‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 33 sur 77 · L EPOUX DE SANG. SMS · texte numérisé non relu

L EPOUX DE SANG. SMS

humilies et qu'ils sont rentrés dans Tordre , il cesse d'appesantir sa main sur eux et les relève : telles sont les conséquences pratiques qui découlent du récit bref, mais plein d'intérêt, que nous venons de commenter.

LE PRtTENDl] INLiVIIENT DES VASES D'teTPTE PAR LES HÉBBEDI.

■zoDB m, 11, n;Xl, t,a;Xii«95,9e.

Il n*est peut-être pas, dans tout rAncîen-Testament, d'événement qui ait été ni plus souvent , ni plus sérieusement discuté, depuis les premiers siècles du Christianisme jusqu'à nos jours , que celui qui fait le sujet de cet article. Non-seulement presque tous les Pères de TEglise , les réformateurs , les théologiens modernes y ont appliqué la pénétration de leur esprit et ont employé, à la solution des difficultés qu'il présente, toutes les richesses d'une érudition étendue et variée ; mais on a vu de plus , des jurisconsultes savants, des hommes d'état distingués, des économistes expérimentés, des antiquaires versés dans les

l'rnlévbmbnt des vases d'égtpte etc. 215

sdiëfacés archéologiques , rivaliser de zèle et d'étude pour i^ësbudre le problème ardu qui résulte, pour ïa liièràie individuelle et sociale , de renie vcment 'des richesses égyptiennes par les Israélites. Ces lôilgties et patientes élùctibrations ont été déposée^ dans de voluminèfùi commentaires et dans des dii^S'é^tations spéciales , entreprises dans le but unique dé trouver tme tolûtion ^tisfaiàante de ^eàe question (1). fit îl tetot convenir que, si Ton part de l'idée qu'à leur sortie d'Egypte , lès Israélites ont , sur Tordre de Dieu , rinpruntë aùi habitants dû pays des richeâséis t^onsiilébLbles, quils étaient dans l'intention de he )^as îrendlre, ou seulement qu'ils se sont trodvés ^ans rimpossibilité de he paâ restituer , la "provideVicé di- Vfbe se trouvé àihgulièreinént compromise, par un âbte qui est tduQ la fbis un manque dé vërà'cité et \)b iidëlité , un hiensonge et un vol , î^ôur appeler les ch<^ës par leur nom. iklais toute Terteur est prdvenUe 'dé be que l'on à bâti siir un fondement ttiiâginaire. L'on a regardé cojâmé un fait avéH ce qdi était jiotir le moins prMéhlatiqtîé. L^od à 'pr6i)bsé

(1) Parmi ces dernière noos citerons les suivantes, comme étant les plus importantes :

Ùe /ûriô îtraetitii eus B^plo migraïUibuà frvMfà ïmpattà. à C. A. Hbbbbbgbro. Francf. 1772.

Véber dUden ^gyjdem von den ItraelUen bey ihrer ÀbreUe abge-forderUn Gtrcuhe. Justi. Francf. ad. Men. 1777.

Ueberdie EtUwendung affyptiêehen Eiçenthumif par M. G. F. Daumer. Nurnberg, 1S33.

*2i6 l'bnlévbmbnt ubs vasbs d'bgyptb

des explications ingénieuses , construit des théories savantes, avancé des principes plus^ou moins solides, qui pouvaient avoir de grands mérites, mais qui n'avaient certainement pas celui de s'appliquer an débat en question. L'on s'est travaillé en pure perte pour justifier les Israélites et le Seigneur qui les conduisait , d'un acte que les premiers n'ont point commis , que le second n'avait pas commandé. Au lieu d'examiner le contexte avec quelque attention, et de s'assurer qu'il supportait l'interprétation généralement admise, l'on s'est jeté sans autre examen dans l'argumentation et l'hypothèse ; au lieu de donner à toute cette discussion une base que pussent avouer une saine critique et une solide exégèse, l'on a débuté par dogmatiser et moraliser , c'est-à-dire , en deux mots , que l'on a fini par où l'on aurait dû commencer, et que l'on a négligé presque entièrement le premier devoir du théologien et du chrétien , celui de répondre avant toutes choses à cette question : Qu'est'il écrit dans la loi^ ei qu'y lis^lu (1)?

Or, dans le texte original , il n'est pas dit un mot d'un emprunt que les Israélites auraient fait aux Egyptiens ; mais simplement d'un don qu'ils ont reçu et qui leur fut accordé sur leurs instances. Donc aucun vol n'a eu lieu ; par conséquent, la Providence, qui

(1) Luc X, 26.

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