‹ Essor ou déclin de l'Eglise [microform]Chapitre 18 sur 85 · X) UNE CROISSANCE ORGANIQUE · texte numérisé non relu

X) UNE CROISSANCE ORGANIQUE

Ces incarnations successives ne brisent pas la continuité de l'Église; elles ne sont que les divers " moments " de son " devenir " humain. Celui-ci n'e§t pas uniquement, ni principalement quantitatif — par l'annexion de nouveaux membres. C'eSt un développement " organique ". Il a donc un sens. Ce- sens, on ne peut pas le déduire a priori de son existence présente, en indiquant exaélement à l'avance dans quelle direftion " temporelle " l'Église s'achemine ^. La vie a toujours quelque chose d'imprévisible. Mais, par contre, on en connaît le terme, — auquel cette croissance se réfère, et qui la définit : l'ÉgHse tend à 1' " achèvement " du Christ. A la limite, elle en sera le " plérôme ".

Dans cette perspeéHve, on voit d'abord que les " aétualités " successives de l'Église, bien loin de l'appauvrir, la font croître. Les civili-

I. " Comme le Christ eSl un être vivant, l'Église est un organisme vivant qui se développe sous la poussée de son élan vital, qui n'attend pas pour vivre que les théoriciens l'aient définie et aient déterminé les conditions dans lesquelles ils lui permettent de vivre. " (J. Leclercq, I^a Vie du ChriH dans sou ÉglUe^ p. 77.)

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sations, en se succédant, n'épuisent pas plus l'Église, que les individus, en se multipliant, n'épuisent l'espèce. Chacune des sociétés et des fotmes sociales où elle s'incarne concourent au contraire à " compléter " le Chriât. Le corps a besoin de la Tête ^, mais la Tête a besoin du corps. " Il faut maintenir, bien que cela paraisse étonnant, que le Christ requiert le secours de ses membres... Il veut recevoir leur aide pour accomplir l'œuvre de la Rédemption 2. " Conclusion d'importance pour comprendre les relations de l'Église et du monde — et donc situer l'engagement des chrétiens : le monde a besoin de l'Église, pour sa vie; l'Église a besoin du monde pour sa croissance et son achèvement ^.

I . Jean, xv, 5 ; Ephes., iv, 1 6. — 2. Myfiici Corporis, p. 24.

3. ** Nabuchodonosor vit une petite piètre — c'était le Christ — qui, détachée de la montagne sans l'adion d'une mata d'homme, grandit jusqu'à devenir une grande montagne et à remplir toute la terre (Dan., 11, 34-35). Détachée de la montagne, cette pierre grandit, jusqu'à devenir montagne, parce que ce corps, qui n'avait pris qu'un élément infime de la masse du genre humain, grâce au nombre des fidèles advenant de toute part, se dilate dans des proportions immenses, et ne cesse de croître jusqu'à la fin du siècle, jusqu'à ce qu'il remplisse toute la terre. " (Adelmann de Brescia, Éd. R. Heurtevent, p. 300.)

jusqu'à " LA PAROUSIE ".

Mais si TÉglise e§t le " plérôme " du Chriët, on comprend qu'elle se veuille, sans cesse, plus grande et plus parfaite. EUe se sent appelée à grandir au cours des âges, à la mesure de l'humanité, dans toute la diversité concrète de ses individus, de ses idées, de ses formes de culture. L'Église n'e§t pas catholique seulement de fait, mais d'intention. Sa " fin ", c'est la Parousie, c'eSt-à-dire le triomphe eschatologique du Christ, " alpha et oméga ". C'eSt pour l\ii faire — et lui être — un corps achevé, " à l'état d'homme fait, à la mesure de la Stature parfaite du ChriSl ^ ", qu'elle veut tout pénétrer et tout assumer, du monde, " hormis le péché 2 ". " Pendant tout le temps qui va de l'avènement du Christ jusqu'à son retour, l'Église se construit, sous l'influence de la grâce septiforme de l'Esprit, jusqu'à ce que, à la fin des temps, elle soit achevée ^. " Elle n'a de cesse qu'elle n'ait accompli son unique mission qui eSt de faire *' régner Dieu sur la tetre " : en récapitulant dans son Fils toute

I. Ephes., rv, 13. — 2. Hébr., iv, 15. — 3. Raoul de St-Germer, I» JLevit.y i, 17.

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la création rachetée par son sang. La doârine du Corps mystique du Chriâl se complète par celle du Chri§t-Roi ^.

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