‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 18 sur 77 · FT TAMAR · texte numérisé non relu

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pou van tables crimes avaient été commis (1). Outre les causer nombreuses que l'on pourrait indiquer de la démoralisation qui s'était introduite dans la famille de Jacob , comme , par exemple , la faiblesse naturelle de son caractère, la difficulté pour lui d'élever un si grand nombre d'enfants , les excursions constantes et lointaines de ses fils pour gat:der leurs troupeaux, leurs relations journalières avec les tribus idolâtres et grossières du pays de Canaan , ne pouri*ait-on pas indiquer aussi l'esprit de jalousie de leurs mères, leurs querelles domestiques et toutes ces dissensions intestines qui furent le fruit de la polygamie et du concubinage de leur père Jacob?

Nous nous trouvons donc plus à l'aise pour rendre compte de la conduite de Tamar et des filles de Lot, que nous ne le serions s'il s'agissait de quelque saint personnage de la famille des croyants ; car la première par sa naissance, et les secondes par leur caractère, n'appartiennent pas au peuple de Dieu. Mais fussent-elles croyantes les unes et les autres, il n'est pas difficile, à ce qu'il nous parait, de prouver que leur crime, si odieux qu'il soit en lui-même et aux yeux du Saint des saints, n*a eu pour motif, ni la sensualité, ni le libertinage, mais uniquement la puissance

(1) Voyez entre autres re qui est rapporté Genète XXXIV, XXXV, 22; XXXVII.

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d'un tarrible préjugé qu'elles partageaient avec tons leurs compatriotes et leurs contemporains.

Biforçons-nous ici de sortir de notre siècle et de notre époque , et de nous identifier avec les idées qui avaient cours, avec les usages qui étaient universellement établis chez les peuples de l'Orient, au temps dont nous parlons. Une nombreuse famille était tout à la fois une richesse et une gloire : une richesse, parce qu'elle permettait d'entretenir de nombreux troupeaux et de nombreux domestiques ; une gloire, parce qu'en rendant puissant un chef de tribu, elle augmentait d'autant son crédit et son autorité. Pour une femme demeurer fille , pour une épouse n'avoir point d'enfant, était regardé comme une honte, était envisagé comme un opprobre. L*empire de ce préjugé était tyrannique ; il était uiûversel à l'époque à laquelle se rapportent Jes faits que nous avons à juger; il a duré depuis l'origiiie du monde jusqu'à Jésus-Christ. C'est parce que Sara ne peut supporter la pensée d'être stérile , qu'elle sollicite Abraham de lui donner uu fils par le moyen d^Agar sa servante. C'est parce que Racbel est malheureuse de n'être point mère, qu'elle offre à Jacob sa servante Bilba , et «que Léa , à son exemple , lui donne son esclave Zilpa, afin que les enfants de ces femmes augmentent leur propre famille. C'est parce que c'était pour une femme une véritable disgrâce de ne point enfanter, que, lorsque Rachel fiit devenue

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mère peur la première fois, elle s'écria avec un pro* fond sentiment d'action de grâce : Dieu a été mm oppr€irê{i). C'est parce que Tépouse d'EIkana, la pieuse Aane, n'avait point d'enfants, qu'elle avait le cœur plein d'amertume , et que , montant tous les ans à ^lo , elle pleurait abondamment en la présence de l'Eternel , lui demandant ardemment un fils, dont la saissance vint mettre fin à son inconsolable douleur (2). C'est sous l'empire du môme sentiment, qu'Esaïe parle de l'opprobre du célibat et du veuvage (3). C'est sous l'impression du même ordre d1dées^ que, deux mille ans plus tard que Rachel , Elisabeth , longtemps stérile , mais devenue l'heureuse mère de Jean-Baptiste , s'écriait , dans les mêmes tannes à peu près que son aïeule : Lb Seigiuur a jM k$ yeusf sur mai, pmir dur Vùfprabrê où fêtait parmi les hommê${i).

Ce préjugé est impérieux, avons-nous dit, il est tyrannique. Distinct de la volupté , n'ayant rien de commun avec la sensualité , il peut conduire aux mêmes excès. Au besoin puissant, irrésistible de s'affranchir de la honte qui pesait sur elle, de laisser un nom en mourant, d'avoir une postérité, en un mot, une fille, une femme Israélite pu cananéenne pouvait

(1) Gbh. XXX, 23.

(3) E^AiB LIV» 4, comp. avec IV, 1.

(4) Lue I, 85.

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tout sacrifier, m6me sa pudeur, même son honneur. C'est à ce point de vue qu'il faut juger les filles de Lot. Elles ont vu leurs fiancés périr dans l'embrasement de Sodome ; elles ont été témoins de la catastrophe qui a abimé toute la population des villes de la plaine. Leurs connaissances en géographie ne s'étendent pas loin : pour elles, Sodome et Gomorrhe c'est le monde; un coin de Canaan , c'est l'univers. Les voilà donc seules avec leur père dans une caverne, sans enfants, sans espoir d'en avoir d'un autre que de celui qui leur a donné le jour. Ce remède est extrême ; il leur répugne sans doute ; un combat s'engage probablement chez elles ; elles résistent quelque temps ; mais, à l'idée que leur race va s'éteindre, que leur père, déjà âgé, va mourir sans laisser de progéniture, elles font taire leurs scrupules, elles imposent silence à la nature qui proteste, à la conscience qui se révolte, et le préjugé l'emporte sur toute autre considération. Ecoutez leurs discours ; assistez comme témoins à l'affreuse délibération qu'elles tiennent : « Notre pèro est vieux, et il n'y a personne sur la terre pour venir vers nous, selon la coutume de tous les pays; donnons du vin à notre père, et couchons avec lui , afin que nous conserviofis la race de noire père. Vous l'avez entendu : Conserver la race^ de leur père , c'est là le grand, c'est là le seul motif qui les pousse à agir. Elles sont décidées : et deux fois de suite, de propos délibéré , le crime est consommé. Dans cette épouvantable ré-

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solution, se combinent et s'accumulent les actes les plus coupables : le mensonge, la ruse, l'irrévérence pour leur père , l'ivresse , l'inceste ; allez plus loin encore si vous le voulez, et si vous le pouvez; et pourtant, reconnaissez que, clans cet attentat qui donna naissance à deux nations idolâtres et corrompues (1), il y a tout, excepté la passion du libertinage. Un préjugé fatal est à l'origine de celte œuvre ; seul il l'a dictée et consommée (2).

Le même principe à peu près , mais dans des circonstances différentes, explique l'action de Tamar. Une coutume existait en Canaan (et cette coutume avait force de loi), d'après laquelle le frère d'un homme marié décédé sans enfants devait épouser sa veuve, dans le but unique de susciter lignée à son frère.

(1^ Ge?i. XIX,37, 38.

(2) Nous présentons ici en abrégé les opinions en vogue chez les patriarches et chez !es Hébreux en général , sur la question du mariage et sur la fécondité de l'union conjugale : 1" Une nombreuse famille était envisagée comme un bienfait signalé de la providence de Dieu, et la stérilité était réputée un opprobre ( Gm. XXV, 2; XIJX. 21. Deul. XVIll, 4. 1 .Sam. I. 6,7. Pjt. CXXVII, 3, 5; CXXVIII, 4. Hosée IX, 14. Prov. XVII, 6. Ecclés. VI, 3); 2<» pour une jeune nile demeurer vierge, mourir non mariée et sans fami'.le était le plus grand des malheurs (Gen, XVI, 2-i; XIX, 30-32; XXX, 13. Juges XI , 34. Esate IV, 1 ; XLVII, 9) ; 3° aussi voit-oD souvent des femmes stériles recourir à dt^s filtres ou à des secrets magiques pour se rendre fécondes (6rfn.XXX. 15. 16. Cani. descanl. VU, 14) ; 4° ou même proposer a leurs maris de recevoir leurs servantes dans leur couche nuptiale, pour cm adopter ensuite la postérité (Gen. XVI , 1-3; XXX , 3-18). Ackbrma?in, Archmologia bibliea, p. 188,

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pour nous servir des expressions consacrées (ij. Les enfants nés d'une pareille union n'appartenaient potlit à leur père naturel et légitime, mais au mari défunt ; ils recueillaient sa succession, ils étaient ses héritiers. Cet uss^e était si profondément enraciné dans la société patriarcale « que Moïse , ne pouvant ni ne voulant l'abolir, le transforma en loi positive, sous le titre de Im du Levirat (2). C'est d'après cette loi que Booz épousa Ruth; c'est d'après elle que les Sadifucéens se crurent autorisés à proposer à notre Sauveur la question captieuse qui se trouve rapportée dans les évangiles, au sujet du sort, dans la vie future, d'une femme qui, conformément à la loi mosaïque, serait devenue successivement, dans ce monde, l'épouse de sept frères; c'est d'après cet usage, qui était pour elle une loi, que Tamar se dirige dans sa conduite. Elle avait épousé, en premières noces, Her, fils aine de Juda. Her étant mort d'une mort précpce, qui nous est représentée dans l'Ecriture comme un cbâ« timent de l'Etemel, Onan, son frère, lui succéda, et épousa, malgré lui, mais pour obéir à l'usage reçu, la veuve de Her. Au bout de peu de temps, Onan mourut à son tour, sans enfant, comme son aine ; de sorte que, en vertu de la coutume qui réglait les

(1) Genèse XXXV HI, 8, comp. avec Matth. XXU> 24 ; Marc. XU, 19, et Luc XX, âS.

(2) DBfJVÊit. XXV, &-10. Le«fr«i. de /#vtr, v}eui tnot latin qui signifie /Wrv du mari.

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unions, le troisième tils de Juda, le jeiiile Bcéki» devait être donné pour époux à Taiiiar. Mais» sok que Scéla fât effectivement tr^ jeune, et que son père voulût attendre , pour le marier, qu'il eût atlekit un âge plus mûr; soit que, craignant superstitieusement ou par quelque motif fondé que nous ignorons , qu'il n'eût le même sort que ses deux frères aines , Juda eût pris le parti de ne le point accorder à Tam»r, il engagea celle-ci à aller passer son veuvage dans la maison de son père, lui promettant que, plus tard, Scéla deviendrait son époux. Tamar se rend au désir de son beau^père, et aMend patiemment que Juda lui tienne la promesse qu'il lui a faite. Les années s'écoulent, Scéla grandit; mais rien n'annonce que le père du jeune homme soit disposé à le loi donner en mariage. Supposant alors que son béati«père a, pour hii refuser Scéla, des raisons qu'il hii cache, elle forme le pi'ojet d'obtenir de lui, par la finesse et par la ruse, ce qu'elle n'a pu recevoir par le droit et par la justice. En conséquence, elle quitte la maison de s<m père , dépouille ses habits de vetive , revêt le costume d'une prostituée, et s'en va surprendre Juda dans un cart^efomr, au moment où^ sortant à peine an deoil de sa femme, celui-ci se rendait à Timnath, pour y assister à une fête dcmnée à l'occasion de la tonte des brebis. Elle a pris toutes les précautions pour constater que Têtre auquel elle donnera lé jour est le fruit de son commerce avec Juda; et quand elle

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a obtenu Tobjel de tous ses vœux, elle retourne dans sa maison, et se tient tranquille jusqu'à ce que sa grossesse soit déclarée. Ici encore , il y a mensonge, il y a fraude, il y a prostitution ; mais sans passion, mais sans libertinage. Si Tamar avait été dominée par l'incontinence, que d'occasions n'aurait-elie pas eues de satisfaire ses honteux penchants, et avant son commerce avec Juda, et depuis sa rencontre avec lui? Remarquez, au contraire, que, depuis la mort de son second mari, elle passe le temps de son veuvage retirée, paisible, couverte d'habits de deuil , dans la maison paternelle, jusqu'au moment où elle conçoit le projet d'arracher à Juda, son beau-père, l'enfant qu'elle n'a pu avoir de Scéla, qui lui appartenait comme légitime mari. Faites attention ensuite que, dès qu'elle a fait tomber son beau-père dans le piëge qu'elle lui a tendu , et qu'elle peut croire à la possibilité de devenir mère, elle quitte aussitôt ses habits de femme publique, qu'elle n'a pris que pour un instant ; elle reprend ses vêtements de veuve, rentre dans sa retraite, et s'y tient de nouveau cachée, dans la plus parfaite continence. Ainsi , depuis la mort d'Onan et pendant de longues années, Tamar n'a eu commerce qu'avec un homme, et cet homme, c'est Juda. Elle n'a voulu autre chose que son droit, c'està-dire, un enfant, comme successeur et héritier de son premier mari , et dans la famille de ce dernier. Klle a été prudente, adroite, astucieuse; elle a fait le

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sacrifice de sa chasteté ; mais avec calme , avec réflexion, si Ton peut Ainsi parler, et pour obéir à un sentiment qu'elle considérait comme sacré, à une loi qui était pour elle inviolable. Aussi , quand Juda apprend qu'elle est enceinte, et qu'elle est enceinte de lui, il reconnaît hautement son droit, et rend justice à ses prétentions fondées. Elle est plus juste que moi , dit-il ; ce qu'elle a fait, elle l'a fait parce que je ne Vai point donnée à Scéla mon fils. Ei^ depuis ce moment, ajoute l'écrivain sacré, il ne la connut plus.

Voilà donc Tamar justifiée, à ce qu'il nous semble, de l'accusation d'incontinence. On peut lui reprocher tout, excepté la volupté. Sa retraite, avant et après le piège qu'elle tend à Juda, prouve la pureté de ses mœurs. Une seule fois pendant un long veuvage, elle oublie ce qu'elle se doit à elle-même ; et c'est pour se iaire rendre justice , et c'est pour obtenir la jouissance d'un droit qu'elle envisage comme inviolable et sacré. Ce qui lui a été refusé en Scéla, elle le ravit à Juda; elle joue, en quelque sorte, avec son beau-père , de finesse et de malice , et une coupable adresse la met en possession d'un bien cjue de justes réclamations n'avaient pu lui assurer. Ainsi pensait, ainsi sentait une Cananéenne, au XVIIP siècle de l'ère du monde. Que si l'idée de commettre un inceste avec le père des deux maris auxquels elle a été fiancée ne l'arrête pas dans l'accomplissement de son dessein, n'en soyons pas trop étonnés^ La loi n'avait

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point eticore réglé tes dégrés amqvrels l'uBioâ €i»a« j«fga4e était hâte. N'ottblicms pâs que lacob i^vsâ pour femme deux sœurs issue» du même père et &b kl même mèi%;'que rci)0U8e d'Abraham, Sam, ét^ sa propre sœur, fille de son père (1) ; et qae Gain et Abel ont dû nécessair émeut épouser les 6Ues d*Adam et d'Eve, qui étaient leurâ sœurs* Aux prenners âges du monde , quand la population du gtobe était peu considérablo encore , quand chaque famille , chaque tribu formait une espèce de petit état; quand aucmne réVétatîoQ n'avait encore fixé les idées des hommes sor les inconvénients graves qui pouvaient résulter de mariages dont les conjoints appartenaient à tme même famille , il ne faut pas trop être surpris de la (bnnation de relations de la natute de celles dont nous venons de parler.

Ne terminons pas sans venir au-devant d'une objection que plus d'un lecteur a pu pressentir en lisant cet article et celui qui le précède. Nous avons avancé que, sur la question du mariage et de la sainteté de son institution, la conscience se tait ches tous les hommes que n'éclaire pas la lumière de la révé« lation. C'est ainsi que nous avons cherché à expliquer la polygamie dans la famille des patriarches. Nous avons soutenu aussi que , chez les peuples de

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POriesl, cwtainft prëfn^és sont teHelneiit bnràieiiiiés dans tes esprits^ ni fnroibndéaieiit étÉbRs dàni» les sMBnra , qv'Us acquièrent force de toi , obscurcissent les lumières nalurelles, et s'imposent 'tiotfiHie une nécessité à la conduite de la yie. C^est ainsi que nous avons essayé de jeter quelque jomr sur Tbâstoire des filles de Lot et sur cdle de Tamar . En faudrait^il coodure que tout pécbé d'igùeranoe a droit au pardon , et que lés paleâs sont excusables dans leurs dérèglements, parce qu'ils ont été privésdu flambeau de la férëlation? Nullement. Car, si siur un pbfnt particulier, h polygamie, par exempte, le sentiment intérieur, obscurci ou &ussépar réducatiou, Texeitfple et les préjugés, se tait ou ne proteste qâë Atlble^ làeùt^ il y a nslle autres quêtions sur tee^eltes tt 6é prononce sans équrmque. Ainsi, la coèscieride fiéprouve le mensonge; et appi^ouve la véHté; Condamne l'injustice, et loue la justice ; interdit la vioteiice, et recommande là douceur et là bouté; flétHt le vk^, et rend hommage à la pudeur et à la chasteté. Celui qu'elle ne reprend pas sur un aHiele, elle Faôea^ sur un autre ; et à quelque deg^é de corruptibh mdràle qtt'un homme soit tombé , chez quéli^tie hiiffon dégénérée qu*il sôit né et qu'il ait été élevé, il y a toujours un point quelconque sm^ ieqUel la êon^ science , reprenant tous ses droits , lui fait sentir ses morsures et le trouble intérieurement. Les patriarches ne se reprochaient pas la polygamie ; Tamar a

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pu difficilement s'accuser d'inceste à ses propres yeux ; les filles de Lot se sont peut-être louées de leur prudence ; mais ce que, ni chez les uns, ni chei les autres, la voix intérieure de leur âme n'a pu justifier, ce qu'elle a dû nécessairement condamner, c'est le manque de sincérité , c'est la ruse , c'est la fraude , c'est l'impureté, ce sont tous ces actes sur lesquels leurs pensées les aeeu$atent ou les excusaietu^ comme s'exprime l'apôtre saint Paul. Disons-le donc bien haut, en finissant , afin que personne ne puisse tirer de ce que nous avons dit , une conclusion qui serait contraire à nos intentions : nous croyons et nous enseignons avec l'Ecriture que tous les païens, même les plus dégradés, sont condanmés devant Dieu par la loi de la conscience ; que tous les Juife le sont et par la loi de la conscience et par la loi mosaïque ; et que tous les chrétiens le sont , et par la loi de la conscience, et par la loi de Moïse , et par la loi évangélique (1). Mais nous ajouterons que, sur les divers articles de la morale , la loi de la conscience n'est pas aussi claire ni aussi explicite que la loi mosaïque ; et que la loi mosaïque , à son tour, n'est ni aussi lucide , ni aussi positive que la loi évangélique. A ce sujet encore, nous crayons et nous proclamons avec l'Ecriture que Dieu n'a point d'^[ard à l'appa-

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