CHAPITRE in
Le plus souvent, celui-ci leur donnait un Arbitre qu’il tirait au sort parmi ceux qui étaient institués pour leur tribu , s’ils se trouvaient être de la même, pour la tribu du défendeur , s’ils se trouvaient appartenir à deux tribus différentes (1). D’autres fois, les parties s’étaient entendues pour choisir un des Arbitres dont les noms étaient portés sur le tableau de l’année ; le magistrat n’avait plus alors qu’à prendre acte de ce choix. De l’une et de l’autre manière, il devait arriver que tel Arbitre vît bien plus souvent que tel autre réclamer son intervention ; c’était le hasard qui , plusieurs fois de suite , faisait sortir son nom de l’urne ; c’était les parties qui , connaissant ses lumières et son intégrité, désiraient n’avoir point d’autre juge. Ajoutez à cela que tel Arbitre, après avoir été porté par le magistrat sur la liste annuelle, pouvait tomber malade ou être empêché par une cause quelconque d’exercer ses fonctions d’une manière suivie. Il en résultait qu’à la ûn de l’année tous les Arbitres désignés n’avaient pas siégé , qu’un certain nombre d’entre eux seulement avaient eu l’occasion de jouer le rôle pour lequel les avait marqués le sort. Ceux-là seuls étaient cités dans notre inscription qui , pendant le cours de l’année , avaient été appelés, du moins une fois, à instruire et à juger quelque litige privé. Des
blances. Ainsi Pollux nous dit (VIII, 91 ) cpie le Polétnarque renvojail certains procès devant les Arbitres , tandis qu’il en introduisait d’autres devant les tribunaux. Ailleurs on arrive à la même conclusion en consultant une glose qui doit pourtant contenir une erreur : EîcraYwyeï; , xXnpwril; dvofia • ouTot 6è Stxaç elonyayov rtpà; Toùç StaiTnvOî- On
chercherait en vain dans toute la littérature attique une autre trace de ces eloxytayet; ; Pollux a inventé cette àpxn xXnpwcn pour expliquer une expression générale qu'il ne comprenait pas, un terme comme ol eioaywYEîî tüv 6txüv , qui se trouve dans Harpocration (s. v. , pour désigner i tous ceux qui avaient le droit de saisir le juge
d'une instance. i>
(1) Pollux, VIII, 126... ’Eit6x).npoûvTO aÙTOîc a! Slaitai, xai ifiépurco ttp
(lÙ SiaivqcavTi rf,'i iKixXr;poi6kTaav Siaiiav.
L’ORGANISATION JUDICIAIRE
autres, il était inutile de se souvenir : ils n’avaient porté qu’un vain nom; par leur faute ou par celle des circonstanciés, ils n’avaient point rendu à la cité le service qu’elle attendait d’eux. N’était-il point juste qu’elle témoignât sa reconnaissance à ceux-là seuls qui lui avaient donné leurs peines et leur temps, qui l’avaient fait profiler de leur expérience et de leur honnêteté? Telle tribu avait eu moins de contestations portées devant les Arbitres que telle autre, et les mêmes noms y avaient été plus souvent ramenés par le hasard, ou bien tel Arbitre y jouissait d’une telle réputation que demandeur et défendeur s’étaient presque toujours mis d’accord pour se faire renvoyer devant lui par le magistrat. Ainsi s’explique sans effort l’apparente inégalité qui a surpris les premiers éditeure de cette inscription ; seulement, nous restons condamnés à ignorer quel était le nombre total des Arbitres désignés pour toute la cité au commencement de chaque nouvelle année. Si , comme on peut l'admettre sans invraisemblance, les Arbitres de la tribu Kekropis se trouvent au complet sur notre liste , il y aurait eu , pour l’Attique tout entière et pour chaque session annuelle , cent quatre-vingts Arbitres , seize de chaque tribu.
Nous ne trouvons mentionné nulle part le serment des DÙBlètes , et pourtant nous n’hésiterons point à affirmer que les Arbitres étaient astreints à la même formalité que les Hèliastes , qu’eux aussi étaient des jurés. Aux yeux des Athéniens , le serment , cet acte solennel et religieux qui établissait entre l’homme et Dieu un plus étroit rapport, était nécessaire pour constituer le juge, pour le tirer de la foule et l’élever au-dessus d’elle , pour lui donner le prestige, pour forcer ceux-là mêmes que ses décisions mécontenteraient à s’incliner devant elles avec un involon-