CHAPITRE m
ministratives qu’aucun lieu logique ne rattache à ces fonctions que nous avons essayé de définir. Ainsi , l’Archonte est chargé de tout préparer pour la fête des Grandes Dionysies, et, sans distinction des fêtes, d’organiser et de surveiller tous les chœurs qui doivent paraître dans ces solennités religieuses , auxquelles la cité attache une si grande importance. C’est à ce titre que l’Archonte était saisi des plaintes auxquelles donnait lieu tout acte de désordre commis pendant la grande fête de Bacchus, toute parole ou tout geste qui en avait troublé la célébration. Pour la même raison, il lui appartenait de faire régler par un tribunal toutes les contestations qui s’élevaient entre chorèges (1).
COMPÉTENCE DE l’aRCHONTE-ROI .
Le second des Archontes s’appelait Y Archonte- Roi , et d’ordinaire, par abréviation, le Roi (d pa^i'Xe’jç) ou celui que le sort a fait roi (d >.a/ùv paci>.ed;). Lorsque l’aristocratie avait supprimé les rois , le second Archonte avait surtout hérité de ce caractère sacerdotal qui , d’un bout à l’autre du monde antique , s’offre à nous comme un des traits les plus marqués et les plus constants de la royauté primitive, de la royauté héroïque; c’était lui qui avait pris, si l’on peut ainsi parler, la succession religieuse du roi ; c’était lui que la cité avait accrédité auprès de ses dieux protecteurs comme son légitime représentant et le continuateur autorisé des vieux rites et des sacrifices héré-
(1) PoUux, Vlll, 89. Demosth., C. MiJiam., 9-13.
L’ORGANISATION JUDICIAIRE
dilaires (1). Le second Archonte fait songer tout d’abord au rex sacrorum ou rex sacrificulus des Romains ; c’était du moins la môme origine et le même titre ; mais la situation de ce roi des sacrifices était plus indépendante et plus relevée à Athènes qu’à Rome; ce serait plutôt au Grand Pontife que l’on pourrait comparer l’Archonte-Roi.
C’était donc cet Archonte que regardaient toutes les affaires où était intéressée la religion de la cité. Son tribunal était tantôt, à ce qu’il semble, au nord-ouest de l’Acropole , dans le voisinage du Prytanéo , près d’un bâtiment appelé le Boucolion (2), tantôt dans l’édifice qui portait le nom de Portique royal ( paotXtio; cToa , ô toù PwOiw; (ïToa), et qui était situé dans le Céramique intérieur (3). C’était devant lui qu’étaient intentées toutes les accusations d’impiété , en quelque forme et sous quelque nom qu’elles fussent présentées (4) ; il avait à connaître des contestations qui s’élevaient entre deux genles, ou entre des membres d’une môme gens , à propos de la possession d’un sacerdoce héréditaire ; il avait de môme à régler le différend de deux prêtres dont chacun réclamait la jouissance de privilèges et de revenus qu’il prétendait attachés à sa charge. Enfin le meurtre étant regardé , ainsi que l’indique tout le système de l’antique procédure usitée devant l’Aréopage et les Ephètes, plutôt comme un acte impie qui souillait la cité que comme un désordre qui la troublait , l’Archonte-Roi était saisi de toutes les plaintes auxquelles
(1) Tô» ),ayovTi ^a^tXeî faji Ta ire;jivÔTaTa xaî iiàXtara izitpia twv àpx*wi>’' &uaitSv àiroSeSôaOat. Plalo. Politlc.f 290 , E.
(2) Suidas, s. V. ioxoïiTE;. Bekkcr, A necdo/a, I, 419, Pollux.VIII, III.
(3) Plalo, Thectlet.,p. 210, D. Euthyphr., p. 2, A. Pausanias, 1, 3, 1.
( 4 ) Plalo, 11. n. Andocid., De mysler., 111. Dumosth., G. Androt., 27. Bekkcr, Anfe do(o, 1, 219, 17; 310, 6. PoUui, VIII, 90.