‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 53 sur 77 · ET LES CAILLES. S · texte numérisé non relu

ET LES CAILLES. S

et une nouvelle génération, formée à Técole de Jéhovah, devait lui succéder.

N'oublions pas non plus qu'à leur sortie de Fempire de Pharaon, les Hébreux ne formaient presque plus un corps de nation. Us avaient bien encore leurs chefs de tribus et leurs anciens ; mais leur dispersion sur différents points du royaume, les rudes corvées qu'ils avaient été forcés d'accomplir, la tyrannie sous le poids de laquelle ils avaient été opprimés pendant plus de deux siècles, les avaient empêchés de correspondre ensemble, d'avoir leurs saintes convocations, et de se rappeler les magnifiques promesses qui leur avaient été faites comme descendants d'Abraham. A cet égard , l'on peut dire que toute leur éducation restait à faire, et qu'avant d'attaquer les Cananéens, qu'ils devaient expulser, exproprier et supplanter, il importait qu'ils pussent se présenter à eux comme une nation politiquement oi^^anisée, sagement constituée, solidement afiermie, et marchant sous un gouvernement fort et régulier.

. Enfin, ne perdons pas de vue un but principal pour, lequel le législateur du peuple d'Israël Ait appelé à conduire au désert de Sinaï les fils de Jacob. Le Seigneur avait de grands desseins envers cette nation. Elle devait servir d'enseignement à l'Eglise chrétienne dans tous les âges. Elle était destinée à figurer, dans une suite de vicissitudes et de délivrances

de toutes sortes, l'Eglise de l'économie nouvelle.

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C'était comme une éducation anticipée de la fatnille de Christ , que le Seigneur voulait faire dans la personne des descendants d'Abraham. La foi des fidèles et les retours d'incrédulité auxquels ils sont sujets; la force qu'ils manifestent souvent, et les alternatives de faiblesse auxquels ils sont exposés ; leur reconnaissance quelquefois si vive après un bienfait on un secours inespéré, et la noire ingratitude que peu à peu ils témoignent ; la promptitude de leurs bonnes résolutions et lesdéfections honteuses qui les suivent; leurs victoires par la prière, et leurs défaites dès qu'ils oublient le Seigneur en se confiant en euxmêmes; l'enfant de Dieu contristant si souvent son Père céleste par ses inconstances, ses langueurs, ses désobéissances , et la bonté inépuisable de Dieu , le suivant , le gardant, ne l'oubliant jamais ; l'infidélité de l'homme, en un mot, et la fidélité de Dieu : tel est eu abrégé le tableau que nous ofire le peuple israélite au désert , comme symbole et enseignement du peuple de la nouvelle alliance. C'est là ce qu'il devait être, c'est là ce qu'il devait nous apprendre, suivant cette parole d'un apôtre : c Toutes ces choses leur ar- » rivaient pour servir de figures; et elles sont écrites » pour noùs instruire, nous ipii sommes parvenus aux » derniers temps » (1).

(1) I Cor. X^ 11. Un pieux prédicateul* a traité ca gujét d'une

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Que FoQ réunisse tous les motifs que nous venons d'alléguer, et l'on comprendra pourquoi , au lieu de transporter en quelques journées de marche les Israélites de Goscen en Canaan» Moïse les mena et les retint un an dans la péninsule de Sinaï, et trente-neuf ans au désert qui sépare l'Arabie Pétrée de la Palestine. Si l'on n'admet pas que Moïse, abdiquant ses vues personnelles, obéissait à des ordres supérieurs et avait confiance en un guide suprême , une pareille détermination doit paraître un acte de folie de la part d'un législateur aussi sage et d'un capitaine aussi expérimenté. Mais ce qui,envisagé selon les règles de la sagesse humaine, ne se peut justifier, révèle un plan admirablement conçu, dès que l'on croit que Moïse n'était que l'instrument docile des volontés du Très- Haut.

En effet, tous les voyageurs anci^s et modernes qui ont exploré et décrit la péninsule de Sinaï , s'accordent à la dépeindre comme le plus extraordinaire et le plus tristedes pays. La contrée est montagneuse, aride , coupée par des ravins ., bouleversée par des torrents; on dirait une vaste mer de rocs pétrifiés , une espèce de chaos en miniature. Nulle part des plaines pour camper , des routes spacieuses et

manière édifiante dans une suite de discours intitulés : W^nderw^ gen IsraiU dureh die WUUe, von D^ F. KrummàCHBR.

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