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l*a rendu ainsi : Tu ne cuirai pas le chei>reau pendant quil est encore au lait de sa mère (i)^ c'est-à-dire , aussi longtemps qu'il n'est pas sevré. Si cette traduction était admissible» ce qui pourrait être, quoiqu'aucun commentateur à nous connu ne Fait soutenue, elle aplanirait une grande difficulté et confirmerait Topinion de Bochart. Moïse, en s'opposant à ce que Ton égorgeât pour s'en nourrir l'agneau qu'allaitait encore sa mère, n'aurait eu autre chose en vue que d'inculquer à ses compatriotes des principes d'humanité envers les animaux ; à quoi l'on pourrait ajouter qu'il a voulu peut-être en même temps leur interdire de rechercher, par un excès de délicatesse, des mets à la fois peu naturels et peu nourrissants.
V. Animaux purs et impurs. Les animaux purs , ce sont ceux dont Dieu a permis l'usage ; les animaux impurs sont ceux, au contraire, dont il avait défendu à son peuple de manger. La loi qui établit cette distinction et cette interdiction se lit Lévit. XI. Remarquons d'abord que , si Moïse n'a pas été inspiré , il était singulièrement versé, pour^son époque, et dans l'histoire naturelle, et dans la science de l'hygiène ; car les classifications qu'il a établies entre les différentes sortes d'animaux, ont justement été admirées
(1) Vnd ioUU dds Boëckiein nklu kochen, DIBWEIL an «eîmr Mutier MUch Ml.
aigO QUELQUES POINTS PAKTICUUBES
par les plus célèbres naturaKstes, et ses connaissances en hygiène trouveraient difficilement, aujourd'hui même, des contradictenrs parmi les plus habiles médecins. Toutes les viandes, en e£Fet, dont il interdit Tusage aux pébreux , sont ou des viandes trop grasses et trop lourdes , qui surchai^ent inutilement Testomac, et qui, dans un pays comme FOrient, peuvent produire des affections cutanées; ainsi, le cochon et les poissons qui vivent dans Teau bourbeuse ; ou des viandes dures, coriaces et de dif* ficile digestion, comme le cheval , Fane , le chien ; ou des viandes noires et échauffantes, telles que le lièvre, gibier d'ailleurs peu recherché dans les pays chauds (1); ou des oiseaux de proie qui se nourrissent de corps morts, tels que le corbeau et le vautour. Les Hébreux devaient en outre s'abstenir de certaines graisses (2), qui, ne renfermant aucune partie nutritive, auraient eu le double inconvénient d'être indigestes et de favoriser les maladies de la peau ; ils devaient aussi ne pas manger de sang (3) , aûn d'apprendre à respecter le sang des hommes dans celui des bètes, de se détourner des cultes idolâtres , oii
(1) Hassblquist, dans ses Toyages, a remarqaé que les Orieotaux dédaignent la chair du lièvre et laissent parfaitement en paix un animal si persécuté en tant d'autres contrées.
(2) LÉviT. VII. 23 ; llï, il.
(3) U)id. Vil, 25 ; XYII, 10.
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Ton buvait le sang des victimes, et d'éviter dans tous les cas un aliment dangereux, ou tout au moins peu &* vorable à la santé (1). Il en était de même de la défianse de manger des bétes suffoquées, mortes de maladies ou déchirées par d'autres bètes (2). Dans toutes ces prescriptions minutieuses il y avait une sagesse prévoyante , une providence tendre et paternelle , qui veillait aux intérêts d'un peuple enfant et sans ex« périence, à une époque où la science médicale élait presque nulle, et où des imprudences répétées eussent été fatales. Une longue habitude nous a Eût connaître les nourritures saines. Il n'en était pas de même alors. Aussi voyons-nous presque tous les législateurs anciens ne pas dédaigner de prescrire des règles à cet égard. Pourquoi Uoïse n'en aurait-il pas fait de même ? Le législateur du peuple de Dieu devait-il se montrer moins sage ou moins paternel que les législateurs de la Chaldçe ou de l'Egypte? (3) Qui oserait le prétendre?...
Mais il ne faut pas voir seulement dans la distinction des animaux purs et impurs , des règles purement hygiéniques ; la loi avait en outre pour but de concourir, avec les autres parties de la législation, à
(1) Lettres de quelques Juifs allem. et jmlon,, à II. de Voltaire, t. III, lettre v, S 3.
(â) Dbut. XIV, 21. LÉv. X. 40.
(3) Lettres de quelques Juifs, etc., 1. 111, 1. v, $ 1.
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établir une ligne de démarcation tranchée entre Israël et les autres peuples , et à lui rendre impossible toute alliance et tout mélange avec eux. Leur défendre de touchera certains mets, et même aux ustensiles et aux vases où ils avaient reposé (1), c'était empêcher Tlsraélite de s'asseoir à la table des païens, de former des relations avec les nations environnantes, de s'établir au milieu d'elles , de sortir de sa nationalité ; c'était l'isoler, en un mot, du reste de l'univers. Ainsi, les nomades qui environnaient la Palestine assaisonnaient leurs viandes avec le lait et le beurre, ce qui, d'après Michaëlis , n'était pas permis aux Hébreux (2) ; les Phéniciens mangeaient le chien et le porc , animaux défendus par le Lévitique ; les Arabes se nourrissaient du lièvte et du chameau , auxquels les Israé* lites n'osaient pas toucher. Or, toutes les nations du pays de Canaan ou des environs , suivant un régime différent de celui qjui était permis aux Hébreux d'après leur loi, il en résultait que, si ceux-ci traversaient le désert, ce ne pouvait être qu'en courant; que s'ils trafiquaient avec les païens , ce n'était qu'à la hâte et sans s'arrêter; et que, s'ils sortaient de leur pays pour conquérir, il y avait impossibilité pour eux
(1) LÉviT. XI, 32-38.
(2) Voy. plus haut son iuterprétation de la défense, concernant le chevreau cuit dans le lait dé sa mère, p. 388.
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de se fixer longtemps au milieu de peuples , dans le coumierce desquels ils s'exposaient à contracter des souillures légales. Isoler Israël de tous ses voisins, tel était donc l'un des buts de la distinction des ani^ maux purs et impurs. Israël était le peuple choisi, le dépositaire de la pai'ole de Jéhovah, le conservateur des oracles concernant le Messie, et , comme tel , il devait demeurer distinct et séparé des autres peuples y jusqu'à la venue de Celui qui devait être la lumière des nations (1).
Hais ni le besoin de pourvoir par des prescriptions hygiéniques à la conservation de la santé des Hébreux , ni le désir d'empêcher leur mélange avec d'autres peuples , ne suffisent pour expliquer la différence si tranchée et si sévère établie par la loi entre
(1) EsprU de la législ moiaXq.,t. I, p. 327, 328. 11 est des Uié<H logiens qui, dans rinterdictioo de Fusage de certaines viandes, ont voulu voir un autre but que ceux que nous venons d'indiquer, ils ont prétendu que la chair de quelques animaux influe non-seulement sur le tempérament, mais encore sur le caractère, et produit des efifets moraux ; ainsi, le chameau est essentiellement vindicatif, et ils en ont conclu que l'habitude des Arabes de manger la chair de cet animal contribue à les rendre haineux et à nourrir chez eux des désirs de vengeance. Ainsi encore le chien est de sa nature lascif et impudent, et l'habitude des Phéniciens, de s'en faire un aliment a pu entrer pour quelque chose dans l'excitation de leurs penchants voluptueux, liais celte opinion nous a semblé trop problématique pour pouvoir être admise, et surtout pour avoir été pour Moïse un motif déterminant dans la promulgation de sa loi.
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les aaîmaax purs et in^un, et les €Nrd<Myiaiioe8 cdhceraant les impuretés légales , telles que le coDtec^ avec un l^reux, un cadavre, une béte morte, etc. H faut y voir ea outre un bot rdigieux et moral. L.e peuple dlsrael est le peu^ saint, le peuple de Dieu. Tout en lui , par conséquent , doit être déc^At , pur, assorti à la dignité de son caractère, à k sainteté de sa vocation. Or, comme l'idée de ce qui est sale, laid, hideux, repoussant, se lie assez naturellement à celle de l'immoralité , il fallait qu'à cause de cela même les Israélites s'abstinssent de tout ce qui en p(M*lait l'empreinte ou en rappelait le souvenir. Ainsi le porc est un animal immonde, qui se vautre dans la fange, et qui est avec le chien le type de la saleté et de la lubricité ; ainsi le hibou est un oiseau qui fuit la lumière., qui cherche les ténèbres et qui frappe les airs de ses cris lugubres et effrayants ; ainsi une béte déchirée par un animal sauvage rappelle une idée de violence et de destruction; ainsi une plaie, la lèpre, une maladie, un cadavre, sont inséparables de la pensée d'une souillure. Que peut avoir de commun avec toutes ces choses un peuple de sacrificateurs et de rois, qui doit prêcher la sainteté non-seulem<mt par son caractère et par sa vie , mais encore dans tout l'extérieur de son être.Tout en lui, et dans ses vêtements et dans ses habitudes, doit rappeler l'être saint auquel il est consacré. De là la distinction tranchée entre le pur et l'impur , entre ce qui est légal et ce
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qoîest illëgad , entre ce <pii e^ permis et ce qui est sévèrement interdit (i).