‹ Essais sur le droit public et privé de la république athénienneChapitre 18 sur 187 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

naicnt aux trois premières classes (1). Après la reforme de Clisthènes, le nombre des sénateurs fut porté à cinq cents, chacune des dix tribus nouvelles n’en désignant plus que cinquante (2). Quand Aristide, après la seconde guerre médique, ouvrit l’accès de l’archontat et de toutes les magistratures aux citoyens de la dernière classe, il en l

fut certainement do mémo pour le Sénat, et tous les Athéniens indifféremment, pourvu qu’ils eussent trente ans révolus, purent entrer dans ce conseil (3). Ce fut bientôt après, sans doute vers le milieu du cinquième siècle, que, pour un certain nombre de magistratures, le tirage au sort se substitua à l’élection proprement dite. Ce nouveau mode de désignation fut, selon toute apparence, appliqué au recrutement du Sénat en même temps qu’à la formation du collège des archontes. Ce qui est sûr, c’est qu’au temps de la guerre du Péloponèse, il suflisait, pour être sénateur, d’avoir l’âge requis, de donner son nom au ma- ^

gistrat, et de tirer de l’urne une fève blanche (i). 11 fallait seulement, avant d’entrer en charge, subir l’espèce d’examen préalable que nous appellerons, faute d’un autre mot, dokimasie (Soxt[/.a'ÿîa), et qui portait sur les antécédents du candidat, sur toute sa vie publique et privée (o). C’était devant le Sénat sortant que s’ouvrait cette enquête. Celui qui succombait dans cette épreuve ou qui mourait dans l’exercice de ses fonctions, était remplacé, sous les mêmes conditions, par le suppléant que le sort avait attaché à

(1) Plutarch., Solon, 19.

(2) Harpocralion , s. v. nputdvei;.

(3) Xénoph., Memorabil., I, 2, 35.

(4) D'où l’expression , cmployi*e dans un sens mdprisanl par le parti o1ig.ircliiquo , de n Sénat de la fève , • flouW, àno xiiapou , ol 4x4 xôapLov pouXtovat. Tliuc., VllI , 65 cl 69.

(5) Lysias, XVI, XXVI. Dèraostli, C. Xear., 3. C. Mid., ill.

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U CONSTITUTION ATHÉNIENNE

chaque place de sénateur, au moment où se dressait la liste (1). On en usait de même pour celui que, dans le courant de l’année, ses collègues venaient à frapper d’un vote d’exclusion, à la suite de quelque acte d’iufidélité ou de prévarication ; en pareil cas , c’étaient des feuilles qui servaient , au lieu de fèves , de cailloux ou de boules , à exprimer les suffrages ; d’où le nom d’èxçuXXoçopi'a donné à cette condamnation (2).

Avant de s’installer, au commencement d’Hékatombéon, dans le Palais du Sénat (^o-Asy-r/ptov) , les sénateurs ( fioy- Ivj-Toû) prêtaient un serment (^oAa’jTixô; ôpxo;), où étaient spécifiés en détail , autant que l’on peut en juger d’après quelques allusions rapides , les services que la république attendait d'eux, les devoirs qu’elle leur imposait et qu’ils acceptaient (3). En retour des engagements contractés , l’Etat accordait, sans doute depuis le temps de Périclès, une paie d’une drachme par jour (i). Cette espèce de solde

(1) Ilarpocr., s. v. ’ErnW/ât. Æschin., C. Clestph., 62.

(2) PoUux, VIII, 18. Harpocrat., 69, 12. Æschin., C. r/marc/i., 111. Il y avait , à cc qu'il semble d'après ce dernier texte, après ce premier scnitin, qui n'avait pas un caractère dèlinilir, un second scrutin où l'un votait, comme dans les tribunaux, au moyen de

11 arrivait parfois qu'entre ces deux votes de censure , le sénateur menacé d'èliminatiun réussît , soit en réfutant des bruits calomnieux , soit à force d'inlrigues, à changer l'opinion de la majorité , à détourner le coup , et à se maintenir en place. Sur l’origine de l’ixçu),- ).oyopi« , il y a dans les Ac^aiî pr,vopix»i , publiées par Bekker , une anecdote qui me paialt très-suspecte {Anecdula grœca, 1. 1, p. 218). Un discours de Dinarque, aujourd’hui perdu, avait pour titre : Kavi IIoXvsùxtto ixçuU.oçopr.bsvTo; iuio TTj; gouîr,; £v8Ei|tî. Denys, t. V, p. 651. Reiske.

(3) Lysias, XXI, 1. Xenoph., ilemor. Socr., 1, 1, 18. Demosth., C. A'emr., 1. C. Timocr., 141. Aristoph., Scholiast. ad Plulum, v. 193.

(4) Hésych., s. v. Boukiî; kay.aïv, dit : To Xayeïv pou).tuTr,v, xai t?,î r.pépac

).aSeîv. C’est là le seul texte qui lixe la quotité de l’indemnité sénatoriale ; mais je ne vois aucune raison de révoquer en doute l'exactitude du renseignement. Un passage de Xénoption {Uelknic., Il, ch. 3, g 48) peut être regardé comme une confirmation indirecte de l'assertion d'Hésychius. Quant au fait de l’indemnité , il n'est pas douteux. Dans le discours contre Timucrate (97), üémoslhènes dit qu’au commencement de l’année « on pré-

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