‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 10 sur 77 · HT LA CONFUSION DES LANGUES · texte numérisé non relu

HT LA CONFUSION DES LANGUES

du Nord, les Foulas du Centre et les Cafres du Sud ne sont point étrangers Tun à Tautre, et que les fils de Gain ont parléoriginairementunmèoielangage.Quant au Haiai, qui avait paru pendant longtemps une langue isolée au milieu de toutes les autres, Ton y a rattaché le javanais et tous les dialectes de la Polynésie et de Farcbipel indien. Enfin, les innombrables dialectes de l'Amérique, qui paraissaient n'avoir aucune liaison entre eux, viennent d'être étudiés, comparés, débrouillés, et l'on n'a plus aucun doute que les tribus qui les parlent descendent de peuplades qui ont émigré du nord et de l'est de l'Asie et pénétré en Amérique par le détroit de Behring.

Dans tous les cas, ce que la science a constaté jusqu'à ce jour, est précisément ce que la Bible enseigne : V qu'il y a eu originairement une langue unique; 2^ que la multiplication des langues a eu pour principale cause une révolution puissante et subite, et qu'elle ne s'est pas opérée uniquement par le progrès naturel du développement de l'esprit humain; 3^ que quand même toute autre trace de l'unité primitive de la race humaine aurait disparu , il resterait toujours constant que des nations dont les tangues, quoique diiïérentes, offrent cependant dans leurs éléments constitutifs tant de points d'analogie et deressemblance, appartiennent toutes aune même famille et ne sauraient être sorties de plusieurs berceaux différents.

IW LA TOOK IHS BAMif.

Pairt-il reHoncer à reCrcHi ver le type de Ja hngoe primitive ? Il est difBoile de se prononcer sor cette question. Ou bien Ton découvrira que la kngne des premîeps hommes élut Thébreu , ce que semblerait indiquer cette circonstance , que presque tous les n<Mns propres de quelque importance , depuis Adam jusqu'à Noé, sont d'origine hébraïque; ou bien^ quand on aura suffisamment analysé et comparé entre eux les trois ou quatre grands groupes auxquels Ton est convenu jusqu'à ce jour de rattacher toutes les langues vivantes et mortes, on reconnaîtra peut^^tre des traits de ressemblance, qui permettront de dure à une souche primitive, d'où partent ces cines princi{>ales ; ou bien enfin, si la confusies survenue en Babel a été tellement fondamentale, qu'dle a déiruit chez les descendants de Noé la forme pri* mitive de la langue qu'ils parlaient , il faudra se ré^ soudre à ignorer toujours la langue parlée par notre premier père dans le paradis. Empressons - nous d'ajouter qu'il en est de la linguistique comme de la géologie : cette science n'est encore qu'à son enfance. Ses recherches, loin d'être terminées, sont à peine commencées. Elle s'occupe de recueillir des n^lériaux que viennent accroître chaque année ^es découvertes des voyageurs, les laborieux travaux des mis^ sionnaires chrétiens. Le moment serait-'il déjà venu de tirer des conclusions de prémisses à peme posées, de faits à peine constatés? Nous ne le penscmspas.Car

ET LA CONPIJ<rON DBS LAN6CRS. lOT

qu'arriv€-t-il k chaque instant? c'est que des lectes que Ton avait crus tout à fait indépendants, et que Ton avait considérés comme appartenant à des peuples qui n'avaient aucun lien avec d'autres , se trouvent pouvoir s'expliquer par des dialectes déjà f)ODnu8, et par eux se rallier à l'une des langues originaires de rhumanité. Soyons donc patients , et en attendant contentons-nous , en bénissant Dieu , des résul (atsdbtenus. Car par qui ont-ils été obtenus ? Par (les hommes de différents pays et de différents siècles; par des hommes dont les uns étaient pieux et les autres ne l'étaient pas ; par des homm^ qui ont suivi cbaoun une voie différente dans les investigations auxquelles ils se sont livrés ; par des hommes enfin qui se sont proposé des buts très -divers, et qui pourtant sont parvenus k un résultat unique : la conviction que , parmi les langues humaines , les grandes familles remontent toutes à une souche commune, et que la diversité des dialectes peut, jnsqu'a un ceilain point , s'expliquer par les difFérences de caractère, de facultés, de climat, de pays et de civilisation.

La question de l'unité de la race humaine est moins compliquée que celle de l'unité primitive de son langage. Et d'abord , nous avons ici les ressemblances fondamentales les plus frappantes, les analogies les phis concluantes. Blancs et noirs , Mongoles et Nègres, Français et Esquimaux, Anglais et Malais,

iÙ6 LA TOUR DE BABBL

Allemands et Hottentots ont incontestablement une même origine, et appartiennent à une même famille. Les traits physiques généraux sont les mêmes ; Torganisation ne diffère pas essentiellement ; les facultés intellectuelles et morales sont analogues ; tous ont une intelligence plus ou moins développée, une sensibilité plus ou moins vive, une conscience plus ou moins délicate. Chez tous Ton retrouve des besoins moraux profonds et identiques ; et , dans les mêmes conditions de culture intellectuelle et d'éducation, ils parviennent au même développement. Il n'est pas sur la terre un être humain qui ne reconnaisse et ne salue avec émotion, dans l'habitant de la partie du globe la plus reculée, son semblable, sou frère, son égal appelé à la même destinée que lui ; et l'œuvre des missions, en amenant au christianisme et à la civilisation les Béchuanas du cap de Bonne*£spérance et les Lapons du Groenland, l'Australien de la Nouvelle-Zélande, et l'Esquimau du nord de l'Amérique, a prouvé que tous ces êtres dégénérés et dégradés ont une âme susceptible de croire , d'espérer, d'aimer, de s'épurer, de s'ennoblir, de se perfectionner sous l'influence régénératrice de l'Evangile et de la grâce. La différence de couleur de la peau, de qualité des cheveux, de conformation du crâne, d'ouverture de l'angle facial s'explique en partie par la différence des climats, des habitudes et de la civilisation. La nature du sol , l'état de l'atmosphère, le degré de la

Page 1