‹ Essais sur le langage intérieurChapitre 28 sur 33 · HAMON · texte numérisé non relu

HAMON

Tout raisonnement est formé chez moi d'images motrices (mots prononcés) n'éveillant pas la vue des caractères qui leur correspondent, — peut-être vaguement la forme générale du vocable. Toute pensée accompagnée d'attention revêt cette forme ; si le processus est intense je me surprends à articuler réellement certains mots. — Mémoire auditive faible, souvent en défaut ; — pour me rappeler un air je suis obligé de le chanter en moi-même. — Souvenirs visuels développés, avec cette particularité que certains détails ne peuvent être précisés dans un ensemble pourtant très caractérisé. — Mémoire de couleurs.

Associations sensorielles

Des sons (voyelles) prononcées intérieurement évoquent des images visuelles définies (forme des lettres) en même temps que de vagues images colorées que l'attention trouble, et qui ne peuvent être fixées. Ces dernières empruntent quelquefois une figure particulière.

Par ordre d'intensité

Æ : blanc transparent bleuâtre, paysage de glace et de neige. —

TI : blanc, jaune très clair, opaque. — UÙ : vert noirâtre, vert opaque. — © long : rouge foncé. — O bref : jaune vif ou. rouge clair. — Ou :violet foncé transparent ; bleu peu éclairant;

souffle aigre, gris mat. — À bref; rouge cerise. — A long: rouge, brun sale. — At : mauve.

Les sensations entotiques de szfffements aigus, éveillent l’idée de couleurs claires, vives, généralement bleu transparent.

Il se joint aux phénomènes colorés des images d’espaces, de sensations tactiles. en

Les sons aigus sont : éfrotfs, durs, froids.

Z éveille l’idée de sérichon.

Les sons graves : — Se traduisent par ampleur, fluidité, chaleur.

Ou. — Vibrations d’ondes aériennes, baignant le corps et

s'étendant au loin.

Ces sensations sont plus nettes quand elles succèdent à la‘phonation interne, c’est dire qu’elles sont faibles ; — rarement elles atteignent l'intensité nécessaire pour transparaître aux sensations visuelles actuelles. Ces sensations semblent se préciser à l'étude et ne s'étaient pas imposées à l'esprit avant que des lectures faites à ce sujet n'aient développé l’auto-observation ou la suggestion. (D: Jures H1rT2)

Je suis presbyte (n° 15).

Ma mémoire visuelle est bonne: surtout celle des objets; mais l'évocation des personnes est cependant facile.

Pour mieux ressaisir une silhouette, une physionomie, 7e ferme les veux, l’image est plus nette.

Je ne lis pas les mots de mes pensées, je ne les entends pas; je ne puis évoquer le timbre d’une voix connue. Je suis moteur, je prononce mentalement.

Pour une conférence, j'apprends un certain nombre Æ phrases par cœur; il me suffit de les lire plusieurs fois pour les savoir; en prononçant je ne revois pas le texte; l’enchaînement des idée amenant des phrases non apprises exactement auparavant.

Quand je compose une pièce, un article,je me dis à moi-même les premières lignes ; je ne prends la plume, qu’au moment où le travail est amorcé. De temps à autre, je quitte mon bureau, je fais quelques mouvements pour décongestionner le cerveau.

Bonne mémoire musicale; l’air s'associe aux souvenirs des circonstances dans lesquels je les ai entendus; une odeur me rappelle parfaitement un endroit, une heure du jour, sa clarté.

(CosTE-LABAUME)

Autrefois ma vue était excellente, je voyais distinctement à de très grandes distances; depuis un an je constate un début de presbytie légère (une dioptrie environ). |

L'ouïe est moyenne; parfois sous l'influence de malaises digestifs elle se dérange un peu; vers deux ou trois heures du matin je m'éveille; l’acuité auditive est exagérée; j'entends les

moindres bruits ; si les troubles dyspeptiques continuent, l’hyperacousie s’accentue encore ; à tout cela vient s'ajouter parfois un sentiment vague de peur.

J'ai l’odorat particulièrement bien développé; trop développé même pour un médecin légiste; certaines odeurs fades sont insupportables au point de me donner de l’angoisse,

J'ai, je crois, une bonne mémoire visuelle; elle conserve surtout les souvenirs des physionomies; assez bien ceux des tableaux, à peine ceux des paysages.

Tous ne s’éveillent en mon esprit que par la mémoire de la particularité qui m’a frappé. Le cours de mes pensées me conduit-il à mon ami Tarde, je ne prononce pas son nom, mais je vois une mêche rebelle, descendant sur le front, un clignement d’yeux derrière un lorgnon, deux petites moustaches comms des parenthèses, et surtout un petit tic d’épaules, se soulevant et s'abaissant pendant que la tête s'incline à droite à ganche: Voilà mon homme.

La reconstitution des détails conduit à la synthèse ; elle permet d'évoquer le portrait de pied en cap. Je l’aperçois entier : son pardessus sur le bras ou sur l'épaule; je retrouve son allure, sa démarche.

En somme, nous regardons, nous jugeons, nous nous souve— nons, d’après nos préoccupations habituelles; nous voyons professionnellement; ainsi, je vois anthropologiquement, si je puis m'exprimer ainsi; ce qui me frappe c'est la longueur et l’épaisseur du lobule de l'oreille, la forme de la tête, le développement de l’occiput ou du front, la saillie de la mâchoire inférieure.

Parfois des analogies s'imposent; elles me font retrouver dans la physionomie de Monsieur un tel, des traits de criminels que j'ai connus; une impression de laideur morale s’attache à ces traits; cela, parfois a été pour moi une gêne conidérable dans les relations.

En pensant, une image amène chez moi une autre image ou d’autres images; elles émanent toutes d’une première, variable selon le temps et les circontances, les souvenirs visuels, que je puis avoir à une époque donnée. Ainsi l’Académie de médecine fut d'abord pour moi la façade de la rue des Saints-Pères; plus tard elle devint une galerie, à banc de lustrine verte, et garnie

de bustes; enfin elle est maintenant un escalier qui descend au milieu d’une rangée de bancs, d’une foule de pupitres...

J'ai peu de tendances à concréter les notions abstraites; cependant l'infini est un mur auquel fait suite un terrain, puis un autre mur, puis un nouvel espace, et il en est ainsi à perte de vue.

Ma mémoire auditive est moins développée que ma mémoire visuelle ; cependant j'entends bien la véritable voix des personnes auxquelles je pense, fussent-elles éloignées de moi depuis des années. Ma mémoire des airs musicaux est médiocre ; je me satisfais à les entendre intérieurement ; pour l’expression elle est tout à fait rebelle...

J'ai une bonne mémoire littéraire; j'ai su autrefois des volumes de vers ; mon aptitude pour la prose était moindre ; en récitant des vers de Béranger, de Hugo ou de Musset, je voyais non pas les mots, mais la page, et souvent la place qu’ils y occupaient.

Actuellement, je ne retiens bien que ce que j'ai médité ; je retrouve le sens et peu les mots ; apprendre par cœur une conférence à faire serait inutile, impossible.

Pour préparer un cours, je lis les auteurs qui ont traité la question que j’étudie, je consulte mes notes, si je suis seul je fais la conférence #ezza voce où même à haute voix. Au bout d’unehuitaine de jours, le tassement s’est produit, je puis aborder le public. |

Quand, au début de ma. carrière, je m’essayais à acquérir l'habitude de la parole, il me fallait un auditoire. En Algérie, pour préparer l'agrégation, je faisais des cours à mon ordonnance |

Il m'arrive souvent pendant une méditation intense, prolongée de me sentir, — arrivé au bout de ma tâche, — fatigué comme au sortir d’une leçon en public. Je suis assoifé ; la langue me paraît sèche et je crois avoir mal aux mâchoires comme si j'avais tout le temps, parlé.

Je l’ai déjà indiqué : je pense surtout avec des images; cependant j'emploie aussi des mots ; ils jalonnent mes pensées. Ces mots je ne les entends pas ; je ne suis pas pour eux auditif; je ne suis pas davantage visuel ; je retrouve bien par l’imaginaton la place des mots d’un texte appris ou lu soigneusement, mais

on NE

c'est tout; j'articule mentalement, mais sans m’entendre; cela ne sonne pas en dedans.

Dans la conversation je sais les idées que je vais émettre, et un peu la forme que je vais leur donner. Parfois je prévois une méchanceté, une maladresse, une sottise; le plus souvent je m'arrête à temps; quelquefois le visage de mon interlocuteur me prévient que le phénomène d'inhibition a avorté, ou plutôt qu’il s’est produit trop tard. En tout cas, la conception nette et parfaite est le plus souvent simultanée ou consécutive à l’expression. À l'inverse de Montaigne je pourrais dire : « Ce que je peux exprimer, il faut que je le parle tout haut, et que je m’entende extérieurement le prononcer.

En faisant un cours, je suis parfois victime d’un dédoublement de la personnalité assez pénible. Je parle, maïs je sens en moi, un critique qui, à l’intérieur, blâme, censure toutes mes paroles, m'empêche d'aller de l'avant, de m’abandonner comme je le voudrais. Il me fait craindre d’être peu naturel; je crois n'être ni poseur, ni pontif, mais il me reproche d’être trop froid, de ne point ressentir, et partant communiquer, la vivacité, la chaleur, la passion, que je manifeste, dit-on, dans un cercle d'amis. Cette censure intime m’ennuie et me tourmente. Parfois, le critique a disparu; mais, pendant que je parle, mon esprit s'attache à une particularité quelconque, à une physionomie d’auditeur, réveillant des pensées, des coïncidences, oubliées depuis dix ans. Ou bien une futilité, une scène de famille, une lettre insignifiante écrite ou à écrire s'imposent à moi et me persécutent.

Je ne sais rien de plus pénible, de plus agaçant pour qui veut traiter, devant un auditoire d'élèves, d’une question scientifique, que cette dislocation du mécanisme cérébral.

Heureusement il est assez rare ; mais je le redoute fort, et je ne manque jamais de préparer assez exactement l’exorde et la péroraison de mes conférences, tant j'ai peur qu’il ne m’empêche de bien poser les prémisses, ou de tirer de bonnes conclusions; dans le corps du discours, les raisonnements s’entraînent l’un l’autre, et le danger est moins grand; la parole en amène une autre,un raisonnement, un autre raisonnement; en ces moments je suis je crois un peu roumestan, il me suffit çà et là de quelques rares points de repère, notés sur un papier. C’est par

la parole au contraire que je retiens avec précision; c’est par

des souvenirs articulaires que je conserve mon commencement

et ma fin...

Je retiens peu les dates, mal les noms propres (depuis dix . ans), mal les chiffres, et cependant assez bien les adresses (à cause sans doute de l’image visuelle); pour tous ces mots je suis auditif; je n’ai aucune disposition pour les langues étrangères; à

je suis tout le contraire d’un polyglotte.

J'apprenais facilement par cœur autrefois ; je puis encore le faire, en lisant et en marmottant le texte.

J'ai un procédé mnémotechnique bizarre; je retiens un nom par sa lettre initiale, et celle-ci par la place qu’elle occupe dans l'alphabet.

Je retiens mieux ce que j'ai lu que ce que j'ai entendu, à moins que l’audition première n'ait eu lieu dans des conditions particulièrement impressionnantes. En lisant la uit d'octobre, je ne puis m'empêcher de mimer intérieurement, au souvenir de la diction de Delaunay ou de Favart. En même temps je vois leurs gestes, j'entends leurs voix et plus d’une fois l’émotion a été telle, — je sais ces vers par cœur, — qu’au souvenir fortement reproduit de l’audition et de la voix de l'acteur, j'ai éprouvé de l'angoisse, de l'anxiété, je me suis trouvé forcé d’essuyer une larme. ù

Cette sensibilité, tout à coup exquise, se manifeste chez moi, — qui ne suis point mélomane, — aux seuls moments où je deviens brusquement auditif, où j'entends intérieurement résonner, non un son, mais le timbre spécial qui autrefois m'a vivement ému. C’est un coup de gong, qui inopinément retentit : la sensibilité, domine alors la scène. La sensiblerie de certains vieillards n’estelle pas de même origine ?

Mes rêves sont nets, colorés ; je parle rarement; j'ai en rêvant la notion vague que les visions sont irréelles ; que je ne dois pas m'en PrÉORCAPEE outre mesure.

Je n'ai pas eu d’ hallucinations: tout au plus quelques images visuelles ou auditives très fugaces, accompagnées de troubles dyspeptiques

Je suis observateur; j'aime la biologie, la sociologie, la DATES sophie.

Mon instinct musical est rudimentaire; j adore la littérature, les beaux arts. J'ai l’élocution facile.

Eve

Je suis né en 1843; rien à signaler au point de vue de l’hérédité; aucune particularité physique intéressante à consigner. (Professeur LACASSAGNE)

Je suis myope, le numéro de mon lorgnon est 18.

Mon ouïe est bonne; mes sens normaux.

Mes pensées ne s’accompagnent pas naturellement d'images : je pense des idées, elles se succèdent et s’enchaînent sans exiger le souvenir d’une réalité concrète.

En le voulant et par un phénomène d’évocation, j'arrive à voir par l’imagination les personnes, les paysages, les tableaux surtout Mais il faut un effort vrai pour y parvenir. Je ne vois pas spontanément.

Les notions abstraites ne répondent, dans mon esprit, à des images que si je le désire et le cherche; alors l'infini est un ciel immense, où sont jetées à perte de vue les étoiles. Beaucoup d’abstractions restent pour moi des mots,

L’évocation du souvenir d'une chose dite, ne comporte le timbre réel de la voix évoquée que si cette voix est caractéristique, si elle est musicale (ainsi, par exemple, celle de Lacassagne), les autres sont nettes mais ternes, blanches.

Je ne prononce jamais mentalement, je ne lis pas non plus les mots de mes pensées ; il me faut le vouloir pour faire apparaître l’image d’un mot. Je constate parfois chez moi de l’audition verbale.

Pour préparer une conférence, à dire devant un public choisi, j'écris en quatre ou cinq pages un résumé de ce que je dois exposer, puis je condense ce résumé en une demi page, que j emporte avec moi et garde sous les yeux. J'emploie donc le résumé d’un résumé. | |

Autrefois j'apprenais très facilement par cœur ; j'étais auditif; visuel surtout, à coup sûr plus que je ne le suis actuellement ; je n'ai jamais cherché à retenir, en lisant mentalement, ou a voix haute ou basse. | Je me souviens pas de mes rêves; ils sont surtout visuels; (les images sont peu nettes);ils peuvent être auditifs.

J'ai l'esprit analytique, je raisonne par analogie.

J'ai l'instinct musical assez développé ; je retiens surtout par le rythme ; j'ai parfois des réminiscences d’airs que je pense être

er VILONe

composés par moi ; il est telle phrase célèbre de Chopin, dont je

me suis, longtemps cru l’auteur. | Je suis moins dessinateur que musicien: j'aime beaucoup les

beaux arts et la littérature... (Professeur LÉPINE).

. Je me figure assez bien les personnes auxquelles je pense les lieux que j'ai parcourus, maïs je dois faire dans ce cas appel à l’image; elle me vient rarement en même temps que la pénsée ; je dis « mon père, ma mère » sans voir leurs traits ; si je les évoque au contraire, leur image m'arrive très nette.

Cette mémoire baisse en moi (37 ans) depuis trois ou quatre ans; ‘plus je vais, plus facilement je me souviens des choses anciennes ; je puis évoquer des images de lieux visiter dans mon enfance, dans ma prime jeunesse; et l’image m'arrive d'autant plus précise qu’il y a plus longtemps que j’ai vu l’objet, le tableau, l'endroit, la personne évoqués. Bref, plus un souvenir visuel est lointaine, plus il est ancien et plus facilement je le fais revivre.

Les matériaux visuels s'amassent chez moi à mon insu; je suis un observateur inconscient. Ainsi je cause dans la rue avec un ami. Sur l’autre trottoir passe X... je ne le regarde pas, je n’y fais pas attention, je ne le vois pas, et je l’ai tellement bien vu cependant qu’une demi-heure après, je dirai à mon ami : « X... avait un drôle de chapeau, un singulier pantalon, etc. »

Ce sont ces matérianx, acquis inconsciemment et tenus en réserve, qui me permettent d'écrire sans réfléchir (1)...

Je retiens facilement ce que je lis, peu ce que j'entends; j'ai fait toute ma médecine sans assister à un cours ; j’ai pu cependant passer par des concours, mais en apprenant avec des sujets vivants ou morts ou avec dés livres. J'ai eu beaucoup de pains à apprendre l’anatomie, je l’ai oubliée.

J'ai lu deux fois le manuel de physiologie de Küss et Duval, je le sais encore. C’est le mémoire des noms et des chiffres qui me manque.

Ce que je dis me frappe peu; j'ai fait des conférences dans plusieurs villes sur le même sujet, profondément su et étudié, la conférence n’était jamais la même quant à la forme, au plan, à l’arrangement.

(x) Voir page 75 et 76.

ee PIRE

J'apprends pär cœur les vers en les lisant tout haut une fois ou deux, je me souviens plus difficilement de ceux que j'ai faits. Il me faut deux fois plus de temps pour les retenir.

Particularité : Je me sers, pour boire, de gobelets en cristal très épais, comme des verres à bocks; un verre fin je le briserais, — par peur de le briser. (GUILLAUME LIvET).

J'éprouve à un degré très prononcé le phénomène de l’audition colorée, pour les sons musicaux surtout, et aussi pour les sons élémentaires et pour les bruits normaux et pathologiques de l'organisme. Le souffle de la pleurésie est gris; celui de la pneumonie, rouge-brun. Les bruits normaux du cœur sont noir mat, le souffle si particulier de l'insuffisance aortique, quand il est très accusé, est rose-chair. Dès que j’ausculte, en même temps que la sensation auditive, apparaît la sensation colorée qui précède le diagnostic, et aide certainement à le faire.

Le phénomène inverse n'existe pas chez moi. (D° MarraAu)

« Ma vue est normale; mon ouïe bonne, mes organes des sens ne présentent aucune anomalie.

.. Mes pensées s’accompagnent toujours des images visuelles appropriées; — j'ai peu la mémoire des physionomies; — dans la rue je ne reconnaîtrai pas une personne vue longuement la veille ; mais les événements les plus lointains de mon existence m'apparaissent avec une très grande netteté de décors, de paysages, même de sons.

… Je retiens les airs musicaux dès la première audition et ne les oublie pas. Pourtant je n'aime pas la musique. J’aime les instruments primitifs, les chants improvisés et les sonneries...

.. J'entends les mots de mes pensées; ….. j'apprends très difficilement par cœur; j'oublie tout de suite le sujet, jamais les

mots.

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