‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 55 sur 77 · LA MANNE · texte numérisé non relu

LA MANNE

quarante ans une population Péninsule réunis ne prodiiï- (le trois millions d'âmes, à sent pas, année commune, une livre par jour pour cha- 500 liv. de manne, c'est-à-dire que individu. de quoi nourrir un homme

pendant six mois.

42^ Elle était une nourri- La manne de Sinaî n*esl lure substantielle. point un aliment ; ou ne rem-

ploie que pour remplacer le miel ou le sucre.

43° £lle ne produisait au- A la longue, elle débilite, cun effet fâcheux sur Tctat de parce qu'elle agit comme déla santé. rivatif.

14'' Il n'est dit d'aucun Is- Un homme qui s'en nourriraélite, qull soit mort pour rait habituellement et excluavoir mangé de la manne. sivement ne tarderait pas à

périr.

On a fait à l'égard des cailles ce que Ton avait tenté pour lamanue. De même que Ton a voulu coofondre le suintement du tarfa avec le pain quotidien des Hébreux, pendant leui' séjour dans le désert; de même, l'on a essayé de détruire le miracle des cailles, en assimilant ce fait à un phénomène assez commun dans différents pays. Il arrive, en effet, souvent que des volées innombrables de cailles, après un long trajet, soit à travers la mer, soit à travers le désert, viennent s'abattre quelque pari, épuisées par la fatigue, ou brisées par l'impétuosité du vent; et rien n'est plus facile alors que de les prendre et d'en faire sa nourriture. Ce phénomène se voit en Norw^e, au /ap de Bonne-Espérance, sur les côtes de l'Espagne, dans les îles de la Grèce, sur les bords de TAsie-Mineure, en Egypte et

ET LBS CAILLES. 297

en Syfie (1)- U y aurait donc de la puérilité à nier des observations incontestables, répétées en plusieurs lieux, et garanties par des témoins nombreux et (dignes de foi. Nous irons plus loin, et nous accorderons que, dans sa sagesse infinie, la Providence a pu se servir d'un moyen naturel pour venir en aide aux Israélites, défaillants faute de nourriture. Mats, si l'on répugne à voir le miracle dans l'apparition des cailles, Ton consentira peut-êtreà le constater dans le temps et dans le mode de leur apparition. Gomment, en effet, sans un miracle. Moïse a-t-il pu, à l'avance, annoncer aux Hébreux que le Seigneur allait richement pourvoir à leurs besoins? Leur aurait-il parlé de cette libéralité du Seigneur comme d'un événement extraordinaire, s'il avait été persuadé que ce n'était qu'un accident; et cet accident entrait-il, pouvait-il entrerdans lecadrede ses prévisions? Quelque considérables que soient les vols de cailles, estil Êicile de se représenter, si l'on n'admet point une action surnaturelle de la Providence, qu'elles ont pu couvrir un camp de huit lieues d'étendue? Y a-t-îl enfin, dans aucune des observations qui ont été recueillies en différents pays, un seul fait qui puisse

(1) BOCHART, Hieroioie, P. lï, I. l,c. 14, p. m. 93.— Josèphk ÂfUiq,, 1. ni, c. I, S 5.— DiODOEE db Sicub, 1. p. 38.— Prosper âlpi- NUS, 1. IV, c. I.— Hasselquist, p. 331-333.— Shaw,j). 167.— Nibbchr, Deteript, arod., p. 176.

198 l» WAKH.»

expli|i|itep i'fffmM mi^Wft^ i'^m mmibœ'^ssta.

cile do fpu^nîr qm le fi^it rapporta <i9n$ rSx4:^e et

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iiaffireUe]^ le§ cailles <)# n)ii:»c)«, aHiil wa^é 4^ Itô convertir pn 9attt^rellff»(9}. Blant lombé piir Ivu^aixi sur un {>9^$9g^ 4ie PqrphyriQ^» h I» S 8>où Mt auteur rapPfKJô qu'une s^ievfïéfi, pe trouvant ^n Âfiît^ (t»m la |)lu^ f ran^p d/é^*e$s0 f9ttt0 icj^ fîfturi^re, ^to 6tt mov^ id*»ne (iesjTOîrtoacpmplèt^ papr Taprtvée iwlûte de uuée^ 4p ^utereHes; ij se Jp^t» 4*e|i cpnpluin qiia c'était p»v un wpyw tout ^eiabl^ffla qm d»n» fe»

les cailles volaient à àeux coudées au-dessus de la terré. Bocha'rt a supposé qu'elles étaient tombées en tas distants entre eux de deux coudées. Le sens adopté par nos versions nous parait le |»lus conforme au texte, en admettant toutefois qu'il était demeuré ici et là ^ejqu^ i^p^ces libres, qi^j pi»rn),^ttai|Qnt de jT^fpff^r les cailfcs ^ap^ l^s écraser.

(9) I^^B. /^UDOLPpu^, Comment, ad toi. ^Jiiçpi0, lil}. I» ch. xiii, n^ 96, p. 172; et Àppendix secunda.

les /Bj^viroDS (le Smwï*

Fpipi*.prQtty/er $oa ««^riioii, yoîci /covunent U airaisqfoi^. Çqjffmejfl çeoîrfi qu<ç des cailles, qui p'^v^m^ foit /(^e tr^y^r^^r )^ petit detroÂt de la wpr Roug0> ou peat-ét^e rpl^ypte, eu$se|it été f^fjguées a« pQif)t i^ie s'aj^altre s^qs forcfS^AR^ le camp de« H41>ne«»? Couipent sup|)os€ir qu'elles sont y^yes ce jeter au milieu d'util camp popuJeMX , e)|«$ qnju sqqt $i tîali<jl^s jdt si craintives de |^ur naMirel? Comment admettre qu'ea se (>osaiit, elles opc pu former /deg pouches de trois pieds <l'épais«eur ? Goioment se représeiQter qu'elles se sont laissé si facilemei|t preodre quand » mèm^ blessées par le .chasseur , elle^ échappent ei Inieiit ayep une grande célérité? Gomment imaginer, enfin, qu'on aun»fl; pu sécher au soleil une telle quantité de viande qui , au bout 4e quelques heures , serait tombée en putréfaction ? Si Ton adn^et, au oontr^ke, que ce ;^nt des sauterelles et non des cailles qui, par deitx fois ont OMvert le camp des Hébreux , le réoît s'explique de lui-même » le fait se simplifie » le miracle disparait. En effet , les nuées de sauterelles arrivent et partent avec le vent ; elles ne craignent poin^ le broit, et ni la fumée ni ragitation d'une grande multitude nelw peuvent effnayer ; les essaims de pes insectes peuvent s'élever jusqu'à cinq cent cinquante mille millions ; les Arabes , les Ethiopiens » les Bédoius les mangent et les trouvent excel)eotes ; qn les

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