‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 73 sur 77 · LA VACHE ROUSSE · texte numérisé non relu

LA VACHE ROUSSE

même » pourquoi Eléazar et non Aarqn , avait été chargé de la consommation de ce sacrifice*

Nou& chercherons à donner de ces différentes difficultés les soluti<m8 qui nous ont paru les plus plan* sihles.

l*'^ Point. La raison pour laquelle la victime de purification pour la souillure d'un mort devait être une vache et non pas un bœuf, par excepti(m à la règle générale posée Lévit. lY, 14^ pour tous les sacrifices » se trouve indiquée dans les versets 9 et 17 de notre chapitre : c'est, nous y est- il dit, quelle est picki ( chataath hi), c'est-à-dire, sacrifice pour le péché. Or, en hébreu, le mot péché est du genre féminin ; la victime destinée à l'expier devait être, à cause de cela, du genre féminin. A cette raison l'on pourrait ajouter, avec Spencer, qui n'a fait au reste que reproduire l'opinion émise avant lui par Thomas d'Âquin et par Du voisin, qu'il y avait, dans le choix de la vache au lieu d'un jeune taureau, une tendance polémique et une sffrte de blâme indirect jeté sur le dogme égyptien de la sainteté de la vachCé Immoler une jeune vache, et avec ses cendres purifier les souillures du peuple, c'était tourner en ridicule la croyance de ceux qui attribuaient à cet animal une sorte de divinité, et protester en même temps contre le culte qui lui était rendu. Toutefois, de ces deux raisons , la première, donnée par le texte lui-même, est la principale ; la seconde n'est qu'accessoire ; ou.

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pour mieux dire eiicwe, la seconde se^trouve renfermée dans la prmnière qui est loin de l'exclure.

V Point. Sur la question de savoir pourquoi la vache devait être rouge plutôt que d'une autre couleur, le savant Bochart a confessé sa parfaite ignorance (1). Avant lui les rabbins avaient dit que Salomon lui-même , avec toute sa sagesse , n'aunût pu résoudre cette dîfficulté.Le docteur Hengstenbeiign'a pas cm que la confession du premier et la déclaration des seconds dussent l'arrêter dans ses redierches à cet égard. Selon lui, la couleur rouge, dans le langage symbolique de l'Ecriture, figure le péché ; et il s'appuie, pour le prouver, sur Esaïo I, 18 : c Quand vos

> péchés seraient comme le crumoiiij ils seront bla^

> chis comme la neige , et quand ils seraient nmgts

> comme le vermillon, ils deviendront blancs comme » la laine. » Chez les Egyptiens, la couleur rouge était celle de toutes les victimes. Ainsi que nous l'avons dit ailleurs , il suffisait d'un seul poil noir ou blanc, pour rendre un animal impropre au* sacrifice (2). Le rouge était chez les Egyptiens , ainsi que chez les Hébreux, la couleur du sang et du péché, comme le noir était le signe du deuil, et le blanc le symbole de l'innocence. On pourrait admettre que, quoique tout

(1) Dt vaceà rufà. Hieroxùïeon, 1. 1, 1. ii, c. zxxix, p. 390.

(2) Voy. p. 248. Hérodotb, U, 38. Plutarqub, Eh ItiéU H Onride, p. 363. A. DiODORE VE S1GU.E, 1^ 88.

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à fait indépendants Tun de l'autre , les deux peuples étaient arrivés, sans se concerter, à trouver une analogie entre ces diverses couleurs et les objets qu'elles étaient destinées à représenter. Au reste , un vaste champ est ici ouvert aux conjectures. Car, tandis que Baehr (1) prétend que la couleur rouge qui est celle de Typhon, le satan égyptien, figure les feux du soleil qui dessèchent et consument les plaines fertiles du Nil, Goulianof (2), de son c6té, affirme que le rouge est la couleur du sang , et par conséquent celle de rin^iété.

3^ PoifU. Que penser de l'emploi du cèdre, de l'hysope et du coccus dans le rite purificateur de la vache rfusse? Sur ce sujet les opinions sont, comme sur le précédent, très-partagées. Baahr soutient, mais sans en fournir la preuve, que le coccus est le symbole de la vie, et l'hysope celui de la pureté (Ps. LI, 9) (3). Grotius a vu dans le cèdre l'image de l'orgueil ; dans le coccus, celle du péché; dans l'hysope, la vertu opposée , celle de l'humilité. Si nous en croyons Hengstenberg, le cèdre, qui est le plus haut et le plus magnifique des arbres , symbolise admirablement la majesté divine; l'hysope, au contraire, qui est la plus petite, la plus basse et la plus humble des plantes»

(1) Symbùlik etc.. Il ip. 931^.

(2) Archéologie égyptienne, t. III, p. 89 et suiv.

(3) SymboUk etc., 1, p. 334..

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figure d'une manière frappante la condescendance, rabaissement du Dieu Sauveur, qui s'incline en Christ vers les pécheurs (1 Rois V, 15). Le coccus ou kermès (cramoisi) , petit ver presque imperceptible, représente d'après lui le péc^é (Esaiel, 18) ; et en cela, il est de Favis de Grotius.

V PoifU. Pour comprendre comment et pourquoi l'eau de purification souillait la personne pure qui fonctionnait dans l'acte de purification , il nous faut analyser l'idée chrétienne d'expiation ou de satisfaction. € La satisfaction, dit à ce sujet Hengstenberg, exige deux choses : la pureté originelle de la victime, et l'imputation d'une souillure étrangère, en d'autres termes, une nature sans péché et la culpabilité volontairement acceptée du pécheur. Ces deux conditions se sont trouvées remplies dans le sacrifice expiatoire de celui qui , quoiqu'il n'eût pas connu le péché , a pourtant été traité comme un pécheur, proprement, fait péché à cause de nous et pour nous > (2 Cor. Y, 21) (1). — c L'eau de purification, a dit Pfeiffer, souillait les personnes pures , parce qu'imputativement elle était un moyen d'expiation ou une chose souillée (catharma), préfigurant Christ, qui a été fait malédiction pour nous (cathara) (Gai. III, 13. 2 Cor. V, 21). Et en même temps elle purifiait les personnes souillées,

(i) Die Bûcher MoicU und jBgypicn, p. 186.

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