DEUXIÈME PARTIE
Maintenant que nous sommes fixé sur le véritable caractère des maladies héréditaires , voyons à quelles sortes d'affections morbides appartient ce caractère. Il semblerait , au premier abord , qu'il peut appartenir à la plupart des nombreuses maladies qui affligent l'espèce humaine : cependant , à l'exception de la variole , et , peut-être , de la rougeole , il nous paraît que les maladies , dites chroniques , sont les plus susceptibles d'être transmises par voie de génération , et ? notamment la siphilis , le scrophule y les dartres ? Pépilepsie , la phtisie, l'émo-
phtisie , la manie , la mélancolie , les affections hytsériques et hypocondriaques , la goutte , le rhumatisme , la gravelle et la pierre , l'apoplexie , la paralysie qui en est la suite , les affections squirreuses et cancéreuses , et les maladies organiques du cœur.
Pour répandre plus de jour sur les maladies que nous regardons comme héréditaires , il reste à prouver qu'elles ont les caractères que nous avons reconnus aux dispositions héréditaires , c'est-àdire, que leur cause première, essentielle ou prédisposante , consiste dans un certain état, organique particulier , soit, de l'économie entière , soit , seulement d'un organe ; mais , afin de mettre plus d'ordre dans la discussion de ce point de théorie pratique, examinons d'abord , d'une manière générale, quelles sont les causes de ces maladies.
On peut rapporter toutes les causes de maladies à deux espèces ; les unes qu'on appelle prédisposantes , et les autres que
l'on nomme cfficieiites. On entend par les premières, un certain état organique j inné ou acquis, tel , que si des circonstances particulières viennent à agir pendant que cet état existe , les mouvemens qui avaient • lieu sont troublés , arrêtés ou intervertis , et il s'établit d'autres mouvemens dont la maladie est le résultat. Les causes efficientes , sont précisément ces mêmes circonstances particulières qui favorisent le développement de cet état organique.
Rendons ceci sensible par un exemple :
Un homme qu'un exercice violent a mis en sueur, par cela même qu'il est en sueur j se trouve dans un état organique particulier qui le dispose àla maladie; car, si dans ce moment, il s'expose à l'action de l'air frais, ou qu'il boive de l'eau froide il pourra , aussitôt, être atteint d'une péripneumonie ou d'une inflammation de basventre, ou d'un rhumatisme, etc. Ici l'état de sueur est la cause préd i sposan te , et l'a ction de l'air frais ou de l'eau froide est Ja cause efficiente. Ces deux causes doiven
toujours être réunies, pour qu'il puisse se développer un état maladif. L'une sans l'autre, elles ne sauraient produire aucun effet j de là , nous devons naturellement conclure que , lorsqu'il existe chez un individu , un état organique qui dispose à la maladie , le seul moyen de le garantir du développement de la maladie y c'est d'écarter , avec soin , les circonstances peuvent le favoriser.
Mais, ce qui est assez facile à faire dans les cas où l'état organique qui dispose à la maladie est acquis et souvent éphémère , offre de grandes difficultés , lorsqu'il s'agit d'un état organique inné , qui se prolonge avec la vie ; ici , sans doute , le meilleur moyen de garantir l'individu de la maladie , serait de faire cesser l'état organique qui l'y prédispose 5 nous , verrons , bientôt , quel, parti avantageux on peut tirer de cette double conclusion , par rapport aux maladies héréditaires.
Ce que nous venons d'exposer relati-
vement aux causes des maladies , considérées d'une manière générale , nous conduit naturellement , à examiner ce qu'on doit entendre par disposition organique à la maladie , et si les dispositions organiques héréditaires existent à toutes les époques de la vie , ou si elles ont une existence limitée; et conséquemment, certaines époques fixes ou variables , susceptibles d'être appréciées, durant lesquelles, seulement, ces dispositions existent.
i°. Nous entendons par disposition organique à la maladie , un état particulier de l'économie entière , ou seulement de quelques organes, durant lequel, les fonctions s'exercent de telle manière que , si l'individu vient à se trouver placé au milieu d'un ordre déterminé de circonstances , il se produit aussitôt un état maladif. Dire quel est cet état , et comment en apprécier la nature intime , c'est ce qui seratouj ours impossible j mais, dans quelques cas , on peut reconnaître son existence à certains caractères exté-
rieurs, plus ou moins faciles à saisir . Ainsi 7 la disposition organique au scrophule consiste dans un état particulier de l'économie entière , qui est appréciable , parce qu'on a coutume d'appeler les caractères généraux du scrophule , tels qu'une peau très-blanche , un teint fleuri , une tête volumineuse , comparativement au reste du corps , un développement précoce des» facultés intellectuelles , des lèvres grosses,, les ailes du nez gonflées , les yeux tendres 7 et la plupart des glandes lymphatiques plus ou moins apparentes , et susceptibles de s'engorger par la moindre cause. Ainsi, la disposition organique aux maladies inflammatoires , est appréciable à une coloration vive de l'individu , à sa grande activité , à la mobilité de ses désirs , à des saignemens de nez plus ou moins fréquens , à un pouls vif et tendu ; en un mot , à une certaine prédominence du système sanguin, et particulièrement du système capillaire. D'après ce qui précède, ils'ensuit donc, que les disposition*
organiques à la maladie, ne sont autre chose que les causes premières essentielles ? ou prédisposantes , dont nous avons parlé : conséquemment, dire qu'un individu a une dispositionorgartique à telle ou telle maladie, c'est dire qu'il porte avec lui la cause prédisposante de cettemaladie.
2°. Les dispositions organiques héréditaires existent , rarement , à toutes les époques de la vie j et leur existence a , pour l'ordinaire y une durée limitée $ car, l'expérience prouve que , quoique 7 dans le fait , on reçoive ces dispositions au moment de la fécondation , elles ne deviennent susceptibles de concourir à la production de l'é tat maladif , que lorsque les organes , qui doivent en être le siège principal , sont parvenus à un certain degré de perfection et d'activité ; et que fréquemment , elles cessent d'exister , dès que cette activité diminue , et que leur dégradation commence. Ainsi, les maladies des différens âges , c'est-à-dire, celles que l'on observe le plus ordinairement à des
âges marqués , et qui semblent , en quelque sorte , être liées avec la révolution qui s'opère , alors , dans un certain ordre d'organes , sont-elles les plus susceptibles de devenir héréditaires : la raison de ce fait est simple ; les maladies qui sont en rapport avec l'âge de celui qui en est attaqué 9 ont , nécessairement , une connexion plus intime avec sa constitution , et dépendent plus essentiellement d'une disposition intérieure primitive ou innée. Sthal a donc eu raison de dire : Si parentes aliquâ œtate morbum Mi œtati congruum in sigjiitcr toler avérant et Mo maxime tempore infantum genuerunt , in fans Me quandd Mi œtati pariter ad propinquari ipsi contiget ? affectai Mi eidern familiarins atque certius expositus obsenatur. (deHacr. disp. ad. var. afF. ) En effet , par cela même que ces maladies sont plus en rapport avec l'ordre des mouvemens qui s'exécutent , à cette époque , dans l'économie animale 7 elles doivent , nécessairement , porter des im-
pressions plus profondes sur les organes qui sont le centre de ces mouvemens.
Dans l'enfance , où les systèmes lymphatiquesetnerveuxprédominentet jouissent d'une grande activité , où le système dermoïde, extrêmement perméable, fournit une voie facile aux dépurations j on voit se manifester le scrophule , les affections nerveuses , et particulièrement l'épilepsie , les fièvres éruptives , spécialement la variole et la rougeole. La fréquence des convulsions et de l'épilepsie , durant cette époque de la vie, tient aussi à la faiblesse et au peu de développement du système musculaire , et surtout , au travail particulier qui se fait vers la tête , laquelle devient , en quelque sorte , le centre des mouvemens de l'organisme. C'est encore , en raison de cette disposition , que l'on voit la tête être le siège des principales dépurations qu'on observe dans l'enfance .
Avec les années , les systèmes lymphatiques et nerveux perdent de leur prédominance ; les humidités diminuent j
le derme , en conservant de la souplesse , acquiert une certaine fermeté, et devient, conséquemment , moins perméable 5 le système musculaire se développe 5 les muscles se dessinent , et compriment , partout , la graisse qui les baignait 5 leurs contractions deviennent plus fermes , plus rapides et plus assurées ; l'époque de la puberté arrive : alors , on voit , ordinairement , cesser le scropliule , l'épilepsie , les fièvres éruptives , et les dépurations cutanées. La tendance des mouvemens , qui avait lieu vers la tête , dans le premier âge , se dirige vers les organes de la respiration ? de la voix et de la génération. Le système sanguin , artériel et capillaire , devient prédominant ; les maladies inflammatoires et les hémorragies se manifestent , et comme les poumons semblent acquérir une nouvelle activité , cette action plus vive , est marquée par la fréquence des maladies de cet organe ; aussi , est-ce à cette époque de la vie quese développent les dispositions
héréditaires à Pémoptisie et à la phtisie qui en sont ? si souvent , la suite.
On observe , fréquemment , chez les individus qui sont attaqués de ces maladies , utie conformation vicieuse de, la poitrine 5 ils ont, en général, cette partie étroite , les épaules élevées , les omoplates saillans, le cou long et les pommettes colorées j souvent aussi , la poitrine est trèsbien conformée , et la disposition héréditaire à ces maladies , ne se manifeste par aucun caractère sensible et particulier.
La phtisie , qui attaque les enfans nés de pareils scrophuleux , ne se manifeste guèz'e qu'après l'époque de la puberté , c'est-à-dire , depuis cette époque jusqu'à celle de l'âge viril ; elle est 9 alors , le résultat de la suppuration des tubercules qui se sont formés , soit , durant les dernières années de l'enfance , lorsque la nature commençait à diriger ses mouvemens d'une manière plus spéciale vers la poitrine , soit , durant le cours de la période qui sépare l'époque de la puberté
de celle de Page viril , période pendant laquelle , la nature continue à travailler au développement des organes de la respiration.
Quoique la tendance des mouvemens vers la poitrine , à l'époque de la puberté , coïncide avec le développement des organes de la génération , et la mue de la voix , qui prend alors un ton grave et fort , nous n'en conclurons pas, comme Pont fait quelques auteurs , que ce changement de la voix suppose une énergie plus grande des poumons ; car ., on sait parfaitement aujourd'hui, que le ton de la voix dépend , surtout , de la conformation du larynx , et que les eunuques ont, en général, une très-grande étendue et une trèsgrande intensité de voix , deux qualités qui supposent plus de force et de développement des poumon s , qu e n'en exigent les tons graves. Les eunuques , dit-on , sont aussi moins sujets aux affections de la poitrine 5 si ce fait est vra i , nous croyons qu'il faut en chercher la cause ailleurs
que dans le défaut de développement et d'énergie des poumons , auquel les mêmes auteurs prétendent l'attribuer.
La puberté, en apportant, dans l'étatphysique de l'homme , des changemens aussi remarquables, entraîne, dans son état moral , une révolution plus remarquable encore. Jusqu'à cette, époque , la nature semble n'avoir eu en vue que le développement physique de l'individu : toutes les facultés intellectuelles de l'enfant ne s'exercent que pour sa conservation ; partout , il ne voit que lui ; il rapporte tout à lui , et son moi , dont il a le sentiment , et qu'il ne connaît pas , est tout ce qui l'intéresse . A vecla puberté commence une autre existence $ les organes de la génération , restés jusqu'alors dans une sorte d'assoupissement , se réveillent j à leur nullité , suite nécessaire de leur imperfection, succède une activité remarquable, par l'influence qu'elle exerce sur l'ensemble de l'organisation , et en particulier sur le cerveau , considéré comme organe
des facultés intellectuelles. Un nouvel ordre de fonctions entraîne de nouveaux besoins , d'autres sentimens ; un nouvel ordre d'idées : pour le jeune pubère , tout change dans la nature ; les objets qui l'entourent semblent s'offrir, à ses regards , sous un nouvel aspect ; son imagination , jusque là inactive , brise ses liens , et prend son essor j tout s'embellit , tout s'anime , tout s'agrandit sous sa brillante tonche ; elle recule jusqu'aux limites de l'univers. Au sentiment du moi, se joint alors une notion d'abord vague de ce même moi ? dont il commence à apprécier l'être chez son semblable. Ce moment est celui où l'homme naît à une nouvelle vie : comme dans l'enfance , il rapportait tout à lui , après la puberté , il rapporte tout hors de lui : le sentiment de sa propre existence ne lui suffit plus 5 il veut vivre dans tout ce qui l'entoure, ou plutôt , il a une telle plénitude d'existence , qu'il la déverse sur la nature entière : ici commence la vie sociale , et avec elle
naissent et se développent les passions vives et agréables. Le jeune homme est toujours brillant de désirs ; de quelque coté qu'il se dirige , il lui faut ou des suffrages ou les caresses de l'amour. Ses désirs, s'ils sont exaspérés , soit, par des obstacles qui s'opposent à ce qu'il puisse les satisfaire , soit par une excitation trop vive du cerveau , peuvent sortir des limites de la raison et se transformer en délire : aussi , cette époque est celle où se développe la manie héréditaire dont le délire est relatif à des idées agréables. Elle est aussi , chez les femmes , l'époque où l'on voit se manifester les premiers accès d'hystérie , maladie qui est essentiellement liée à l'état de l'utérus.
Dans l'âge viril, le système musculaire prend un nouveau développement , acquiert une nouvelle force : les muscles se dessinent avec vigueur , les articulations se dégagent , la démarche devient ferme , assurée , audacieuse. A cet âge aussi , l'on \ ou se manifester les maladies
héréditaires qui , telles que la goutte et le rhumatisme , affectent principalement le système musculaire et les articulations.
Comme l'abdomen, et particulièrement la région epigastrique , devient le centre des mouvèmens qui doivent s'exécuter dans Page viril confirmé , tout , dans l'état physique et moral" de l'homme , semble, alors , partir de ce centre et s'y rapporter. A cet âge, s'établissent les passions sombres et fâcheuses. La haine , la colère , la vengeance , le désir déréglé des honneurs , l'amour immodéré des richesses , la méliance , la jalousie , les chagrins domestiques deviennent le partage de l'homme mur, et sont souvent les funestes écueils de sa raison. A cette époque , on voit se manifester la mélancolie , l'hypocondrie et la manie héréditaires : le délire, qui constitue cette dernière maladie , différent de celui qui a lieu dans la manie héréditaire qui se développe après la puberté , est presque toujours relatif ou â
des idées sombres et tristes , ou à des idées d'ambition.
Cette direction des mouvemens vers l'abdomen, est beaucoup moins marquée chez les femmes que chez les hommes.
Comme, par leur propre constitution, elles semblent passer leur vie dans une longue adolescence, elles sont rarement en proie aux maladies qui attaquent l'homme dans l'âge viril confirmé. L'amour est presque la seule passion qui les conduise à la folie j c'est la passion dominante du jeune âge , qui se prolonge chez elles , sous différentes formes , jusqu'au déclin de la vie.
La goutte attaque rarement les femmes, et n'attaque guère que les femmes fortement constituées. Les eunuques , chez qui la castration a introduit un état de faiblesse qui a empêché le développement de la force musculaire , ne sont point sujets à cette maladie. Eunuchi non Labora?it podogrâ, neque calvi flwit. (Hypp. Ap. 28, sect. 6). Les enfans
des deux sexes en sont exempts jusqu'à Page de puberté , où , comme nous Pavons dit , la force locomotrice augmente beaucoup d'intensité , puer non laborat podogrâ anti veneri usum. (Hypp. Ap. 3o, sect. 5. )
Yers la fin de l'âge viril , et dans la vieillesse , le système sanguin veineux semble devenir prédominant , par le volume qu'acquièrentles vaisseaux destinés à ramener le sang au centre de la circulation j mais ce volume est plus le produit d'une distention mécanique , que le résultat d'un véritable développement. A cette époque de la vie , où l'organisation se détériore, et arrive, plus ou moins lentement, à sa destruction complète, toute les parties molles se dessèchent peu a peu 5 par cela même , les vaisseaux veineux, se trouvant moins soutenus, cèdent à la pression latérale du sang et se laissent distendre ; les altères , elles-mêmes, deviennent plus perméables à la colonne de sang qui est poussée parle cœur. Cette
disposition organique , effet naturel de l'àge,est surtout remarquable par rapport au cerveau , qui se dessèche, au point de ne plus remplir la capacité de la boîte osseuse qui le renferme : aussi pensonsnous , que c'est-là une des principales causes prédisposantes à l'apoplexie , et la raison qui rend cette maladie si fréquente dans la vieillesse j ajoutez à cela, la tendance qu'a le sang à se diriger vers la tête , chez les hommes qui se livrent au travail du cabinet , soit par rapport à la vie sédentaire qu'ils mènent , soit par le fait même de l'excitation habituelle du cerveau , que nécessitent les opérations intellectuelles auxquelles ils se livrent , et on aura la raison pourquoi les hommes de cabinet sont si sujets à l'apoplexie. Leraptus du sang, qui a Ueu vers la tête , pendant le travail de la digestion , et surtout quand on fait un usage abusif du vin et des liqueurs alkooliques, explique pourquoi les grands mangeurs , et particulièrement les ivrognes, périssent
presque tous d'apoplexie ? s'ils arrivent à un âge avancé.
Mais indépendamment de cette disposition organique à l'apoplexie , effet naturel de l'âge et de causes particulières éventuelles ; il en est une héréditaire qui est caractérisée , parce qu'on appelle une constitution apoplectique; une tête volumineuse , un visage coloré ? un col court , un certain embonpoint , un pouls habituellement dur et plein , et j en général , une grande propension à la colère , sont les caractères principaux qui appartiennent à cette constitution.
. Ce que nous venons de dire relativement à l'apoplexie ? se trouve en tout applicable à la paralysie , qui en est une suite ordinaire. Les autres maladies héréditaires dont nous avons parlé 1 n'ont pas d'époques fixes pour leur développement ; néanmoins , les affections squirreuses et cancéreuses , ainsi que les maladies organiques du cœur , s'observent plus fréquemment après qu'avant l'âge adulte.
Comme les plaisirs de l'amour et les affections vives de Pâme , particulièrement les affections tristes , influent puissamment sur la production de ces maladies , qui sont ordinairement longues à se développer -y il n'est pas étonnant qu'elles soient plus fréquentes dans l'âge où toutes les passions ont déjà exercé une grande influence sur l'économie.
Les affections squirreuses et cancéreuses ne se manifestent guère . chez les hommes , que dans l'âge adulte ou dans un âge avancé , et paraissent, chez les femmes , être , dans la plupart des cas i liées avec l'âge de retour. La cause de cette coïncidence est tout-à-fait inconnue.