‹ Essor ou déclin de l'Eglise [microform]Chapitre 23 sur 85 · SES AUTOMNES ET SES PRINTEMPS · texte numérisé non relu

SES AUTOMNES ET SES PRINTEMPS

La conclusion qui se dégage de cette nature " théandrique " de l'Église eSt double.

La ptemiète, c'e§t que l'Église ne se réduit pas à ce que l'on peut en voir du dehors, et que même son visage du temps témoigne de l'éternelle jeunesse de Celui qui a vaincu la mort. Là où les observateurs du dehors diagnostiquent une agonie, les croyants, sans aucun risque d'erreur, discernent une renaissance. Si l'Église est l'arbre issu du grain de sénevé, il e§t normal qu'elle traverse, comme lui, la succession des saisons : des automnes et des printemps i.

I. ** Il e§t ïrrai qu'il y a eu des époques où, sous Faction de causes extérieures ou intérieures, l'Église a été jetée dans ce qui ressemblait à un état de déliquescence; mais ses étonnantes résurreftions, dans le temps même que le monde triomphait d'elle, sont une preuve de plus de l'absence de corruption dans le corps de doctrine et dans le culte qui représentent son développement postérieur. Si la corruption e§t un commencement de désorganisation, un brusque et complet retour de vigueur, succédant à une période d'aflFaiblissement, e§t même plus invraisemblable qu'une corruption permanente. Or, tel e§t le cas des résurreétions dont je parle. Après un effort violent on e§t épuisé et on s'endort; on se réveille le même qu'auparavant, reposé par la cessation temporaire de toute aétivité; et tels sont les sommeils apparents

La seconde conclusion n'eSt pas moins claire: refuser à TÉglise l'un de ces deux éléments, c'e§t la détruire. On voit, dès lors, l'erreur commune aux deux attitudes — pourtant contradictoires — que constitueraient un conservatisme et un progressisme outranciers : c'eSt de nier cette incarnation de l'Église. Le premier défend la transcendance et la pérennité de l'Église, mais n'accepte pas sa contingence et sa croissance temporelle; le second, pour assurer le développement de ses formes terrestres, oublie son essence éternelle.

l'église " THÉANDRIQUE ".

La vérité eét plus riche : il ne s'agit pas de choisir : il faut unir et concilier, en laissant à chaque élément sa valeur respeftive. Précieux

de FÉglise. Elle s'arrête dans sa course, et suspend presque ses fondions; elle se redresse, et elle e§t la même, une fois de plus; toutes choses sont en leur place et prêtes pour raâion. La doâ;rine e§t là où elle était, et l'usage et les précédents et les principes et la politique; il peut y avoir des changements, mais ce sont des consolidations et des adaptations; tout ea net et déterminé et à ce point identiqvfô qu'il n'y a aucune discussion possible... " ÇNewman, Hssai sur le développement^ p. 9.)

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