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TEtemel ayait fait entendre à Moïse en Horeb, lorsqu'il lui avait dit : Et je ferai gue ce peuple trouvera grâce em>er$ les Egyptiens; et c'est là aussi ce que Moïse veut nous apprendre, lorsque par deux fois il répète les mêmes paroles, à peu près, en disant : Et l'Etemel avait fait trouver grâce an peuple devant les Egyptiens^ et même McUse était estimé comme un fort grand homme au pays iEgypte^ tant par les serviteurs de Pharaon que par le peuple (EXode XI, 3. Gomp. XII, 36). Cette expression de faire trouver grâce ne signifie évidemment pas autre chose que concilier la faveur, disposer favorablement quelqu'un^ Vame^ ner peu à peu à accorder ce quon lui demande ^et celle de trouver grâce ne saurait avoir un autre sens que celui de rencontrer un bon accueil auprès de quelqu^un, obtenir deluiV objet de ses vosux (1). Voilà donc une nouvelle présomption en faveur de Topinion que nous avons avancée, que les Israélites ont demandé et non emprunté les objets qu'ils ont emportés d'Egypte, et que les Egyptiens les leur ont donnés et non prêtés. Que l'on réunisse et pèse ces diverses considérations, et que l'on nous dise si, le Seigneur pouvant, par les voies ordinaires de sa providence , faire obtenir aux Hébreux
9 gypte, en leur faisant de$ présenté (dorols). Les uns les leur offri- « rent afin de hâter leur départ ; les autres y furent portés par « une amitié de voisins (geitniakèn tunètheian). « Josèphb , Anti^ quitét, M 14.
(1) RosBUiiULLEB, Comment, in Exoélum^ 111,21.
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oe dont fis âvàietft besoin, il était digne de lui de les engager à commettre un vol. Le vol n'était donc «pas nécessaire ; voyons s'il a réellement été eflectoé.
L'on nous arrêtera peut-être ici, en nous disant : Que faites^vous de6 expressions d'emprunter et de prêter^ qni ^ trouvent dans nos versions, et sortoat, comment entendez-vous cette âédaration si positive: Aifoi vous d^uillerez les Egyptiens; et cette autre : De sorte quits (les Israélites) dépomUèrehi Us Egyptiens ( Exode III, 22 ; XII, 56) ? Quant aux mots d'emprunter et dej>r^ter, nous accordons qu'ils sont dans nos versions françaises et dans d'autres encore ; iBais ce (|ue nous nions, c'est c[u'ils se trouvent dans Tèriginal. Le verbe hébreu schnàl, cpieVon atraduit par emprunter y signifie prOpreinent, dans l'une de ses formes, (le fol), demander comme mie faveur, solliciter comme une grâce ; et, dans une auti*e de ses fbrmes {Vhiphil) consentir à ce qni est réclamé, faire un présent, donner librement et volontairement/C'est ainsi > que l'a entendu Rosenmuller, l'un des pins saTants critiques de l'AncieiWrestament, qui s'est ex|i^ih@en ces termes : « Le verbe s^uaU doit être » pris ici dans son sens propre et accoutumé^ pour » signifier demander ^ solliciter ^ et dans la forme hiphit^ » comme synonime de donner ou d'accorder ce qui est » dema$idé (1). C'est aussi là l'opinion de Kimchî,
(1) Scholia in V. T., part prima, 418.
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qui l'a reodn par son é(}ifrralent t fioifem , drâ^ ner. »
Hàintenâût si, ni dans la position où se trouvaient les Israélites à l'égard des Egyptiens, ni dans le récit de Moïse, rien ne nous oblige à admettre iqn^il y a eu etnprunt de la part des premiers à l'égard des seconds; si tout, au contraire, nous ^igage à voir dans ce fait un don accordé par les seconds mtx premiers qui l'avaient sollicité, il est évident que nous devons chercher dans la proposition, tb dé^ pouittèrmi les EgypHéns^ un autre sens que sa signification propre et particulière. Ici nous sommes heureux de pouvoir encore nous appuyer de Tatitorité du grand critique que nicms avmis cité plus hatit. Nous rapporterons ses propres paroles: 'Le verbe imkmj, dépouiller ^ ne saurait être pris ici dans sa signification propre; car il tépugneliadt au sens et à la vérité de la nai4*sltiôn; mais il signifie plutôt prendre avec sot , ou eMpotîer. Wieh&ëlis l'k paraphrasé ainsi : Vous les placerez' ( ces objets) sur lis épaides de vos fUs et de tes files et véMs les emporterez acec wms hors d^Egypte» Les Hébreux, en efiet, emploient souvent ce verbe et d'autres encore qui ont de l'affinité avec lui, figurément et dans tin bon sens. » Les Israélites dépouillèrent les Egyptiens, dans ce sens que le Seigneur, par sa providence, força ceiix-ci à enrichir son peuple malheureux. Dans le fait, les
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Hébreux se retirèrent en triomphe, emportant les richesses de FEgypte (1).
On le voit donc , il est impossible d'admettre qne, sur Tordre de Dieu, les Israélites aient emprunté des Egyptiens des vases d'or et d'argent , qu'ils étaient décidés à ne pas rendre. Car, dans ce cas, ils eussent commis un vol , et un vol justifié , commandé , en quelque sorte, par la Providence. Les Israélites se sont bornés à demander ces objets ; les Egyptiens, favorablement disposés par le Seigneur, les leur ont donnés de bonne grâce ; et tout, dans les circonstances extérieures où se trouvaient les uns et les autres, explique la prière des premiers et le présent des seconds. Le texte lui-même est favorable à cette interprétation, et l'on a vu que non-seulement il n'y est pas opposé, mais qu'il la commande , en quelque sorte. De cette manière tombent toutes les hypothèses que l'on a élevées sur la base d'un passage mal interprété. Avec l'explication que nous avons donnée, il n'y a plus à justifier ni les Israélites, ni la Providence, puisqu'il n'y a eu, dans le fait des premiers, aucune spolia*
(1) Schoiia^ pars prima, p. 418. Le D' Hbpîgstenbkrg, aussi savant philologue que théologien érudit, nie également que le verbe nalêol puisse signifier ici et ailleurs dépouiller. Il le paraphrase ainsi : se retirer en triomphe chargé de richesses iibremerU et wlonlotremetU ^mcédées. Il affirme également que Tidée d*un «ion de la part des Egyptiens et non d'un emprunt de la part des Hébreux, est la seule fondée en raison grammaticalement et exégétiquemeot (Peniat., 2ier, Band, p. 524).