‹ Essais sur les maladies héréditairesChapitre 5 sur 8 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Moyens de prévenir la transmission des maladies héréditaires.

Nous ne connaissons que deux moyens propres à prévenir la transmission des maladies héréditaires. Celui que nous regardons comme le plus direct et le plus puissant , se tire de l'association matri-

moniale. Tout le monde sait combien est grande l'influence que cette association exerce sur l'état physique et moral des enfans qui doivent en résulter. Par le fait seul de la génération ? on peut , à volonté , pour ainsi dire , dégrader ou perfectionner l'organisation physique et m orale de l'homme , comme l'on dégrade ou perfectionne la race des animaux domestique. Ainsi , le premier moyen à employer , pour prévenir la transmission d'une maladie héréditaire , sera de faire choix d'un individu qui , par la nature de sa constitution, se trouve dans des conditions organiques très - éloignées , ou même entièrement opposées à celles de la personne qui porte, avec elle, des dispositions à une maladie susceptible d'être transmise par voie de génération . Pa r exemple , une personne scrophuleuse devra s'unir à une personne d'une constitution forte et d'une fibre sèche. Le tempérament nerveux le tempérament bilieux , le biliososanguin, et le nervoso-sanguin ? nous pa-

laissent les plus propres à détruire 9 dans Pacte même de la génération, la disposition au scrophule, qui coïncide, presque toujours , avec un tempérament lymphatique. Parla même raison , l'homme qui sera sujet à la goutte , devra s'unir à une femme faible et d'une constitution lymphatique. Celui , dans la famille , duquel la folie est héréditaire, devra s'unir à une femme qui aura un tempérament opposé à celui des personnes qui ont été atteintes de cette maladie , et qui appartiendra à une famille connue par sa tranquillité morale et le calme de ses passions. Et si lui-même, a déjà un autre tempérament , en formant l'union que nous venons d'indiquer , il sera d'autant plus sûr que ses enfans n'hériteront point de la disposition à la folie qui existe dans sa famille.

Nous n'indiquerons pas un plus grand nombre de cas particuliers ; ce que nous venons de dire , suffit pour faire voir le parti avantageux que l'on peut tirer du choix de la personne à laquelle on s'unit r

dans la vue de prévenir la transmission des maladies héréditaires , de quelque nature qu'elles soient.

Le second moyen de prévenir la transmission des maladies par voie de génération , consiste à placer l'individu , et à le faire vivre au milieu d'un concours de circonstances propres à modifier sa constitution , et surtout à corriger les dispositions organiques aux maladies qu'il a *pu recevoir de ses parens. On disposera à son égard des choses préordormées (1), en lui faisant changer de lieu,, de pays , de climat. Nous regardons la disposition des choses pré ordonnées , comme d'une importance d'autant plus grande , dans le cas dont il s'agit, que ces choses agissent, sans cesse , sur l'économie , , et qu'elles l'influencent d'une manière générale , parce que leur action porte , pour ainsi dire, à la fois , sur l'ensemble de l'orga-

(1) On entend par choses préordonnées , celles qui, comme l'air , le climat , le sol , sont indépendantes de l'homme.

nisation. On disposera des choses coordonnées (1) de manière à concourir au but que l'on se propose d'atteindre , en disposant des choses préordonnées , et si la situation de l'individu ne permet pas que l'on dispose de ces dernières , on emploiera les premières comme on le jugera convenable , soit pour modifier la constitution primitive de l'individu , soit pour neutraliser , au moins en partie , ce que l'action des choses préordonnées peut avoir de défavorable à cette constitution. Dans ce dernier cas , comme on le conçoit aisément ) il sera bien plus difficile de corriger la disposition organique héréditaire à la maladie ; et conséquemment, d'en empêcher la transmission, que lorsqu'on peut disposer, en même temps, et des choses préordonnées , ët des choses coordonnés.

(i) On appelle choses coordonnées, celles qui sont s< la dépendance de l'homme et dont il peut disposer à volonté ; comme l'eau , les vêtemens , les alimens , lit , les heures du repos , du lever , du coucher , et-

Ainsi , par exemple , le scrophuleux quittera le pays froid et humide qu'il habite , pour aller vivre dans un climat chaud , où l'air soit habituellement sec et vif 5 il se nourrira de viandes faites , rôties , de légumes , et de fruits sucrés et aromatiques ; il usera d'assaisonnemens excitans , de boissons vineuses , amères ou aromatiques $ il habitera un appartement exposé au levant ou au midi 5 il se couchera de bonne heure , se lèvera matin , évitera le travail prolongé du cabinet $ se livrera , sans se fatiguer, aux travaux du corps, et en plein air autant qu'il sera possible ; il usera des bains de mer , des bains froids de rivière , des bains aromatiques , des bains d'eaux thermales 5 il s'abstiendra des bains domestiques , et, dans tous les cas , il ne prolongera son séjour dans le bain , qu'autant qu'il y jouira d'une sorte de bien-être 5 il pratiquera à la surface du corps des frictions sèches , spiritueuses , aromatiques. Son lit ne devra être ni

trop mou , ni trop dur , et toujours parfumé avec des substances aromatiques.

Les affections tristes de l'âme devront être écartées avec soin , et il faudra éviter les excès en tous genres. Les vêtemens devront être chauds et légers.

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