CHAPITRE III
meurtre (1). Les oliviers sacrés étaient aussi sous la protection de l’Aréopage, et c’était devant ce tribunal qu’étaient traduits ceux que l’on accusait d’avoir coupé un de ces arbres vénérés, propriété séculaire de la déesse qui avait fait ce présent à l’Attique (2). L’Aréopage siégeait, comme cour de justice, pendant les trois derniers jours du mois (3) ; ses séances se tenaient alors sur l’aire artificiellement aplanie par laquelle se termine le rocher qui se dresse à l’ouest de l’Acropole, en face de son entrée principale. On distingue encore les seize marches d'un escalier qui conduisait à ce sommet, et on croit reconnaître, sur la plate-forme, la trace de bancs creusés dans la pierre vive (4). Cette colline, les Aréopagites n’en gravissaient les degrés , à ce qu’il semble , que dans les jours consacrés, quand ils se trouvaient constitués juges du meurtre. Le reste du temps, quand cette compagnie délibérait sur les affaires publiques, sur les irrégularités qui lui étaient signalées, sur quelqu’une enfin des matières auxquelles devait s’étendre sa haute surveillance, elle se tenait, au moins du temps de Démosthènes, plus près des autres corps constitués, dans le Portique royal (-n «yroa);
là, quand il plaisait aux Aréopagites, une corde tendue
(1) Demosth., C. Aristocr., 22. C. Botot. dedote, 32, 33. Lysias, IV.
Pollux, VllI, in. Harpocr., s. v. poù).evTi;.
Le litre du discours d’isocrate intitulé ’ApeoTcayiTixoc est trompeur; c’est, comme plusieurs autres de ses ouvrages, un véritable sermon , qu’il met en quelque sorte sous l’invucation de l’Aréopage , d'un tribunal qui , tel qu’il se le représente , est plus idéal que réel. On ne trouve , dans cette composition , presque aucun renseignement sur les allribiilions et le rdic historique de l'Aréopage. Isocrate a le dédain des faits ; il n’y en a pour ainsi dire pas un dans cette longue et froide composition.
(2) Lysias, VU.
(3) PoUux, VIII, in.
(i) Leake, Topographÿ of Athens, p. 256.
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L’ORGANISATION JÜDICIAIRE.
isolait l’enceinte où ils siégeaient, et en interdisait l’accès aux curieux qui flânaient sur l’Agora (1).
C’est à partir de Solon que paraît définitivement établie la compétence de l’Aréopage en matière criminelle; il est difficile de remonter au delà avec quelque certitude. Les anciens avaient entre les mains des moyens de contrôle , des documents tels que les Atthides ou les Constitutions d’Aristote, qui nous font défaut aujourd’hui; cependant, en cette matière, ils hésitaient déjà et n’osaient se prononcer. Voici ce que nous croyons pouvoir dégager d’assertions conliadictoires dont chacune a son garant. Il semble que l’Aréopage, pendant un temps plus ou moins long, ait été le Conseil du roi, puis des magistrats qui succèdent à la royauté, qu’il ait partagé avec les .Archontes, dans une mesure plus ou moins large, le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. Un peu avant Dracon, ou peut-être sous son archontat, Athènes commença à séparer les pouvoirs ; on tribunal spécial fut institué pour connaître de toutes les affaires d’homicide; ses membres portaient le nom d'Ephètes (èçÉTai).
LE TRIBCNAL DES ÉPUÈTES.
Le tribunal des Ephètes était composé de citoyens, âgés de plus de cinquante ans, et pris parmi ceux des Athéniens qui avaient les mœurs les plus irréprochables et le meil-
(t) DemosUi., C. Arislogit., 1 , 23. C- lieœr., 80.