‹ Essais sur le droit public et privé de la république athénienneChapitre 27 sur 187 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de ces séances avait ou, tout au moins, devait avoir son caractère particulier, sa destination spéciale (1). « La première était consacrée à confirmer les magistrats dans leurs fonctions , s’ils les remplissaient convenablement , ou à les leur retirer, s’il y avait lieu , à écouter les accusations nommées , à entendre tire la liste des biens confisqués

au profit de l’Etat par suite de condamnations judiciaires, et celle des successions qui s’étaient ouvertes. Dans la seconde, chaque citoyen pouvait apporter toute réclamation d’intérét public ou privé dont il lui plaisait de se faire l’interprète. Dans la troisième, on donnait audience aux hérauts et aux ambassadeurs, qui avaient dû au préalable remettre aux Prytanes les dépêches dont ils étaient porteurs. La quatrième était entièrement consacrée à traiter des objets du culte et des cérémonies religieuses (2). » Telle était la règle générale; mais on devait s’en écarter souvent sous la pression des circonstances; quand il se produisait, à la veille de l’une des quatre assemblées ordinaires, quelque événement imprévu, quelque complication inattendue, jugeait-on indispensable, si l’affaire ne rentrait pas dans la spécialité de la réunion prochaine , de convoquer tout exprès une assemblée extraordinaire? ou, plutôt, après avoir expédié ou renvoyé à la Prytanie suivante tout ce qui était affaires réglementaires , ne profitait-on pas de l’occasion pour discuter et pour trancher, sans plus de retard, la question qui préoccupait les esprits ?

(1) Sur celle lixalion de dates, voir Schœmann, De eomitiis Allienienslum.

(2) Pollux, Vlll, D5, 96. L’dnunidration de Pollux ne parait pas être complète et ne pouvait guère l’ètre. Ainsi, d'après llarpocralion (s. v. xupta sxxXr.ata), et un autre lexique publié à la suite du Pliotius de Porson (p. 672), nous voyons i|ue , dans la première assemblée, on s'occupait aussi de la défense du territoire (rtepl ^uXaxfjî vq; yiipa;).

LA CONSTITUTION ATHÉNIENNE

D’ailleurs, pour qu’il n’y eût pas de surprise, les Prytanes étaient tenus de dresser et d’afBcher, quelques jours à l’avance, le programme de la prochaine réunion (1). Ils n’en étaient pas moins maîtres, en cas d’urgence, de faire, quelques instants avant que le peuple ne montât au Pnyx , des additions à l’ordre du jour ; il leur suffisait d’avoir l’approbation du Sénat , qui se réunissait plus tôt que l’assemblée (2).

PE LA PRÉSIDENCE DE l’aSSEMBLÉE. — LES PRTTANES ET LES PROÊDRES.

Si c’étaient les Prylanes qui préparaient, au nom du Sénat, les travaux de l’assemblée, ce n’était plus eux qui, au temps de Démosthènes, en dirigeaient les délibérations. Pendant tout le cinquième siècle, on le voit et par les auteurs et par les inscriptions qui sont parvenues jusqu’à nous, c’était l’Epistate des Prytanes, celui dont nous avons parlé plus haut, qui présidait le Sénat et l’assemblée (3). Mais, vers le commencement du quatrième siècle, il y eut un changement. Voici comment on peut se l’expliquer. L’instinct démocratique aurait été conduit , nous ne savons par quelles circonstances, à craindre que la section du

(1 ) Si l'on en croit un Icsiquc anonyme , publié par Bekker (A ntedota grotca’, I, p. S96), c’était cinq jours avant l’assemblée que les Prytanes affichaient le programme. Cf. Ulpianum , ad Philip., I, p. 33.

(S) Les objets ainsi introduib sur le programme au dernier moment s’appelaient àvepéypafa. Hyperid., ap. Pollue., VI, H4.

(3) Thuc.,Vl,1i. Anlipli., De CAoreu/fl, 45. Platon , Corg , p. 413, E. Apolog. Sacral., p. 32, A. Xenoph., Ihlltn., 1, 1, 15. SIemor. Sacrai., 1, 1, 18; IV, 4, 2.

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