CHAPITRE III
tères el pour les délits commis à l’armée. 11 est certain pourtant qu’au temps de Lysias il y avait un tribunal spécial qui rappelle notre tribunal de commerce. Pendant l’hiver, quand les tempêtes de l’Euxin, de la mer Egée et de la mer Ionienne retenaient au port marchands et capitaines, ce tribunal jugeait à loisir toutes les contestations qui, pendant la belle saison, avaient pu naître entre négociants faisant le commerce maritime. Pour mettre d’accord Lysias et Démosthènes , supposerons-nous que ce furent bien toujours les Thesmothètes que l’on dût saisir de ce genre d’affaires , mais qu’en vertu d’un principe dont nous avons déjà vu d’autres applications , ils prenaient alors les juges seulement parmi les commerçants, comme, dans d’autres cas , on les prenait seulement parmi les initiés ou parmi les soldats de l’année? C’est là une hypothèse séduisante , mais que malheureusement aucun texte ne confirme. Lysias, qui nous montre le tribunal des Juges maritimes en pleine activité , ne nous indique pas non plus à qui en était dévolue la présidence. 11 y a là des difficultés qu’il sera bien difficile de résoudre tant que l’on n’aura pas trouvé , dans les inscriptions ou ailleurs, quelques nouveaux renseignements.
C’était aussi ce même tribunal qui connaissait de l’accusation (ypaç?i , intentée à l’étranger qui usurpait la qualité de citoyen. Il ne semble pas, au premier abord, qu’il y ait un lien naturel entre les deux catégories d’affaires qui occupaient les Juges maritimes; il est difficile pourtant que ce soit le hasard ou le caprice qui ait déterminé les limites de cette compétence. Voici sans doute la liaison secrète, l’idée qui avait fait porter cette question d’Etat devant ce tribunal spécial : c’était surtout parmi tous ces trafiquants amenés au Pirée par le négoce, qu’il
L’ORGANISATION JUDICIAIRE
devait se trouver plus d’un étranger à qui sa fortune, ses relations et des complicités intéressées inspiraient le désir de s’attribuer la qualité de citoyen et l’espoir d’y réussir sans trop de difficulté. Or qui donc était plus à mémo de contrôler les allégations des parties et de vérifier l’authenticité des pièces citées et des témoignages produits dans le cours du procès, que ceux qui avaient sans cesse à examiner et à terminer des contestations où étaient engagés, tantôt comme acteurs principaux, tantôt comme témoins, des marchands de toutes les nations, des barbares du Pont et de la Chersonèse Taurique, des Phéniciens, des Grecs insulaires, Italiotes, Siciliens?
ATTRIBUTIONS JUDICIAIRES DE l’aSSEMBLÉE.
En résumant le peu de renseignements qui nous sont parvenus sur les Juges des dèmes et sur les Juges maritimes, nous avons achevé l’énumération que nous avions entreprise, nous avons donné une liste complète de tous les tribunaux entre lesquels se partageait, à Athènes, l'honneur et le devoir de rendre la justice à tous les habitants de l’Attique, citoyens et étrangers, vignerons, laboureurs et bûcherons de la campagne, marins et commerçants du Pirée. 11 manquerait pourtant quelque chose à ce tableau, si nous n’y ajoutions quelques traits destinés à indiquer rapidement certaines attributions judiciaires qu’avaient conservées, alors même que la constitution athénienne fut arrivée à son plein développement, l’Assemblée populaire et le Sénat des Cinq-Cents. 11 n’est peut-être pas de