‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 56 sur 77 · LA M ANNE · texte numérisé non relu

LA M ANNE

sèche aa soleil avec une grande facilité et beaucoup de succès. Donc les cailles de Moïse ne sont autre chose que des sauterelles ; et sans examiner si le mot hébreu salvim, que Jôsèphe, que les Septante, que le Coran , que tous les interprètes jusqu'à lui ayaient traduit par cailles ^cpxe les analogies de la langue arabe ne permettent pas de i*endre autrement, et que David lui-même (Ps. LXXVIII, 26), interprète par oiseaux ailés, supportait la signification qu'il se plaisait à lui donner, notre savant ne s'est pas laissé arrêter poui^ si peu , et au XVIP siècle , le premier depuis deux mille ans, il a proposé cette étonnante, cette inconcevable nouveauté , qui a été accueOlie après lui, chose plus singulière encore, par plus d'un homme d'esprit et de talent. Mais l'excellent Ludolph, avec toute son érudition, a oublié que les sauterelles ne servent d'aliment qu'aux tribus les plus pauvres ; il ne s'est pas rappelé que, quand celles-ci ont recours à cette sorte de mets, c'est par nécessité et en quelque sorte avec dégoût ; il n'a pas réfléchi que les Hébreux, qui ne faisaient que quitter l'Egypte, où ils avaient eu en abondance pain, poissons, melons, oignons, volailles, potées de viandes (1), ne se seraient pas si feicilement contentés de misérables sauterelles, que même les Bédouins ne mangent qu'à contre-

(i) Exode XVI, 3.

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cceur ; il n'a pas compris enfin , qu'après en avoir goûté une fois , les Israélites n'auraient pas loué ce genre de nourriture, et surtout ne se seraient pas donné la peine d*en faire, des provisions. Mais que voulez-vous ? Ludolph avs^it besoin de rabaisser un miracle jusqu'à un fait naturel, et il a cru qu'une hypothèse ingénieuse suffirait pour cela, c Mais tout » cet échafaudage de preuves» dit M. Léon de La- 9 borde (1), si difficiles à concilier, devient inutile et » tombe dès que l'on admet l'intervention divine. Car » si les sauterelles répondent mieux que les cailles à

> la description d'un événement naturel, elles cessent

> de convenir à l'explication d'un miracle. Le fait ex- » traordinaire ne consiste pas dans le passage de vo- » latilesquelconques, que leurs habitudes voyageuses 9 pouvaient amener naturellement, mais dans un vol

> de cailles si épais, en telle abondance, si positij» vemébt destinées à servir de nourriture aux Israé- » lites, que ces oiseaux timides tombeut autour du » camp, s'entassent les uns sur les autres, se laissent

> prendre par sacs et mesurer par boisseaux; enfin, » contre la manière habituelle de conserver toute » viande, se sèchent au soleil sans s'altérer... Le mi- » racle n'a pas besoin d'un aussi grand appareil de

(1) Comminl, ^iofft.y p. 94.

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i dciènce et de Meberèhes ; fl MfBt de liM lé telte «t i d'y ctàife. i»

Néud ne pouvions pà^ date cette dtecu^sîoii paur d(dSf pMdes l^his âéti6e69 et ^Ms ^^nchlMfted^.

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LOSB XX, 5; XXXIV, 7. «OMBmBt XiV, 18.

loBs flcH«)rsaira» d« la i^ét^Miofl se dôtiV tfè iout temps réc#ië9 cMir^ héd ^léctoratiofi^ de FÈtî^ltifre, qui dénsweeiit te$ cbfttitiiéiit^ dte" l^Btefnd àtft fils éesf failiHes. Ih ont vu, dans lés pàsto^é^* qui renferment hi doctrine de la pmrHiea des fkutes^ de^ |iérês sur les eBfanlis^ ufie artieitife poMéë Miib jki^mjèfes lois dé la justice, et ils en ont coiicHi q«i'ikti \ki^ qui renferme de pareil» enseignements ne tourtiit avoir Dieu poiiraoleur. On n*u pas manque de rëj^todré à cette objection; et, pour la résoudre. Ton a eu recours à plusieurs hypothèses ; mais malheureusement les défenseurs de la pai^ète de Dieu tf'DfiC pas toujours

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