‹ Essor ou déclin de l'Eglise [microform]Chapitre 24 sur 85 · L.e myHère de VlEglùe · texte numérisé non relu

L.e myHère de VlEglùe

enseignement pouf les engagements présents du chrétien. " Incarnation permanente du Sauveur ", l'Église perpétue son mystère. En lui s'unissaient deux natures : il était homme et il était -Dieu. De même, deux mondes s'unissent étroitement dans l'Église : la réalité invisible, et la Société visible, communauté des fidèles. Si Ton oublie l'un de ces deux aspe<5l;s, on supprime TÉglise. Sans organisation visible : institutions, hiérarchie, sacrements, etc., le Christ n'eSt plus " incarné " sur la terre : l'Église n'eât plus un corps. Mais, à l'inverse, s'arrêter à l'organisation juridique, ne pas aller plus loin que les apparences extérieures, c'eSl remplacer le Corps du Christ par un cadavre d'ÉgUse.

Mystère sublime, que celui de l'Église !

A chaque instant, elle doit à la fois être et devenir. " Être ", sans changement, dans sa réalité invisible; " devenir ", siècle par siècle, dans sa réalité visible. " Parce que l'Église eSt un corps, explique Léon XIII, elle eSt visible aux yeux; parce qu'elle eSt le Corps du Christ, elle est Tin corps vivant, a6Hf, plein de sève, soutenu qu'il est et animé par Jésus-ChriSt qui le pénètre de sa vertu à peu près comme le tronc

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de la vigne nourrit et rend fertiles les rameaux qui lui sont unis. Dans les êtres animés, le principe vital e§t invisible et caché au plus profond de l'être, mais il se trahit et se manifeste par le mouvement et Taâion des membres : ainsi, le principe de vie surnaturelle qui anime l'Église apparaît à tous les yeux par les aâ;es qu'elle produit ^. "

I. Léon XIII, Satis cognitum, A«ftes, t. V. p. 7, Éd. Bonne Presse.

^. ï^a leçon de Vhistoire

Ces aâ:es, c'e§l dans rHiêtoire, présente et passée, qu'ils " apparaissent à tous les yeux ". — C'e^ l'Histoire qui va fournir à ces vues doétrinales la confirmation si précieuse de ses faits. En y faisant appel, nous n'avons nullement l'intention de retracer, même sommairement, l'histoire de l'Église, mais seulement de mon^ trer qu'à toutes les époques l'Église apparaît simultanément avec son double élément :

incarnée, elle revêt toutes les formes sociales et culturelles du genre humain qu'elle atteint; intemporelle et transcendante, elle " e§t ", et ne cesse d'être elle-même, à travers les civilisations qu'elle traverse; éternellement jeune, en cette démarche, parce que, sans cesser de s'assimiler et de croître, elle ne s'eét jamais liée aux §tru6butes qu'elle n'assume que pour les sanétifier.

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