IV. DÉFEUSE d'aPPAÊTEH le chevreau avec liE LAIT DE
SA HÈEE. Cette loi se trouve répétée en trois endroits du Pentateuque : la première. Exode XXIII, 19; la seconde. Exode XXXIV, 26 ; la troisième, Deutér. XIV, 21 ; ce qui semblerait indiquer que le législateur y attachait une certaine importance. Les commentateurs Font envisagé ainsi ; car il est peu de passages qui aient autant que celui-ci exercé leur sagacité et provoqué leurs recherches. S'il faut en croire£oc^r( (1) , Moïse n!aurait eu autre chose en vue, en promulguant cette loi, que d'adoucir les mœurs des Hébreux, enleur interdisant un acte qui ne peut s'accomplir qu'avec une sorte de dureté. Il y avait de la cruauté, pense-t-il,àcuireun agneau ou un chevreau avec le lait produit par la mère qui était destinée à le nourrir. Spencer (2) a vu dans ce passage une allusion à une pratique païenne , qui consistait à immoler après la moisson et à cuire un jeune bouc dans le lait de sa mère, pour arroser ensuite avec ce
(1) Hierox&icim, P. 1, 1. u, c. 52.
(2) De legibuê Mom ritual. P. 1, 1. ii, c. 8, sect 11.
lait, consacré par des rites magiques, les arbres, les champs et les jardins, auxquels ces aspersions étaient censées communiquer une fécondité nonvelle. Le but de Moïse , en faisant cette défense , aurait donc été, d'après Fauteur que nous venons de citer, d'éloigner ses compatriotes de l'imitation des coutumes du paganisme. Mkhaëlts (1) a proposé une interprétation toute différente de celles que nous venons de rappeler. A ses yeux, le cfievreau est le symbole des petits de tous les animaux ; et le lait, c'est du beurre. Selon lui. Moïse aurait défendu de rôtir ou d'apprêter aucune viande avec du beurre, par la raison que^ destinés h habiter le pays de Canaan, célèbre par ses oliviers, les Israélites devaient perdre l'usage égyptien du beurre dans la manière de préparer leurs aliments, et s'accoutumer à celui de l'huile, qui était l'une des richesses de leur future patrie. Dégoûter les Hébreux des coutumes égyptiennes, les empêcher de retourner dans la terre de l'esclavage, les attacher à Canaan, assouplir leur caractère, adoucir leurs mœurs et leur donner en même temps un précepte culinaire, telle aurait été, d'après Michaêlis , le triple but du législateur des Israélites. Luther a traduit d'une manière bien différente le passage qui nous occupe en ce moment. Il
(1) MICHAELIS. Igosaiseheê Rechl, P. IV, p. â05, il4.