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de précaution. Leur délicatesse sur ce point allait jusqu'au fanatisme. Ainsi, ils n'égorgeaient que des bœufs rouges, et encore suffisait-il d'un seul poil noir ou blanc pour les rendre impurs. On devait en examiner, avec un soin particulier, la langue et la queue. Quand la victime avait subi cet examen minutieux, on la marquait aux cornes d'un signe spécial ; on lui imprimait le sceau de sa pureté. Immoler un animal non scellé de cette façon, était un crime punissable de mort. V abomination pour les Egyptiens provenait donc, non de ce que les Hé^ breux égorgeaient des bœufs dans leurs sacrifices, mais de ce qu'ils en immolaient de blancs, de noirs, de non scellés, d'impure à leurs yeux (1).
Nous nous arrêterons peu à la cinquième, à la sixième f à la septième et à la huitième plaies. Les épi* zooties, les ulcères, la grêle et les sauterelles sont des fléaux assez fréquents en Egypte , et qui ne revêtent ici de caractère miraculeux que par le degré de leur intensité, leur succession rapide et leur apparition à un moment donné. Mais il ne sera peut-être pas inutile de rendre le lecteur attentif à un détail minime en soi, et en apparence peu important, du récit de l'historien sacré , et qui pourtant n'est pas sans valeur dans la question de l'authenticité du Pen-
(i) HBNGffTBNBBRO, IHe Bûcher JfoKi, etc., p. 115 et suiv.
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tatcaque. Au chapitre IX , versets 31 , 32, on lit ces mots : c Or, 4e lin et Torge avaient été frappés , car » l'orge était en épis, et le lin était en tuyau. Mais le ^ blé et répeautre ne furent point frappés, parce qu'ils ^ étaient cachés. > Ceci, comme on le voit, li'est qu'une parenthèse; c'est une remarque que Moïse iatercale en passant, dans son récit, sans s'y arrêter. Elle prouve cependant deux choses : la première, que Moïse connaissait bien les produits de l'ancienne Egypte; la seconde, qu'il savait parfaitement l'époque de leur récolte. L'épeautre, en effet, servait presque uniquement aux Egyptiens à préparer leur pain [Hérodote II, 36). Le lin était l'une des grandes richesses du pays (voir dans RoseUini II, p. 333, des descriptions de la récolte du lin). Pas un mot sur le riz , parce que le riz n'a jamais été cultivé en Egypte, ou qu'il ne l'a jamais été que partiellement {Sonnini I, p. 251). Quant à l'époque des récoltes, le lin et l'oi^e mûrissent, en Egypte, quand le blé et l'épeautre sont encore verts {Théophraste VIII, 3. Pline XVIII, 17). L'orge se récolte six mois, le blé, sept mois après les semailles. Le lin et l'orge sont ordinairement mûrs en mars, le blé et l'épeautre en avril. Voilà de ces traits qui peignent un historien, et non un poète; qui trahissent un auteur qui a vécu dans le pays oii il écrit, et non un compilateur venu plus tard (1).
(1) Hbngstbnbbkg, Die Bûcher Moiis, etc., p. J21 et suiv.
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0^ PLAiB. Us îénê>n$. ~* Le Mall^àl (1) est up xeoX d^une espèce partkulîère, .^i souffle en Egypte pendant deux ou trots jours de suite, c^tdont VapparUion est aceooipagnée des phénoraèoes les plus extraordinaires : Tair devient lourd, ratmosj^ère suffocante. Le soIqîI prend une couleur jaune«pâle, et, dans ces momente-là, donne moins de lumière encore que la lune ; des tourbillons d'une poussière épaisse achèvent d'obscurcir Tair et d'intercepter le peu de clarté que laissent percer les rayons de Tastre du joMT presque éclipse ; hommes et hètes respirent à peine ; les plantes sèchent, la nature semble s'aUiper. Alors les habitants des viUes s'enferment dans leurs maisons ; ceux du désert se cachent dans leurs tuâtes ou dans des fosses creusées en terre; et là, ils attendent avec anxiété que cette épouvantadMe tempête, qui dure ordinairement trejs jours , ait passé (2). Le comte W. St-Rzewuski, qui a fait une étude particulière du khamsin, a écrit : c Lorsque ce vent souffle, il se répand dans l'atmosphère une teinte jaunâtre , donnant sur le livide ; et dans ses périodes les plus
viol^ites, le soleil devient rouge-fcmcé. Son odeur est infecte et sulfureuse; il est épais et lourd, et
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(1) Dans d'autres pays, on appelle ce vent Sanddi, Somoim, Sirocco.
(S) Voy. Hartman, p. 46 et suiv. Dubois Atmè, p. iiO. SoitNixi. 3* part., p. 35 etsuiv. taNON, 1'* pari., p«âS5.
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lorsqu'il ^ffgmciite ()e chaleur, oa 9»t peès d^ smIo« quer(l) *•
Donc,' entre le l^bandsÎQ et les 4éaç|)r6s d^t mxi^ pax*ler Exode, il y a, coouue on le voit, une analqgJQ frappante. Est*qe à di^e pour C€|la que , dans le piî* rade rapporté par Moïse, il ne feille voir que le pbé* Domèae naturel du khamsin ? Nullement ; le, \f\iaLvmn ne détruit pas phis Févénemeiit surnaturel décrit par Tauteur de TExode, qae la m^nue naturelle du Sinaï n'explique la luaape miraculeuse doot furent nourris les Hébreun au dqsert; que les volées de cailles que l'on aperçoit encore aujourd'hui en Orient ne rendtent superflue rint^rventiqn divine dans Tapparilian de celles qui couvrirent le camp des Israélites; que le vent ^u Nord et la m^Lvée basse ne renversent l'authenticité du récit du passage miracaleux de ta ip^r Rouge. Il y a rapport frappant , analogie incontestable, liaison intime entre ces doux ordres de faits ; les seconds s'appuieiitt sur les premiers, et s'y rattachent; mais ils ne les rendent pas si^perflus. LeSieu de la grâce a concouru ici, comme |>artout , avec le Dieu de la nature ; et ce qui demeure certain, malgré tous les nipprocb^ments que Ton peut étai;4ir,, et les points de ressemblance qu'il est facile de découvrir entre le Êdt naturel et le fait surnaturel . c'est que
(i)'Mineêdêl!Qpim,ï.yi.
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celui-ci a des caractères que n'a pas celui-là ; c'est que la description du premier n'épuise pas toute la réalité du second. Dans le fait surnaturel, il y a extension , amplification , généralisation du fait naturel ; il y a surtout apparition subite , inattendue , exceptionnelle, et pourtant prédite et annoncée : les Egyptiens sont frappés , les Hébreux sont épai^nés ; les ténèbres sont sur toute F Egypte; le soleil le plus pur ne cesse pas d'éclairer la terre de Goscen.
10® ET DERNIÈRE PLAIE. Ld mofl des premiers-né S. — Rien n'oblige à penser que tous les premiers«nés sans exception soient morts subitement. Ce qui semblerait autoriser à faire cette restriction , et à ne prendre le mot tous que dans le sens de la plupart ou de la généralité^ ce sont trois raisons que nous allons soumettre au jugement du lecteur.
Voici la première : Au v. 20 du chap. Vil de l'Exode, il est dit que, dès qu'Âaron eut levé sa verge, toutes les eaux du Nil furent changées en sang ; et au V. 22, il est rapporté que les magiciens firent de même. Il faut donc que quelques bras du Nil ou quelques canaux de l'Egypte i^'eussent pas été atteints par le fléau qui changea les eaux en sang, puisque, s'il n'y avait plus eu que des eaux de sang dans le pays , les magiciens n'auraient eu ni l'occasion ni le moyeu d'imiter l'œuvre de Moïse.
Seconde raison : Au ch. IX, v. 26, Moïse raconte que la grêle frappa et hacha toutes les plantes et tous les
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arbres des champs ; et au ch. X, y. 5, le même historien nous rapporte que les sauterelles broutèrent ce qui était resté dans les champs, c'est-à-dire les plantes et les arbres que la grêle avait épargnés. Donc la grêle n'avait pas tout détruit ; donc le mot tovu^ dans le premier passage, désigne la généralité et non la totaliié du produit des champs. '
Traiêiéme raison : Après avoir annoncé que tous les premiers-nés mourraient (ch.XI, v. 5), Thistorien sacré, voulant compléter son récit, déclare au ch. XII, Y. 30, qu'il n'y avait en Egypte aucune maison où il ne se trouvât un mort. Or il est incontestable , que tonte maison en Egypte ne renfermait pas un premier-né. D'où Ton peut conclure deux choses : l'une, que quelques premiers-nés furent épargnés , ou que les premiers-nés ne furent pas tous frappés ; l'autre, qu'outre les premiers-nés qui furent surtout atteints, il y eut d'autres Egyptiens encore qui périrent (1).
Or, il est à remarquer qu'à la suite du khamsin, sévit ordinairement la peste (2). Rien ne nous interdit donc de supposer que le Seigneur a employé ce moyen pour répandre la mortalité dans l'Egypte ; d'autant plus que nous voyons la mort des premiers-nés suivre immédiatement l'apparition du phénomène
(1) Voy. HBII6STENBEHG, Die Bûcher Motis, etc., p. 126 et 107.
(2) Voy. MiNirroLi, p. 224. Lbgu, p. i4â. Deicriplùm, t. XV, p. 179.
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eitfaordîhàfre, dDnt nous avons Irouté rine analogie (tstns le khatAsin. Mais ce qui conserve à Févétfement rapporté par TExode le seeau incontestable du inifacte, c'est, d'abord, que la peste (si toutefois la peste fiit la cause secôbde de là mortàUté) enleva surtout et presque exclusîvèûienl les premiers-nés des Egyptiens ; c'est , ensuite,' qu*elle respecta tdos les Hèbrem, ^i habilaient le même pays où du ntoins une contrée fimiirophe.
En tenynant la pédactk>ti dès notefi qde Ton vient de lire , nous noûâ empressons de rendre hommage au trav^ du docteur ITengstehberg sur le même sujet. Ce morceaiù, qui se trouve daïis son ouvrage sur hê Iwrcs de Mvîse et F Egypte (1), est plein d'érudiii&ik et rédigé avec la conscience que ce savant théologien met dans tous ses écrits. Nous n'avôiiis guère fait que l'abréger, ou, pour mieux dire , nous l'avons analysé en lui donnant , autant que cela nous a été possible, une forme française. Nous devons beà'ucôai)
aussi à la partie du commentaire de M. Léon de Laborde, qui traite de la même matière (p. 2â-2B).
(1) Il eët intitulé : Die BHehen und Wurtâer in JSgyptm, p. 9S- 129. Le titre général de l'ouvrage est : Die BiUher MùêU w^ jEgypten, Berlin, 1841.
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LÉ i(»ASSÀGË t)Ê LA MÈà RÔUGÉ.
:oDB XIV et XV, i-ll.
CdMll^itçeM pa(r ëtftbflr !« vëHlable fdinl tfe Ib qoèi^tiéti. RëcbéchoHft, «Il léttïdiant le récit de récrivait! Mcté, si la 69)te tloUs ptié^etite lé^s^e de là tuer Rotigèf côftitne «tl fàift iinti/i'el oti comitîe tin érénement laiifâictiletix. Cet eïattfi^ii doit précéder tottte discussion ; càr il e!H; idcodtestaMé qu'avaom de pottTmr apptécïév et juger les différentes soI«tic«is qui oikt été proposées pour rendre dOD^pte du iràfjét du igoifè éù Smt par l'armëe d'ls)riei, il iupoifë àè cotinftltrë le termiti Idstic>rit)tte 6ur hiqttA ûonb tn^pcbdtts. Cette ^éfiïiëre euquèfe uite AMs teMbthiée,