LES SAGES-FEMMES
cré, y a-t-il rien qui nous oblige à considérer la récompense divine comme ayant été provoquée par le manque de véracité, plus que par Tacte de fidélité de Sciphra et de Puha? Tout ne nous porte-t-il pas plutôt à croire que ce que le Seigneur a approuvé et rétribué en elles, c'est la foi qu'elles ont montrée, c'est le courage dont elles ont fait preuve en refusant d'exécuter l'ordre de Pharaon et en sauvant ainsi le peuple hébreu d'une ruine complète, et non l'adresse qu'elles ont déployée pour échapper aux enquêtes et au jugement d'un tyran cruel. Leur obéissance n'est pas parfaite; leur fidélité est souillée d'une tache; mais le Dieu juste, qui est en même temps le Dieu de œmpassion, a égard à l'intention plutôt qu'à l'œuvre; il apprécie le sentiment qui leur a inspiré une conduite généreuse, plutôt qu'il ne regarde à la faiblesse qui est venue plus tard la déparer ; il rémunère leur foi, mais il pardonne et excuse ce que leur conduite a pu offrir de répréhensible. Et en effet, le mal pourraitil jamais être l'objet d'une complaisance de la part d'un Dieu qui le hait par sa nature, et qui l'a maudit par sa loi? Ace point de vue, Sciphra et Puha auraient été bénies, non parce qu'elles ont été infidèles à la vérité, mais quoiqu'elles ne lui aient pas été complètement fidèles, dans une circonstance où, du reste, inspirées par la foi et la crainte de Dieu, elles avaient tout sacrifié à leur conscience, à leur devoir, et a la volonté du Seigneur.