ROM. U, 6,7,S
BT TAMAR. 165
rence des personnes ; que ceux qui auront péché sans avoir eu la loi , périront aussi sans être jugés par la Joi; et que tous ceux qui auront péché ayant eu la loi, seront jugés par la loi (1) : voila des principes incontestables, car ils sont chrétiens. Ce qui n'est pas moins clairement révélé, et par conséquent pas moins certain, c'est que Dieu n'est pas un maître sévère qui moissonne où il n'a pas semé (2) ; qu'il ne redemandera pas autant à celui à qui il a peu donné, qu'à celui à qui il a beaucoup donné (3) ; et que le serviteur qui n'a pas connu h volonté de son Maître, et qui a fait des choses dignes de châtiment, sera battu de moins de coups que celui qui a connu cette volonté sainte , et qui , malgré cela , ne l'a pas accomplie (4).
(1) Rom. U, 12.
<â) Luc XIX. 22.
(3) Luc XU« 48,
(4) Ibid. 47, 48.
lA mmecmn m sodomk et la stktm db scl
ipaiaB^, i-ê».
JL1.IBN de plus authentique que le fait de l'embrasement des villes de la plaine. Et d'abord, le récit de Moïse est rendu probable par la nature mèsie du terrain sur lequel ces villes étaient bâties, et qui, considéré sous le point de vue géologique, devait donner lieu, dans le cas d'un incendie^ à l'épouvantable conflagration qui les a renversées. Il est confirmé ensuite par de nombreux témoignages d'historiens profanes, dans les temps anciens ; il a pour lui, enfin, l'état actuel des lieux, le spectacle encore subsistant aujourd'hui d'une contrée se trouvant, quatre mille ans après la catastrophe qui l'a dévastée.
LA DESTRUCTIOFI t>B 9O0<MiK Et lA ftTAtttR DE SEL. 4<Mr
dans la eonéki(m que fek «opposer la iiartafion dtt Uere de la Oenèse.
£td*abord, la vaste plaine où étaient situées les irilles de Sodome, de Goiiiorriie» d'Âdma, de Tsébot m el de Bélah, renfermait des nmes étendues et profondes d'un iMtuine liquide et très-inflaninisJ[>le. C'est ce qu'à une époque où le fen an ciel n'était pas encore descend* sur ces cités ooupaMes et sur leurs <3rnninels habitaals, Tfaîstorien saeréa fait remarquer «a passant, et saM s'arrêter à cette dreonstnnce<lfi aneste très^saportante, car elle sert à expliquer la lUfture particulière du châtiment choisi par le Sc^ gnenr pour punir une race abominable (Ij. Dans cet état de choses, il aura suffi d'une pluie de soufre et de feu (image poétique et scripturaîre de la foudre) (S), pour embraser ce sd, toujours prêt à pren- A* fe« au c<«,tact d'un long et terriWe omge. Une fois rincen Jie allumé, le feu, se communiquant de proche en proche, a entouré comme d'nn cercle de flanmes les maihevreux hidnCants du pays, qni se sont ainsi trouvés dans Timpossibilité de fuir; peu à peu la croûte terrestre de la vallée, qui cachait un marais ou lac souterrain (5), s'est affaissée, a crevé,
(1) «EifÈse XIV. 10.
(2) PS. XI, S. E2ÈCH. XXXVm. G«irÈSB ffll, 16.
(9) f/existeiice de ce lac souterrain s'explique par r^ceulement des eaux du Jourdain, qui, avant Fembrasement de Sodome et de €k>morrhe» se déversaient déjà dans la t^Yaine oA eeS vilMss étuMAt
t68 LA OBSTRUCTION DB SODOMB
et d'opulentes cités se sont abîmées au fond d*une mer qui recouvre aujourd'hui de ses eaux infectes le lieu où elles s'élevaient jad is ( 1 ) .
De nombreux historiens païens viennent, par leur témoignage unanime et concordant, confirmer Tau* thenticité du récit de Moïse. Au premier rang est Diodore de Sicile, qui, dans le livre XIX de ses œuvres, à la suite d'une description du lac Âsphaltite, ajoute : c Le pays aux environs, miné par un feu sou- B terrain, exhale une odeur infecte, qui est cause que 9 les habitants sont maladifs et languissants. » Après lui vient Strabon. Voici ce qu'il dit (livre XVI, page 526, édition de Casaubon) : c Plusieurs indices révè- B lent l'existence d'un feu dans ce pays. Car on vous B montre des roches aiguës et brûlées aux environs B de Moasas ; puis, en beaucoup de lieux, des caver- B nés calcinées, des gouttes de pois distillant des ro- B chers, des fleuves bouillants exhalant une odeur B fétide : toutes choses qui confirment la tradition B des habitants, qui assurent que treize villes popu-
Mties. Gen. XIV, 3. Archœologia satra, p. 23, de Matémartuo, Voyez aussi Calmbt. JHtA, de la BibU, art. Sodome).
(1) Voy. MiCBABLis. Disieriaiio de neUurà et origine Maris mortui. Od l'appelle mer Jforle, parce qu'elle est fatale aux poissons qui n'y sauraient vivre; mer Salée, parce qu'elle est tellement saturée de sel, que, lor^qu'on s'y baigne, le corps se trouve couvert d'une espèce de petite croûte composée de matières salines ; merAtphaiiHe, à cause des exhalaisons bitumineuses qui s'en échappent et de la nature du sol aux environs.
RT IJi STATCB DB SBL. 169
1 leuses existaient jadis, dont la métropole était So- » dôme. S'étaat abîmées par des tremblements de > terre et des feux souterrains qui ont fait jaillir 1 des eaux chaudes et bitumineuses, et allumé les » rochers, ces villes ont formé le lac qui existe au- » jourd'hui. » Tacite, enfin, pour ne pas nommer d'autres écrivains (dans le livre V de ses Histoires, c. 7), a écrit ce qui suit : € Non loin de là, se trouvent B des champs qui, jadis fertiles et couverts de cités 9 populeuses, se sont embrasés par le feu du ciel ; * on voit encore des traces de cet incendie, car le » sol est brûlé et a perdu toute sa fécondité (i). »
Au reste, la mer Morte ou la mer Salée est visitée aujourd'hui encore par de nombreux voyageurs. Tous s'accordent à dire que l'existence de ce lac ne saurait s'expliquer autrement que par la cause que lui assigne Moïse. L'eau en est singulièrement salée, saturée d'alun, et mortelle pour les poissons ; à plu* sieurs lieues à la ronde l'air est tellement chargé d'exhalaisons sulfureuses, que Ton a peine à respirer, et que la végétation est nulle.' En traversant le pays les Arabes se couvrent la bouche avec le pan de leur robe, pour ne point respirer des miasmes
(i) Si Von veut d'autreg témoigntges. Ton pourra consulter : Philoït, de viià Mûris, L.U.iub finem, Baoc ardus, Jhwripîio Ttnm MMm, P. 1, c. 7. Bachibhb, Deâcript, géoffr. dé ia PaUtUnê, 1. 1, part. 1, S 37.
i7d La DBdTRtCTIOtt M 80D0MS
cmpMtés. Ce l†imn^M et d*iiii MpMC higdin« est Aùat là coititiiê un tetilble ficMidiimetit de la YengeMee éiyhfie amée contre le» <^me$ des hommes. La puanteur qu'il exfa^ semble rappeler encore les souiHures odieuses et les abominations sans nom qm ferent commises» jadis, aux fieni ({u'il baigne <le ses eaux infectes.
Le châtiment infligé à la femme de Lot demande quelques éclaircissements. Presse toutes tios versions ont traduit par ces mots le verSet 26 du chapitre XIX de la Genèse : La femme de Loi tegatda derrière 80% ei Me àeeim une Éktlue de $d. Mais ce passage est Susceptible d'une autre interprétation. Il peut trè^-bien signifier : Elle demeura déMml, immcipile^ comme une etMiue de Mi, ou encore : elle fuî edkinée aoee ioMiee les appa-renpee d'une êtaHte de e^{i).En effet, si nous lisons atteniitement le verset 52 du chapitre XVn de saint Luc, nous y terrons que, sekm toute probabSifé, non-«eulement la femme de Lot regarda en arriére ^ niais encore que, regrettant divers objets qu'elle avait laissés à Sodome, elle retourna $ur se$ pae pour les emporter, et que, surprise par Tîncendie, elle fat on étouffée ou calcinée. Bans l'un et Tautre cas, elle
(1) Voy. RoSffifMOLLBR. Sehoiiu fn Genetin ih toeo, Clehicus. îHaértatio de Statua $ùirnû. Il 7 a proprement (hrm te texte : M fni Élahte €ie ml, héliriflsine qni correspond tf&Mi4en à Tiiii ou à rtotre des deux sens que nous avons indiqués.
n LA STAltTB DB SEL. ftl
demeura «Mobile à h place où elle périt; et Mit qu'elle ait été brûiée» soit qu'elle aût ^të SfHtplemeiit as^yxiée, les ^raipeurs et les parties salées et sulAi*' relises s'es^halBiit d« sol, lui ont donné TapparMcê d'wae slatoe de sel. Si l'on n'admet pas que la femme de Lot est rentrée <m a Ciit effort pour rentrer k So-* dôme, dans le butd^yehearcfaer deseffets qui lui étaient précieux et qu'elle Tegrett^, l'extiortation de lésits- ChriMne seeomprend pas. Etlen'ade sens que dans la supposition qae la femme de Lot ne s'est pas bornées retourner la téteduc^té de Sodome, mais est revenue sur sespas, en contradiction formelle avec la défense qu'elle avait reçue du Seigneur. Or, si après s^étre élevée pendant quelque temps, elle s'est rapprodiée ensuite du théâtre <ie l'embrasement, rien de plus facile à expliquer que la manière dont elle a péri : rédeite en cendres ou aspTiyxiée, elle est demeurée immobile, comme une statue de sel, monuihent, eSle aussi, de la justice de Dieu. Cette interprétation n'étant pomt contraire au texte hébreu, qui se prête parfaitement au sens que nous hti donnons, il serrait an «oins tnu4î)e d'admettre que la femme de Lot a été changée en une statue de sel, ou qu'elle est devenue une masse de sel. Tout au plus pourrait-on admettre avec Hess (1), que sur son cadavre calciné se sont
(i) GmKiehiê der Patriafekm, I, 310 et 311.
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amoncelées des parties de sel et de bitume, qui ont formé conmieune espèce de pierre tu malaire naturelle, au lieu où elle tomba morte. Mais nous ne saurions souscrire à Topinion de Michaëlis, qui suppose qu'il est ici question d'un monument que les habitants du pays auraient élevé plus tard à la femme de Lot, en se servant pour cela du sel de Sodome, dont ils auraient formé un tertre au-dessus du lieu où elle périt (1). La phrase hébraïque n'est nullement susceptible de cette interprétation, tandis qu'elle supporte très-bien celle que nous avons avancée. Asphyxiée ou brûlée de manière à présenter toutes les apparences d'une statue de sel, la femme de Lot nous enseigne que nous ne devons pas convoiter les biens de la terre, ni regretter les richesses périssables ; que quand le Seigneur parle il nous faut obéir et marcher là où il nous appelle ; que l'hésitation et le doute équivalent souvent à un relîis et à une désobéissance formelle ; et qu'en flottant entre le désir de se conformer à la volonté de Dieu et le soin de ses intérêts personnels, l'on risque d'être enveloppé dans la ruine des méchants. Sauvenea^^oauê de la frnnme de lot^ a dit notre Seigneur.
(1) De fuUurA el origine Marii mùrM, % xviii.