‹ Essais sur le droit public et privé de la république athénienneChapitre 17 sur 187 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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délibérations. Ces soins, ces attributions se partagent, dans nos constitutions modernes , entre un Conseil d’Etat qui combine et rédige les projets de loi , un ministère qui les apporte à la chambre et les soutient devant elle , un président qui guide et qui modère la controverse. En outre , avant l’épreuve du débat suprême, nous avons ce que l’on appelle le travail des commissions ou des bureaux. Là > dans des conversations à la fois familières et sérieuses , sans apparat, sans préoccupation de l’effet à produire au dehors, on examine une première fois la mesure proposée. C’est alors surtout que l’on s’entoure de tous les renseignements nécessaires et que l’on consulte avec fruit les gens compétents; dans cette enquête préliminaire l’amour, propre se pique moins au jeu, la passion et l'esprit de parti parlent moins haut que dans les débats auxquels assiste la foule et que répètent les journaux. C’est souven* alors que se produiront les plus utiles observations, et que les plus sages améliorations pourront être introduites dans le projet primitif. Quand viendra riieurc de la discussion publique, il ne restera plus à débattre que les questions de principes; c’est affaire alors à l’éloquence de prêter une voix aux grands intérêts du pays, et d’assurer le triomphe de la justice et de la vérité.

Tout ce travail de préparation et d’incessante direction avait été remis, par la sagesse de Solon, à un corps sans lequel l’assemblée n’aurait pu que s'agiter dans le vide ; sans lui , embarrassée de sa propre souveraineté , elle eût été obligée ou de siéger tous les jours, ce qui n’était pas possible, et de se perdre dans les détails, ou bien d’abdiquer entre les mains des magistrats tout pouvoir réel, et de se réduire au rôle tout passif de V Agora homérique. Le vrai nom de ce corps, son titre officiel et complet, c’était le

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LA CONSTITUTION ATHÉNIENNE

Sénat des Cinq-Cents (■« pd'jXïi twv revraxouicov); on l’appelait aussi quelquefois le Sénat d'en bas xaTw parce

qu’il SC réunissait dans un édifice situé sur le Vieux-Marché, tandis que le Sénat de l’Aréopage ou Sénat d'en haut siégeait sur le rocher qui fait face à l’entrée de l’Acropole (1). Le plus souvent pourtant, lorsque auditeurs ou lecteurs ne pouvaient s’y tromper, on disait, par abréviation, le Sénat (•/, flo-Ai;); le Sénat des Cinq-Cents étant bien plus mêlé aux affaires de chaque jour, c’est ordinairement de lui qu’il s’agit quand on emploie, sans autre qualification, le terme de {iouW, (2).

Les attributions de ce conseil étaient assez étendues , assez variées, assez complexes, pour qu'il soit impossible de les énumérer et de les faire comprendre sans entrer dans quelques détails (3).

Dans le plan de Solon, le Sénat se composait de quatre cents membres; chacune des tribus en choisissait cent dans son sein, en les prenant parmi les citoyens qui apparle-

(1) Plularch., Solon, 19, 2. Hcliod., Ælhlopica, 1, 9.

(2) Nous nous servons du mol de sénal pour désigner la pioX-fi alhdnienne, afin de nous conformer à l’usage généralement adopté dans les livres qui traitent de l’histoire grecque; le terme conieil serait peut-être préférable , et fournirait un plus exact équivalent du mot grec, en rappellerait mieux le sens étymologique. Au contraire, le mot sénat, si l’on se reporte à son étymologie , éveille l'idée d’une assemblée de rieillards , d’hommes considérables qui ont passé par les magistratures et qui siègent, pendant la dernière partie de leur vie, dans une sorte de, conseil des Anciens. Ainsi, quand il s’agit de la pou).^ é5 àpeiou Ttipou , l’expression sénat est cerlaincracnl celle qui convient le mieux. Une des raisons qui nous ont décidé à garder au conseil des Cinq-Cents le nom de sénal, c’est le désir de ne pas donner deux noms différents i deux corps que désignait à Athènes le même terme générique de poo).^; or, on ne peut guère songer à retirer à l’Aréopage ce titre de sénat qui lui convient si bien , qui rappelle le vrai caractère et le rôle historique de cette vénérable compagnie.

(3) Sur l'bistoire du sénal athénien, on peut consulter avec fruit une tliése soutenue devant la faculté de Leyde. Elle a pour titre ; Üisputatio litteraria de senatu Atfieniensium , quam... publlco ac solemni examlnt submittit. C. van Osenbruggen. Hagæ Comilum, I83i, in-i», X, Ü6 pages.

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