, depuis les anciennes amphictyonies jusqu’à la ligne achéenne, la dernière de toutes et la mieux organisée, eurent chacune leur congrès ou diète, où les différentes villes se faisaient représentci* chacune par un ou plusieurs députés. 11 peut paraître étrange, au
LA CONSTITUTION ATHÉNIENNE. I
premier abord, que l’on n’ait jamais en l’idée d’expérimenter, dans l’enceinte même de la cité, un procédé que Tort employait avec succès, depuis une époque très-reculée , pour rattacher l’une à l’autre les villes grecques par un lien religieux ou politique, et pour les réunir dans une action commune.
Ce qui commence ici par surprendre s’explique aisément, quand on y regarde de plus près. Pour les Grecs, qu’on ne l’oublie pas , l idée d’Etat et l'idée de cité se sont toujours confondues. Parmi ces petits Etats indépendants qui se comptaient par centaines et qui se partageaient la Grèce proprement dite et les îles de l’Archipel , qui occupaient une étroite bande de terrain sur tous les rivages de l’Euxin, de la Propontide et de ses détroits, de la mer Egée, de la mer Tyrrhéniennc et de l’Adriatique, de beaucoup le plus grand nombre ne se composaient que de la ville môme et d’une banlieue de quelques myriamètres carrés; seules, quelques cités hors ligne, comme Sparte dans le Péloponèse , Athènes dans la Grèce centrale , avaient réussi à s’assurer la jmssession exclusive d’un territoire grand comme un de nos départements, et avaient réduit au rang de simples bourgades toutes les communes, jadis autonomes, comprises dans ce rayon. En Laconie, Amyclées ou Gythion; en Attique, Eleusis ou Rhamnunte n’étaient plus des villes, dans le vrai sens du mot, mais de simples dépendances, et, si l’on peut ainsi |«rler, des faubourgs à distance. Que l’on eût ses propriétés et sa maison patrimoniale, son domicile ordinaire à Gythion ou à Eleusis, ce n’en était pas moins de Sparte ou d’Athènes que l’on était citoyen. Entre ceux qui demeuraient à cinq minutes et ceux qui demeuraient à cinq ou six heures de l’Agora, la loi ne faisait aucune différence; il arrivait sans