‹ Essais sur le droit public et privé de la république athénienneChapitre 151 sur 187 · LES ONZE · texte numérisé non relu

LES ONZE

De l’étude que nous avons faite , il résulte que les Archontes étaient les présidents ordinaires des tribunaux athéniens, ceux qui réunissaient le plus souvent les Hèliasles, et qui , dans la plupart des cas, leur soumettaient les procès où était intéressée, soit la tranquillité de l’Etat, soit la situation et la fortune des particuliers. Nous ne saurions pourtant omettre les autres magistrats qui , chacun dans le cercle où l’avait enfermé la loi , avaient aussi le droit de saisir un tribunal ù; rô St-cacTrIptov) et de

provoquer le verdict dont ils avaient réuni les éléments en instruisant l’affaire et en organisant l’instance.

Le plus impérieux besoin qu’éprouve toute société policée , c’est ce besoin d’ordre et de sécurité qui , s’il n’est pas satisfait, rend les peuples indifférents aux plus nobles joies et les dégoûte de la liberté môme. C’est à ce besoin qu’avait répondu, nous ne savons à quel moment, l’institution d’un collège de magistrats nommés les Onze (ol

(I) Certains grammairii!Us (Pollui, VIII, 100) et le Sc/ioiiaj/e de Platon (ad Lege» , p. 9i5) donnent des parédres à chacun des neuf Archontes ; mais ils sont en contradiction avec les passages citds plus haut , et , la seule fois que l'on trouve mentionné un auxiliaire des Thesmothètes , il ne porte pas , chez l'orateur, le titre de nâpeô po; , mais simpicm eut celui de aû|têouXo; ( Demostben., C. Theocrin., 27).

L’ORGANISATION JUDICIAIRE

ïvSexa). Les Onze auraient été, suivant Pollux, désignés par le sort, un pour chaque tribu. Avec les dix magistrats ainsi élus, on aurait compté le greffier et on serait arrivé de cette manière au chiffre dont on a fait le nom même de ce collège (1). C’était à ces magistrats qu’incombait surtout 1a charge de défendre la société athénienne contre les attaques de ces ennemis intérieurs que les Athéniens appelaient, comme nous, des malfaiteurs (/.a/ioijpyoi). Antiphon désigne les Onze par cette périphrase : ceux qui surveillent les malfaiteurs (os èffijxs'XyiTai twv xayoûpywv ) (2). Comme les triumviri capitales de Rome , auxquels on les a comparés, ils ont sous leur autorité 1a prison ou les prisons d’Athènes, ils incarcèrent ceux que leur livrent les juges et sont responsables do ces prisonniers, soit qu’il faille les représenter un certain jour au tribunal, soit qu’il s’agisse dé faire exécuter la condamnation à mort prononcée par les juges. Quant aux filous, aux gens sans aveu , aux voleurs de nuit et de jour, qui devaient être attirés par la richesse d’Athènes et par la facilité de s’y perdre dans la foule , les Onze tâchaient de les tenir en respect et de s’en emparer au moyen des agents (rapaoTarai, ûx-zipÉTai) dont ils disposaient ; de ces serviteurs des Onze , le plus souvent nommé , c’était celui que l’on appelle par excellence l’es(7at'e public (o ô Sy;xôcwç) , le bourreau.

C’était celte lutte contre les malfaiteurs, nombreux dans toute cité populeuse et commerçante, qui amenait les Onze à devenir présidents de tribunaux. Pour poursuivre ces voleurs par escalade et avec effraction (Tûi/wpu/oi), ces filous et coupeurs de bourse (r.léizran) , ces voleurs de

(1) PoUux, VIlI,t02.

(2) De cœde Herodis , 17.

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