‹ Essais sur les maladies héréditairesChapitre 6 sur 8 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

Moyens de coirigeroiL de détruire les dispositions aux maladies héréditaires.

Le germe une fois fécondé, descend des ovaires où il s'est formé , et est déposé dans Yutérus par les trompes de falloppe 5 là se fait l'incubation ; imperceptible pendant quelques jours , il agit sur cet organe , comme une sorte de corps étranger 5 par sa présence , la membrane muqueuse , qui tapisse l'intérieur de la matrice, s'enflamme , se gonfle 5 ce viscère se développe 5 des vaisseaux , des membranes s'organisent ? se forment , soit , par le fait seul de l'espèce d'inflammation qui s'établit entre deux parties

vivantes, soit, ce qui nous paraît plus probable et plus conforme à l'analogie , par le propre développement de ces parties nécessaires au travail de l'incubation, qui , formées avec le germe , doivent l'accompagner jusqu'après le temps de la grossesse.

Le fœtus , uni à sa mère par l'appareil vasculaire qui s'est implanté sur la matrice , en reçoit le sang nécessaire à son existence et à son développement. Ce rapport intime, qui s'établit entre le fœtus et sa mère , nous offre les moyeus d'agir sur lui , au moment où il est le plus susceptible d'être modifie ; en conséquence, c'est donc pendant le temps de la gestation , que doit commencer l'emploi des moyens propres à corriger ou détruire les dispositions héréditaires aux maladies.

Comme le fœtus n'est point accessible d'une manière immédiate, c'est en agissant sur sa mère , que l'on parviendra à l'atteindre j c'est en la modifiant , que l'on

parviendra à le modifier, et que l'on commencera à détruire les dispositions organiques aux maladies qui lui ont été transmises dans l'acte de la génération. L'action qu'on exerce sur la mère , sera , surtout, d'une très-grande utilité , si c'est d'elle que le germe a reçu ces dispositions , ou si , les ayant reçues du père^ elle a une constitution qui en favorise le dévelo ppement .

Une administration sage et convenable des choses préordonnées et coordonnées , dirigée , soit, d'après la nature de la disposition organique que l'on présume avoir été transmise au fœtus , soit , d'après la constitution particulière et connue de la mère , combinée avec l'usage de quelques médicamens propres à concourir au même but 5 tel est le premier moyen , et peut - être , le plus puissant qui soit possible d'employer, pour détruire cette disposition. Nous ne renouvellerons point ici les exemples , afin d'éviter des longueurs et des répétitions inutile s.

Ce que nous avons indiqué , précédemment j en parlant des moyens propres à empêcher ou prévenir la transmission des maladies héréditaires , est entièrement applicable au cas qui nous occupe j et le médecin éclairé saura toujours , d'après les données générales que nous avons exposées , prescrire les mesures les plus avantageuses pour parvenir au but qu'il se propose. C'est en vain que nous chercherions à particulariser nos observations , par cela même que la nature n'offre que des individus , la science ne peut offrir que des généralités.

Une fois que l'enfant a vu le jour , il devient accessible d'une manière immédiate ; à cette époque, la faiblesse et l'imperfection de ses organes , le rendent trèssusceptible d'être influencé par l'action des objets qui l'entourent : l'enfant qui vient de naître , est , pour ainsi dire 1 une cire molle , que l'on peut pétrir à volonté -? il ne s'agit donc que de savoir ce qu'il convient de faire , c'est-à.-

dire , de connaître les moyens que l'on doit employer , et le mode qu'il faut suivre dans leur administration.

Si c'est de sa mère que l'enfant tient la disposition héréditaire , ou si , tenant cette disposition de son père , sa mère jouit d'une constitution propre à la favoriser , on doit donner à l'enfant une nourrice d'une constitution contraire , et disposer des choses qui les entourent , de manière à changer, en quelque sorte , l'état organique primitif de son économie ; nous disons qui les entourent , parce que le lait , qui fait presque toute la nourriture du premier âge , non-seulement porte avec lui l'empreinte de la propre constitution de la nourrice ^ mais encore se ressent, d'une manière remarquable , du régime qu'elle suit , c'est-àdire , de l'influence qu'exerce sur elle , tant au physique qu'au moral, toutes les choses, au milieu desquelles elle se trouve habituellement placée. Ainsi, parexemple , pour corriger la disposition au scro-

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phule , si Penfant a reçu cette disposition de son père , et que sa mère soit blonde et d'un tempérament lymphatique, on choisira une nourrice brune, d'une constitution sèche , et on placera , la nourrice et l'enfant , au milieu des circonstances que nous avons indiquées précédemment , comme propres à prévenir la transmission de la disposition dont il s'agit. Une fois que l'enfant sera sevré , on lui fera suivre le même régime auquel'on avait soumis sa nourrice , et on le continuera jusqu'après l'âge de puberté, et plus tard encore, si on le juge convenable. On agira d'une manière analogue , et d'après les mêmes principes , pour détruire les autres dispositions héréditaires.

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