CHAPITRE I
la haute main sur les finances de la république. Au commencement de l’année, il visait les comptes des magistrats de l’année précédente, et il dressait le budget des recettes et des dépenses pour l’année courante (1). Le Sénat athénien jouait ainsi le rôle qui appartient chez nous à une haute commission administrative qui, chaque année, est composée , par un décret spécial , de membres de la Cour des Comptes , du Conseil d’Etat et des assemblées législatives. Cette commission arrête le Journal et le Grand-Livre de la comptabilité générale des finances , rapproche , des écritures passées sur ces livres , les comptes présentés par les ministres ; constate la concordance des résultats et rédige le procès-verbal de ses observations. Le Sénat des Cinq-Cents faisait en même temps le travail dont est chargée la section de notre Conseil d’Etat qui prépare le budget. C’était aussi sous le contrôle du Sénat que se donnaient à bail les domaines publics et le fermage des impôts , que s’adjugeaient les travaux publics , que se vendaient les biens confisqués (2) ; c’était sous ses yeux que se faisaient les paiements; c’était lui qui appliquait la contrainte par corps aux débiteurs de l’Etat quand ceux-ci ne s’étaient pas mis en règle à temps, ou qui recourait contre leurs cautions (3). Les trésoriers d’Athéné et ceux des autres dieux avaient à lui présenter et à lui faire approuver leurs inventaires (4). C’était lui qui ordonnançait les paiements qu’avaient à faire les différentes caisses
(1) Ljsias , XXIV.
(2) C’était le collège des no))r,Tii qui faisait , sous la direction du Sénat , ces ventes et ces adjudications, llarpocrat., s. v. Mevoixiov.
(3) .Andocid. , De myster., 134.
(4) C'est ce dont témoignent les inscriptions. Voyez celle que cite Cœckli , Slaalsaushallunij. Gcilage , 111 (A), {i 7.