CHAPITRE III
tème eut partout prévalu (1). Nous ne savons pas s’ils siégeaient tous ensemble, ou s’ils se partageaient en sections dont chacune se réservait un des districts de l’Attique; c’est cette dernière conjecture qui paraît le plus vraisemblable. Sans doute, pour chaque canton, il était indiqué à l’avance quand ces magistrats y arriveraient, et dans laquelle de ses bourgades ils tiendraient leurs séances. Ce qui est certain , c’est qu’ils jugeaient , sans doute en dernier ressort , les contestations dont le sujet ne dépassait pas une valeur de dix drachmes (2). Quand les grammairiens disent que les Quarante renvoyaient aux juges (rapa- Toî; Sux<7rxZç) les litiges où la valeur de l’objet disputé dépassait dix drachmes, il convient d’entendre par là que, dans ce cas, ils remettaient la cause aux magistrats, qui la portaient devant les juges (3). Comme les magistrats ne pouvaient rien décider par eux-mémes , c’était bien en . réalité aux Hèliastes que les Quarante renvoyaient les procès qui excédaient leur compétence ; si les grammairiens ont omis de mentionner ici l’intervention nécessaire du magistrat, c’est que la chose allait de soi , et qu’ils tenaient d’ailleurs à être le plus brefs possible. Supposons un instant que les Quarante aient formé eux-mèmes le tribunal toutes les fois qu’ils avaient été saisis les premiers et qu’ils n’avaient pas le droit de régler le différend par leur propre autorité, la compétence des Archontes nous apparaîtra singulièrement réduite; il aurait suffi, dans cette hypothèse , que le débat eût d’abord été porté devant les Jiiffes
(!) Bekkcr, Anemlola, p. 310, I. 21. llesycliius, s. ï. Tpià*o'<Ta. Deraoslh., C. Timocral., 112. Bekker, Aneciiola, p. 306 , 1. 15.
(2) Bekker, Anecdola, p. 306, I. 15.
(3) Bekker, Anecdola, I, 306, 15. Ilarpoeralion el Suidas ia xarà ôr,p<>u; iixaaTot. Poilus, VIII, lOO.
L’ORGANISATION JÜDICIAIRE.
des dèmes pendant leur tournée, pour que les Archontes se trouvassent par là même mis de côté et dépouillés de leur droit. Il suffit d’énoncer une pareille supposition pour que l’on en sente toute l’invraisemblance. Les Quarante, comme nous l’avons dit , ne jouaient le rôle de magistrats qne pour la répression de certaines attaques contre les personnes qui ressortiraient aujourd’hui de la police correctionnelle.