‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 125 sur 276 · Raqs · texte numérisé non relu

Raqs

difîérent de nos façons de danser. Icy jamais les hommes ny les femmes, zen^ ni les filles, doktei\ qui sont d’honneur, ademïzadé\ ne dansent, cela estant, privativement à tout autre, le mestier des kelaiiftché^- (vieilles savates). Icy de cette caste sont les kahbé megelessP, dont la pluspart ont paie du Roy pour venir sauter et gambader devant le Roy et les grands, quand l’on les demande. Icelles vont encor aux festins des particuliers, mais elles coustent cher, gueron''. D’autres sont de condition moïenne qui gaignent encor leur vie à cette vie, parentes de l’escureur; leur parler d’ordinaire tient du Renaud. D’autres sont les kelauftché, qui sont pour portefaix et palefreniers, et de vilaines pourries. Quelquefois, le Roy voulant en retrancher la trop grande abondance, en fera perquisition et deffense, comme aussi du vin, cherab, lorsque les ivrognes, meste~% en trop grande quantité, font des insolences trop publiques. Un More d’icy rencontre bien en ce point en disant: Une femme publique restant enllispan et un ceps de vigne dans les jardins, l’on ne sçauroit empescher l’un et l’autre.

Le festin se fait comme dessus, puis sur le minuict, un chacun se retire. Quelques jours après, de la maison de la fille l’on luy envoyé son trousseau achepté de ce bachligue doublé, comme il a esté dit, etcecy se faict encor en cérémonie, car l’on charge quantité de chevaux et de mules, de coffres, coissins et matelas, et ce à demi charge, pour faire plus debruictque de besogne et donner un grand esclat à la maison. De cette sorte en usent icy les marchands et les artisans, et ces derniers sont ceux qui seront pour faire la susdite supercherie lourde, car il y en a une plus subtile, cachée et honneste qui, ne faisant pas tant de bruit, réussit encor mieux que la première.

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