LES ASSEMBLÉES. — OU ELLES SE TENAIENT
Les assemblées paraissent s’être tenues d’abord
à Athènes, dans l’endroit qui garda toujours le nom homérique d'Agora , dans la vallée qui se creuse à l’ouest de la citadelle, dans l'espace que laissent entre elles les collines du Musée, de l’Acropole, de l’Aréopage, et celle où l’on cherche ordinairement le Pnyx (2). Centre primitif de la cité naissante, celte vaste place fut ornée d’arbres par Cinion , le vainqueur des Perses ; il y planta ces nobles platanes et peut-être aussi ces gracieux peupliers aux larges feuilles qu’aimaient à chanter les poètes attiques et qui recommencent aujourd’hui à verser dans les rues trop spacieuses de l’Athènes moderne un peu d’ombre et de fraîcheur. Peu à peu , cette place s’entoura de nombreux édi-
(1) Harpocration , s. v. im 6;st£; TiSii'Tait. PoUux, VIII, 105. La majorité cirile était Axée au terme de la dix-huitième année; elle précédait donc de deux ans la majorité politique.
(2) Harpocrat., s. v. Ildv5r,p.o; ’A^podirni. Dans la langue épique, àyofi désigne l’assemblée populaire, cette assemblée presque toujours silencieuse et passive , devant laquelle les rois exposent leurs projets et font connaître leurs décisions. Du temps où règne à Athènes la démocratie , c’est le mot èxxXr,';tx qui est usité pour signifier la réunion de tout le peuple ; on n'appelle plus aYopxi que les réunions particulières des membres d’une môme tribu ou d’un môme dème. Æsch. C. Clesiph., 27. Demostli., C. Leochar., 36. Inscriptions, passim : Sr,pioTùv àyof^i.
U CONSTITUTION ATHÉNIENNE
fices ; c’était là que s’ouvraient au public le palais du Sénat (poAs'j-r/îp'.ov) et la plupart des tribunaux ; c’élait là aussi que se trouvaient réunies, comme aujourd’hui dans toutes les villes de l’Orient, les boutiques où s’achetaient les objets de toute sorte nécessaires à la vie ; c’était là que la foule se pressait devant les comptoirs des changeurs et les échoppes des barbiers. L’Agora resta pour Athènes ce qu’était le Forum pour la ville aux sept collines, le rendezvous général, l’endroit où l’on se trouvait sans cesse ramené par la curiosité, par la politique , par les affaires, le point vers lequel affluait toute la vie ; pour tout dire en un mot, ce fut toujours le cœur même de la cité. Mais , à mesure que se développaient le commerce et l’activité d’Athènes , cctt(f place s’encombrait de plus en plus. Il fallait pourtant avoir un espace libre et commode pour ces assemblées, qui devenaient, après chaque victoire du principe démocratique , plus frequentes et plus importantes. C’est à cette fin que fut préparée, avec une simplicité dont on s’étonnait plus tard , une enceinte que l’on appelait le Pnyx , où se tenaient les assemblées ordinaires (1). On a cru longtemps reconnaître l’emplacement du Pnyx sur une colline située à l’ouest de l’Agora , où se voient les traces de grands travaux d’appropriation exécutés à une époque assez reculée ; il y a là toute une estrade taillée dans le roc, avec ses larges degrés où les scribes pouvaient se grouper au pied de l’orateur ; il y a des murs de soutènement construits en appareil polygonal. L’ensemble parait avoir formé une demi-circonférence, dont la convexité était
(1) Pollux, VllI, 132. ’EvexXrj'j{atîov ôl jjiiv èv tî} IIvuxi • TIvûÇ 8è f,v )^(i)ptov Tcpo; àxpoirôXei , xaT6<7xeva'T|i.2vov xatà Tr;v TcaXatàv àTcXoniT* oOx cl; 6eaTpo'j