‹ Essor ou déclin de l'Eglise [microform]Chapitre 47 sur 85 · SPIRITUALITÉ " TOTALE · texte numérisé non relu

SPIRITUALITÉ " TOTALE

^xêe sur le " ChriH-Koi ", la Spiritualité qu'attend l'homme moderne pour entrer sans contrainte dans l'ÉgUse sera vraiment " cosmique". C'eSt-à-dire qu'elle envisagera l'univers dans son ensemble tel que Dieu a voulu le " récapituler en Jésus-Chriét ". Sous cet angle, le " système

I. "Il e§t facile de montrer que la vérité presque tout entière e§t répartie parmi les philosophes et les seétes. Pour nous, en effet, nous ne combattons pas la philosophie, comme le font d'ordinaire les Académiciens. Leur but à eux e^ de trouver des objedions à toute proposition. C'eét là plutôt plaisanter et se jouer. Nous enseignons, au contraire, qu'il n'a point existé de seâe si dévoyée ni de philosophe si vain, qu'il n'ait vu quelque parcelle de la vérité... S'il s'était rencontré un homme capable de rassembler et de réduire en un corps de doctrine la vérité disséminée chez les individus et diffusée à travers les seâes, à coup sûr celm-là ne différerait point de nous. Mais cela, nul ne peut le faire, à moins d'avoir l'expérience et la science du vrai. Or, connaître la Vérité, cela n'appartient qu'à celui qui eSt enseigné de Dieu. " (Laâance, InSi. div., ^ra^ 7, P. L. VI, 758.)

E^sor ou déclin de P 'Église ii6

chrétien " e§t nettement optimiste : il montre que le monde a un sens; qu'il n'eSl pas livré à la " dialedique " aveugle de la matière, mais à l'éternelle " prédestination " de toutes choses en Jésus-Christ. Il montre que rien n'échappe à sa Rédemption : que tout e§t lavé dans son sang : ** Terra,ponfm, afîra,mundus,quo lavantur flumine i, et que, dès lors, le monde eSt signe d'amour. Bien loin de le fuir, le chrétien a pour tâche de " l'achever " et de " l'assumer ". " Omnia veHra suntj vos autem CbriftiK " Du même coup se trouve tracée sa route, et justifiée son " insertion dans le temporel ". Au lieu de fermer les yeux au progrès, le-chrétien y croit et y travaille, pour ** achever la création " et hâter la " parousie ", où l'univers — corps mystique et création tout entière — feront éclater le triotnphe du ChriSt- Roi, en réalisant son " Plérôme ", l'achèvement du Christ total ®.

Ne pensez pas. Nos Très Chers Frères, que

I. Hymne ** LuSfra sex *\ Laudes du Dim. de la Passion. — 2. I Cor., III, 23.

5. On connaît les belles pages du R. P. Huby, dans son Commentaire de Kom., vin, 19 sq. (Colleâ. Verbum Salufîi), tt II Pet., m, 13. Cf. aussi la Bible de Pirot qui rapproche Isaïe, lxv, 67; lxvi, 22, de Rom., vin, 19; Cor., VII, 31 ; Apoc, xxii, etc.

L,es conditions de P essor iif

cette conclusion sublime soit une simple vue de l'esprit : c'e§t une perspeâive, familière aux premiers chrétiens, mais de nos jours trop oubliée. C'e§t en lui redonnant toute sa valeur que l'ÉgUse retrouvera l'audience de l'honime d'aujourd'hui. Car c'eSl à un humanisme dynamique qu'il e§l tout près de se livrer. L'ËgHse laissera-t-elle la copie appauvrie remplacer le modèle parfait? et l'homme se contenter de ses limites — homo homini deus — ou s'en désespérer — c'est le nouveau *' mal du siècle " -^ alors qu'il peut, par elle, se dépasser sans cesse : " vos autem Chrifîi, Chriitus autem Dei " ?

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