‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 123 sur 276 · Balabam, terrasse · texte numérisé non relu

Balabam, terrasse

digalizer cette haute harmonie, ne sonnent que de temps en temps, pour faire haster les paresseux de venir voir ce qui se passe. Pour les sornatchi^ ceux cy le long du chemin ne font que bouzins ; mais par malheur, le plus beau ne paroistpas, qui est de voir leurs grimaces, leurs deux joues enllées si grosses qu’il semble que leur nez et leur bouche sont ensevelis dans ces concavités. Ceux cy n’ont qu’une mesme note et ils répètent tousiours la mesme chose, ainsi que nos lorigos des villageois et encor bien moins, car icy de violons, basses, violes, luths et guitares, il n’y en a point du tout. Ils ont bien une espèce de petite guitare, temboiire\àon[.\Q corps gros comme un sabot est fait de bois de meurier blanc, le manche a un ou

deux pieds ; deux ou trois cordes bandées là dessus sont de laiton ou de soye, maftoul^^ car de ces cordes de boyau fines, il n’y en a point icy; les chevilles sont faictes avec la serpe, un c/wifer époussetant cet instrument avec les doigts et quelquefois variant sa voix avec luy, fera dire ce qu’il imaginera assez gauffement, car un honneste homme auroit honte d’en user ainsi.

Cependant les tambourineurs précédant, les enfans et les marmailles les suivent de près; quelquefois il y aura des tampanons, qui sont deux plaques de laiton résonnant qu’ils frappent l’une contre l’autre à la cadence de leur son. Quelquefois aussi, ils auront un tambour de basque dont ils sçavent assez bien se servir. Icy particulièrement \q?, kahbé* fdles dejoye), qui dans cette populace, à visage descouvert, le long des rües danseront et chanteront à leur façon, gaignant leur vie à ce mestier. Les hommes suivent pesle mesle sans ordre, sinon qu’ils vont assez posément pour faire durer la feste plus long temps et mesme ils prendrontd’ordinairele chemin de Tescole

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