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ligion révélée, qui enseigne partout que Tun des plus grands crimes que l'homme puisse commettre est d'honorer le génie du mal ( Lévit. XVII, 7 ) ?
A ces fins de non-recevoir, qui sont graves, le docteur Hengstenberg ne nous parait pas avoir répondu d'une manière aussi satisfaisante que sur le premier point* Comme dans une question aussi ardue, et dans un problème hérisse de tant de difficultés , il nous répugne, pour le moment, d'avoir une opinion arrètée , nous allons nous borner au rôle de simple rapporteur, et résumer en quelques mots la pensée du professeur allemand.
Les deux boucs ne sont aux yeux de Moïse qu'un seul et même sacrifice d'expiation. En e£fet, tous deux sont amenés à la porte du tabernacle et offerts à l'Etemel ; ils lui appartiennent tous deux , par conse-quent. Ce qui prouve encore qu'il y a unité dans cet acte, c'est que le sort est jeté sur les deux boucs. Or, le maître du sort, c'est l'Eternel ; le sort, est toujours, dans l'Ancien-Teslament, la manifestation de la volonté du Seigneur. Donc c'est Jéhovah qui, dans cette cérémonie , juge , décide , prononce en maître souveraid. De plus, les péchés ne sont placés sur la tête du bouc pour Hazazel, que quand ils ont déjà été expiés par le sacrifice du premier bouc consacré à Dieu ; il ne s'agit donc plus de faire propitiationpour eux ; car ils n'existent plus, ils sont pardonnes. Avant qu'Aaron pose ses mains sur la tète du bouc pour
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Harazel» le peuple est réconcilié ayec Jéhovah, et il ne peut plus être question d*apaiser Satan par l'envoi du bouc dans le désert. Car c'est vivant que le bouc est chassé dans la solitude : or, d'après les principes fondam^itaux de TAncien-Testanient sur les sacri* fices y sans effusion de sang, il n'y a pas de propitiation possible pour les péchés.
Ces considérations ne sont pas sans valeur ; et , à dire vrai, l'opinion qui admet qu'Hazazel est une personne , qu'Hazazel est le prince des ténèbres , nous parait de beaucoup préférable aux autres qui ont été proposées. Mais alors, quelle est la signification du rite rapporté dans le chapitre XVI du Lévilique? C'est ici peut-^ètre que l'on trouvera le professeur de Berlin moins heureux que dans ses précédentes conjec* tures. Selon lui , il y a dans la cérémonie religieuse du boucHazazel une accommodation aux idées égyp«tiennes, moins pour les consacrer que pour les combattre. Une tendance polémique est cachée dans un rite enapparence favorable au système du paganisme. Satan est pour les Hébreux comme Typhon pour les Egyptiens, le génie du mal. Mais, pour se garder de Satan , Israël n'a pas besoin , comme les Egyptiens , d'entrer en rapport avec lui par le moyen d'un sacri* fice : c'est avec Jéhovah qu'il doit se réconcilier ; et quand il est en paix avec Jé£ovah, il peut se rire du diable et lui.envoyer au désert un animal chargé de péchés. Aucun hommage proprement n'est rendu à
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Satan, parce qu'il n'a qu'une puissance empruntée, et que la souveraineté ne lui appartient pas. Le désert est son royaume ; c'est là qu'il commande en maître, loin d'Israël, qui vit heureux sous la protection de son Dieu. Israël, racheté, purifié, n'a pas affaire avec Satan, et n'a rien à redouter de sa part. Il lui est permis même de l'insulter et de lui adresser un bouc maudit au fond de son triste et ténébreux empire.
Lecteur chrétien , voilà bien des opinions humaines; mais, au milieu d'elles, où est la pensée divine? Pèse ces diverses considérations, et ne te hâte pas de prendre parti pour l'une ou pour l'autre. La sagesse, comme tu sais , ne consiste pas à tout savoir, mais à consentir souvent à ignorer. Prie donc , cherche , ne conclus pas trop vite , et ne te décide qu'à bon escient.