HUMANISME DE LA GROIX
D'autre patt, une place — très large, malheureusement • — sera faite, dans cette synthèse, au péché. Au mythe de la perfectibilité continue de l'homme, on opposera le dogme — et l'expérience — de la faute, et de la soufiFrance rédemptrice : l'humanisme cosmique restera un humanisme de la Croix. L'Église sait trop bien le prix du Sang pour ne pas mettre le sacrifice au centre de ses perspeéHves terreélres ^.
Salut du monde et salut de la personne; amour de la création et sens de la croix; progrès et péché; salut du présent et réussite de l'avenir; cité du ciel et cité de la terre : autant d'antinomies qui ne pourront se résoudre — du reéle,
I. " L'encre des savants e§t plus agréable à Dieu que le sang des martyrs ", dit un proverbe arabe. ** Malheureuse race, s'écrie Psichari, qui n'a pas compris ce que valait la goutte de sang d'un martyr... et que l'encre s'effacera, mais que la goutte de sang ne s'efifacera pas... Malheureuse race qui n'a pas reconnu le prix du sacrifice, celui d'un frère pour ses frères, celui d'un Dieu pour les hommes. Voilà ce qu'il en coûte de ne pas avoir eu un Dieu qui ait connu la souffrance et qui soit mort sur une croix de bois. " (Psichari, L£S Voix qui crient dans le Désert.)
Essor ou déclin de PÉglke 120
au terme de patients efforts — que par une Théologie basée sur la double réalité del'Église. Éternelle et transcendante, elle refuse toute concession, et tout compromis; incarnée dans l'Histoire, elle en épouse les vicissitudes, pour en être le ferment. Le même my^ère se retrouve dans l'âme de chaque chrétien. Messager du surnaturel, il ne craindra pas d'être " scandale " et " folie *' aux yeux des hommes; citoyen de la terre, il ** rendra à César ce qui eât à César " et se donnera loyalement aux tâches d'ici-bas.
On le voit, l'engagement de l'Église, comme celui des chrétiens, n'e^t plus une " option " — exclusive^ d'une autre alternative, et par là, partielle et privante. C'eft une synthèse et une acceptation simultanée des deux appels.
;j. U engagement des chrétiens
Cette conciliation des contraires n'e§t ni une recette, ni un mélange : elle consiste uniquement dans une ju§te hiérarchie des valeurs.
L'essor de l'Église appelle donc un ordre, une proportion, qui guideront l'aâion des chrétiens, et qui peuvent s'exprimer en deux principes : Primauté du Spirituel ; insertion dans le Temporel.