‹ Essais sur le droit public et privé de la république athénienneChapitre 28 sur 187 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Sénat qui, pendant plus d’un mois, était à la tôle du gouvernement, n’exerçât ainsi temporairement une sorte de dictature; pour obvier à cet inconvénient, chaque fois qu’il devait y avoir séance générale du Sénat ou assemblée du peuple, l’Epistate des Prytanes tirait au sort un sénateur dé chacune des tribus autres que celle qui exerçait la Prytanie, et ces neuf personnes prenaient le titre de Proëdres. Un des Proedres, désigné lui aussi par le sort, devenait YEpislate des Proëdres (o àTriGTotTr; TÔiv ■fcpoe^pMv), et, par là même, \& président du Sénat et celui de Vassemblée, dont ses collègues formaient avec lui le bureau (1). Depuis le moment où les choses furent ainsi réglées.

(1) Sur ccUc organisation dii colidge des Proëdres, le texte capital est celui que nous trouvons dans Pollua , et qu’il a sans doute emprunté à Aristote. 11 convient de le citer en entier : 'Otav ot Ttpuvâvst; vàv 5ijp,ov f, tt)v §ouW,v cjvàYW'jtv , oivo; è£ txàoxT,; çuXï); 7tp6t5pov éva x>.r,pot, piôvTiv tAv Tcputavcôou'Tav àpieC;. Cf. Harpocration , s. v. èTcioTà-ni;; les .\ÉU‘( fvjTopixai (Anecdota grœca, 1 , 241); Suid.as, s. v. «posSpoi, etc., etc. Quant à d’autres Proedres qui auraient été tirés du sein des Prytanes, par la division en cinq décuries des cinquante sénateurs de chaque tribu , il y a tout lieu de croire que c’est là une invention de scoliastes mal informés ; ces commentateurs , pour expliquer des détails qu’ils ne comprenaient pas, ont inventé toute une théorie, qui a passé de là dans certains livres modernes. 11 n’y a daus les auteurs ni dans les inscriptions pas un mot qui confirme l’assertion de l’auteur inconnu du second argument du discours contre Androtion , avec lequel s’accorde le scoliaste d’Escliine {contre Ctésiphon). Toute l’histoire de cette erreur et de cette confusion a été exposée de la manière la plus claire dans une remarquable dissertation à laquelle nous renverrons pour plus de détails. Elle est intitulée Eplertsis queestionis de Proëdris apud Athenienses, GoUingæ, 1843, in -4», 24, et ne porte pas de nom d’auteur; mais elle est de K.-Fr. Hermann. L’homme qui a le plus longtemps et le mieux étudié les antiquités poliliques et judiciaires d’Athènes, G.-F. Schœmann, avait d’abord cru les scoliastes sur parole et admis deux espèces de ProSdres ( De comitiis Atheniemium , 85-90); il a depuis reconnu cette erreur, et il s’est réfuté lui-méme dans son récent ouvrage .sur les antiquités grecques {Griechiseke Alterthümer, t. I , p. 379). Pour tout ce qui est relatif à l’assemblée , aux règlements qui la gouvernaient , à sa compétence , etc. , on n’a qu’à consulter son livre De comllils Atheniensium , Greifswald , 1829, in -8°, XXVi, 392 pages; on y trouvera tous les textes soigneusement réunis; mais l’auteur n’a pas encore acquis la sûreté de critique qui le distinguera plus lard , et il est encore peu familier avec les monuments épigraphiques. Ce premier ouvrage est de 1829, et le second de 1856.

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LA CONSTITÜTION ATHÉNIENKE.

l’Epistate des Prytanes, dépouillé de sa plus haute prérogative, n’eut plus guère d’autre privilège que de garder les clés du trésor et le sceau de l’Etat , de se trouver ainsi , pendant vingt-quatre heures, le chef nominal du gouvernement.

Nous n’avons pas à exposer ici le détail , que l’on trouvera partout, des mesures de police au moyen desquelles, quand était dressé le drapeau qui convoquait le peuple au Pnyx, on coupait court aux longues flâneries du Marché. Il fallait , malgré l’appât' de l’indemnité offerte à tous ceux qui voudraient bien siéger, user de ruse et presque de violence pour obtenir des citoyens qu’ils s’arrachassent à leurs causeries sans fin , et qu’ils se décidassent à monter vers le lieu de la séance; là les attendaient déjà Prytanes et Proëdres, rangés au pied delà tribune (1). Sur le Pnyx, comme au Sénat, c’était par un sacrifice et une solennelle prière que s’ouvrait la réunion. Ensuite , l’Epistate des Proèdres faisait lire par le secrétaire (ypagixaTeui;) le projet de décret rédigé par le Sénat, ou la proposition qu’il permettait de soumettre au peuple (2); il donnait la parole à qui la demandait, il surveillait la discussion, empêchait ou devait empêcher les orateurs de sortir de la question , pouvait leur retirer la parole s’ils refusaient d’obéir à ses

(1) Aristophane , dans la première scène des Arkarniens , nous donne la parodie d’une séance de l’assenihlèe. On y trouve rappelées , ou directement ou par voie d’allusion, toutes ces cérémonies et formalités préliminaires. Sur la manière dont se tenaient ces séances et sur l’ordre qui devait y être suivi, voir aussi les deux discours d'Eschine contre Timarque (21-36) et contre Ctéelphon (2-6). Cf. Dcmoslh., De fats, leg., "0.

(2) Sur ta proclamation du héraut , son invocation aux dieux , et les imprécations qu’il prononçait contre ceux qui chercheraient à tromper le peuple , voir Aristophane ( Thesmophorioi., 295-350); il donne une sorte de parodie de celte proclamation. Il sufhl d’en retrancher certains traits comiques relatifs à Euripide et aux femmes pour avoir, à peu de chose près , la formule oflicielle ; on peut s'en assurer en comparant les vers du poète aux allusions que les orateurs font aux termes de cette proclamation-

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