CHAPITRE I
dition des registres appelés Xv;; lap-/ i/.à Yp*(A[i.aT£îa; ceux-ci répondaient à nos registres de l’état civil , ou plutôt à nos listes électorales (1).
DE l’indemnité accordée AUX CITOYENS QCI SIÉGEAIENT DANS l’assemblée OU DANS LES TRIBUNAUX.
Une exacte vérification était d’autant plus nécessaire, que la question politique se compliquait ici d’une question financière : ce n’était pas seulement l’ambition, mais aussi lïntérêt qui pouvait conduire à usurper la qualité de citoyen, et à tenter de pénétrer indûment dans les rangs de l’assemblée. On sait, en effet, que, vers le milieu du cinquième siècle, l’Etat commença à indemniser les citoyens qui prenaient part aux travaux de l’assemblée et ceux qui siégeaient comme juges. La paie de l’assemblée (to èxxT.vioiacTixôv ) et celle des tribunaux (to 5ua<7xixo'v , tô in^tauTixôv) paraissent avoir été d’abord , pour chaque citoyen , d’une obole par séance, puis avoir été, bientôt après, portées à trois oboles (2); c’est à ce dernier taux qu’elle se serait
(1) PoDux, \T11, 104. C'est à Schœmann {Griechiiche AUerIhümer, 1 , 383) qu’ap-
partient celte ingénieuse conjecture ; elle s’appuie sur ce mot de Pollux : Toù; éx*).T,aii- (ovTot; éliiTodlov. Ces lexiarques étant chargés, d’après ce même passage, de tenir au courant le Xr,$toipy ixôv , il était naturel que , pour remplir d’une manière
satisfaisante la mission qui leur était confiée et pour éviter les erreurs, ils eussent sous la main et pussent feuilleter, avec l’aide des trente assesseurs qu’ils s’adjoignaient , le livre qui contenait les noms de tous les citoyens majeurs. La première des gloses que donne Suidas, s, v. Xr,Çiapyixôv ypaiipireiov indiquerait aussi que ces registres étaient apportés sur le Pnyx. « C’est en se servant de ces registres, dit-il (éï éxeivwv twv ypappiiTeMov), que l’on tire au sort les magistrats. »
(2) Il est certain tout au moins pour la paie de l’assemblée ( p.iofià( éxxXr,7iavTtxô; ) qu’elle aurait été d’abord d’une seule obole , et qu’elle aurait été portée à trois peu de temps
U CONSTITUTION ATHÉNIENNE
toujours maintenue depuis lors , pendant la période qui nous occupe , excepté peut-être dans certaines années d’embarras financiers, où le trésor était à court, et ne pouvait suffire aux dépenses ordinaires.
Il n’est point, dans toute la constitution athénienne, de disposition qui ait été plus souvent et plus vivement critiquée que ces indemnités allouées aux citoyens qui venaient occuper leur place à l’assemblée ou dans les tribunaux. Ces objections et ces reproches , je les comprends sous la plume d’un écrivain qui professe des théories plus ou moins franchement aristocratiques. Dans des sociétés comme la société anglaise, où une classe riche , instruite, dévouée à la patrie , habituée au maniement des affaires, se trouve posséder des privilèges héréditaires, il paraît naturel qu’en échange des prérogatives qui lui sont conc.édées, cette classe se charge, à titre gratuit, d’administrer et de gouverner le pays ; n’est-elle pas assez payée de ses peines par le respect dont elle est entourée et par l’exercice même du pouvoir ? Les compensations pécuniaires ne font d’ailleurs pas défaut ; si les membres du parlement anglais ne touchent point de traitement , non plus que les magistrats des comtés, ils savent du moins ménager à leurs fils cadets, à leurs parents, à leurs clients, quelqu’une de ces places où il y a peu de chose à faire et beaucoup à gagner.
avant la représentation des Ecclaiawu$ai d’Aristophane ( v. 300 et SIO) ; or, cette pièce est, selon toute vraisemblance, de 392 (Ollfried Müller, Histoire de la littérature yrecque, ch. 28). Bœckh (Staatsaushaltung, 1. II, ch. 15) croit que Périclès, auquel Aristote attribue d'une manière formelle l'institution de la paie des juges , ne leur aurait d'abord donné qu’une obole , et que Cléon aurait élevé à trois oboles , après la mort de Périclès , l’indemnité judiciaire ; les raisons qn'il allègue pour jusUGer son opinion sont très-plausibles. Ce qui est incontestable , c’est que, pendant tout le cours de la guerre du Péloponèse, les juges recevaient déjà le triobole ; c’est ce dont témoigne Aristophane par de nombreuses allusions {Aves, 1510. Equités, 51, 255. VesjKe, 601, 682, 688, 791, 1116).