‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 106 sur 276 · Feragliel buli · texte numérisé non relu

Feragliel buli

une certaine graine qui vient de l’Inde et d’Arabie. Icelle comme cuite et bruslée est pilée, recuite en cendre noire, bouillie dans de l’eau, etfaict une décoction noire bourbeuse. Cela est présenté tout chaud dans une petite tasse, *, de porcelaine. 11 faut prendre cela à divers traicts et retraicls, comme un bouillon que l’on ne peust pas prendre d’une gorgée.

Comme dans les chambres, il n’y a point de lieu pour cracher, il y a des vases de cuivre estamé appelés tufclon^" dans lesquels l’on crache, iceux n’ayant qu’un petit trou, afin que cette ordure n’ofTense pas les yeux de la compagnie.

Pour leurs vestements, pour estre honnestement habillé, il couste assez cher, et à moins que d’en changer souvent pour les faire passer pour neufs, cela sent le valet. De chapeaux il n’y en a point icy ; leurs ses8e& seront pour les gens de loy et d’estude, des toiles blanchies fort fines, longues de deux ou trois aunes, gueze^^ qu’ils plient et replient si adroitement qu’ils vous les font comme un gros chou pommé. Les gens d’espée et marchands les portent d’estolîes de soye colorées, bariolées ou argentées, chacun selon et plus que ne porte son moïen, car icy, d’ordinaire, ils portent sur eux plus que leur vaillant.

Sur leur peau est immédiatement la chemise, qui

quelquefois sera de soye colorée, ce qui n’est pas mal l’entendre, car outre qu’elles ne paraissent pas si lost sales, elles sont de j)lus longue durée. Le dessus est Varkalou' comme chemisolc et ce de toile fine à pointe double et entre deux du coton pic(pié. La doublure, aster^\ est d’ordinaire de grosse toile à treillis. Là dessus est la cabaye qui, comme une hongreline, doibt passer de demi pied les genoux.

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