‹ Essais sur le droit public et privé de la république athénienneChapitre 37 sur 187 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

chontat fut accessible à tous, et où ce fut le sort qui en recruta les rangs, il perdit la meilleure part de ses attributions. Autrefois , quand les neuf Archontes n’étaient pris que dans l’aristocratie et que celle-ci les choisissait , d’une manière ou d’une autre , parmi scs membres les plus capables, presque toute l’autorité, comme le remarque Thucydide, était concentrée entre les mains de ces magistrats (1). L’institution du Généralat , qui date, selon toute apparence , de Clisthènes , fut un premier démembrement de l’Archontat; plus tard, il enfut opéré d’autres , dont nous ne connaissons pas la date précise. Ce qui est certain , c’est qu’a près le triomphe définitif de la démocratie, les Archontes n’étaient plus guère que des magistrats judiciaires, des juges d’instruction et des présidents de tribunaux. Le pouvoir exécutif avait peu à peu passé tout entier entre les mains de magistrats issus de l’élection , d’hommes que le peuple choisissait et nommait parce qu’ils avaient, ou du moins parce qu’ils étaient censés avoir certaines qualités déjà éprouvées, certaines aptitudes spéciales ; en même temps , la direction générale de la politique appartenait à des citoyens qui jouaient souvent le premier rôle dans la cité sans être revêtus d’aucune des magistratures ordinaires, sans porter d’autre titre que celui A'Orateurs (prlTopeç).

Le commandement de la force armée appartenait aux Stratèges ( orpaTriyoî ) (2) ; il était accompagné de prérogatives importantes, telles que le droit de convoquer, avec le concours des Prytanes, des assemblées extraordinaires , droit que n’avaient pas les Archontes (3) ; c’était aussi les

(2) Aristopli., Aeharn., 1090-1094.

(3) DemosUi., De corona, 38, 73, 75.

LA CONSTITUTION ATHÉNIENNE

Stratèges qui surveillaient les enrôlements après avoir dressé les listes (1), eux encore qui convoquaient et présidaient le tribunal où se jugeaient tous les délits relatifs au service militaire (2). C’était certes là une charge importante ; ce que les Stratèges avaient d'attributions administratives et judiciaires leur donnait prise sur les biens et la réputation de leurs concitoyens ; comme commandants des forces de terre et de mer , la vie des soldats , la fortune et la gloire d’Athènes leur étaient confiées. Or, à ce qu’il semble, on n’était Archonte qu’une fois dans sa vie , pour que chacun eût plus de chances d’obtenir un jour ou l’autre cet honneur ; il fallait que chacun eût son tour ou pût espérer l’avoir. Mais quand il s’agissait des fonctions de Stratège, il n’en allait plus ainsi ; les citoyens qui avaient fait leurs preuves, comme un Périclès , uiî Nicias, un Démoslhènes l’Ancien, un Iphicrate, un Chabrias , un Phocion , étaient presque chaque année nommés par la volonté populaire à l’un des dix postes de généraux qui étaient chaque année à la disposition du peuple. Phocion, entre autres, fut élevé quarante-cinq fois à cette dignité par l’estime de ses concitoyens, si nous en croyons Plutarque (3).

En vertu du môme principe , au-dessus de tous les fonc-

(1) Lys., Pro milite, 15. Cela s’appelait «npaTiwTàî xaTaXéyttv. Les Stratèges juraient, en entrant en fonctions , de ne prendre que ceui qui n’avaient pas encore fait le nombre de campagnes voulu par la loi (toi; àitpitE jtoo; y.atiXÉY^'v). H ne fallait pas qu'ils pussent profiter de leur droit de désignation pour faire tomber le service sur leurs ennemis privés ou publics.

(2) Voir une inscription citée dans Boeckli (Seeurkunden , XIV, az. 20i) ; "Oiru; î'àv xal «! (7x£'J,et; Eioa/OiSai , toi; fiEopiofiETa; iripinX7)pô>'îai Sixautripia et; Sva x»! otaxootou; ttp trxp^zr,Ytü tw èni tà; oopptopto; Vjpnpevù),.. etc.

(3) Phoclo , 8. — Pour le moment de l’année où étaient créés Archontes et Stratèges, pour le jour de leur entrée en fonctions, consulter G.-Fr. Schoemann, üe creandorum magislraluum temporlbus (Oputcula academlea, I, p. 285).

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